Gothon, la sorcière de Retournemer

 

 Gothon, la sorcière de Retournemer dans Légendes de Lorraine gotha-la-sorciere-150x112

D’après un texte de Mathilde Dufour paru dans « Le Pays Lorrain » – Année 1906

 

Il a quelques années, désirant justifier ma réputation d’original, j’eus la fantaisie de visiter les montagnes des Vosges en plein cœur de l’hiver, alors que les chemins sont obstrués par la neige, que le froid accroche le long des corniches ses franges de cristal et que les sapins givrés brillent au moindre rayon de soleil comme s’ils étaient recouverts d’une poussière de diamants.

Tout est silencieux, désert, immobile. C’est mort, c’est triste, mais c’est grandiose et impressionnant !

La plupart d’entre vous, je le vois, ne partagent point mon opinion à cet égard, mais n’oubliez pas que je suis un original.

En arrivant à destination avec un de mes amis que j’avais décidé à m’accompagner, je fus grandement déçu. Une pluie diluvienne avait fait disparaitre les jours précédents, toutes les poétiques blancheurs que nous étions venus admirer, et après une série de paysages embrumés et maussades, l’ascension de la Schlucht comprise dans notre itinéraire n’avait plus le même attrait.

Cependant je voulais aller jusqu’au bout et nous voilà repartis d’un pied léger à travers flaques d’eau et fondrières, pour atteindre Retournemer avant la nuit close.

 

Au moment où nous pénétrions dans ce cirque de montagnes qui garde avec un soin jaloux l’éternel sommeil du tranquille petit lac, la pleine lune l’inondait de sa lumière limpide et froide, donnant à tous les détails du tableau un aspect fantastique.

Seule, parmi les cimes environnantes, la tête chenue du Hohneck avait conservé son bonnet d’hermine et un brouillard laiteux étendait sur le lac, ses volutes capricieuses, vrai peuple de fantômes pour les imaginations avides de merveilleux.

- C’est réellement bizarre, dis-je à mon ami, regarde donc là, à gauche, ne jurerait-on pas une forme humaine drapée dans un suaire et faisant de grands gestes éperdus ? Et à côté, cette femme échevelée qui pleure à genoux le front dans ses mains ?

- Oui, absolument. Voilà même une petite fille qui semble courir vers eux et leur tendre les bras. Evidemment, une famille de revenants, mal en point dans l’autre monde et en quête par ici d’un touriste complaisant, n’ayant rien de mieux à faire que de lui venir en aide. Si nous lui offrions nos services ?

- Ne riez pas, messieurs, dit près de nous une voix grave, presque sévère. Vous voyez bel et bien devant vous deux âmes de damnés et celle d’une enfant morte sans baptême. Voici le moment où elles reviennent parce que ce sera bientôt l’anniversaire du crime. Que voulez-vous ! Quand on a mis le bon Dieu à la porte, il nous rend la pareille en ne voulant point à son tour vous recevoir chez lui, c’est justice !

 

Nous nous étions brusquement retournés et dévisagions avec une vive curiosité celui qui parlait, un vieux bûcheron encore très vigoureux, un de ces robustes montagnards qui exercent le pénible et dangereux métier de « schlitteur ». La journée finie, il regagnait son foyer la pipe aux dents et, en humeur de causer sans doute, passant auprès de nous, il nous avait abordés sans façon.

Que signifiaient ses paroles ? Croyait-il sérieusement à des apparitions surnaturelles dans ce lieu solitaire ?

Etait-ce un naïf, un superstitieux, un illuminé ?

Il me sembla qu’il y avait mieux sous cette rude écorce et pour m’en assurer, je le questionnai sur le tragique événement auquel il faisait allusion. Un sapin couché sur la mousse se trouvait là, précisément, invitant à s’asseoir et par cette belle nuit, on n’était pas pressé de s’enquérir d’un gite. Notre homme, lui, restait debout adossé contre un hêtre, les yeux fixés sur le brouillard du lac d’un air méditatif.

 

- C’était dans les temps, commença-t-il après avoir tiré quelques bonnes bouffés de sa pipe noircie, mon père le racontait à la veillée, on voyait là au bord de l’eau une vieille masure bien connue des chemineaux, des contrebandiers et des vagabonds de toute espèce, qui venaient y boire du vin frelaté et de la mauvaise eau-de-vie.

Les habitants de cette bicoque étaient jeunes tous deux, le mari et la femme, lui, charbonnier de son état, elle, chargée de servir les clients, pauvres métiers l’un et l’autre, qui ne leur rapportaient pas, vous pensez, des mille et des cents.

Ils s’en contentaient faute de mieux, et comme ils vivaient à l’écart, ne se mêlant de rien, ne fréquentant pas même leurs plus proches voisins, ils auraient pu passer pour de braves gens tout occupés de leurs affaires et incapables de nuire à personne.

Cependant on ne les aimait pas, on se défiait d’eux à cause de leurs habitudes peu édifiantes.

Depuis qu’ils avaient quitté les bancs du catéchisme, ils n’avaient plus reparu aux offices religieux. Ni le dimanche ni les jours de fête, on ne les voyait descendre avec les autres montagnards vers la maison de Dieu, pour y entendre la parole qui console et encourage. Du reste, ils ne s’étaient point mariés à l’église et avaient refusé de faire baptiser leur unique enfant, ce qui avait grandement scandalisé le pays et faisait dire aux vieilles gens en hochant la tête, que ce couple d’impies finirait mal.

Je ne suis point un savant, moi, messieurs, je n’ai pas étudié dans les livres, mais beaucoup de science n’est pas nécessaire pour comprendre que, lorsqu’on suit obstinément un chemin qui éloigne de Dieu, il faut s’attendre un jour ou l’autre à s’y rompre le cou. Que de fois j’ai eu occasion de le dire à de jeunes étourneaux qui riaient de mes radotages, se croyant bien sûrs d’eux-mêmes et pourtant les événements m’ont toujours donné raison.

Jean et Catherine devaient avoir le sort inévitable de leurs pareils.

A cette époque, le grand Napoléon premier du nom, faisait la guerre à toute l’Europe et pour remplacer les milliers de soldats qui tombaient sur les champs de bataille, il fallait constamment en recruter de nouveaux. Jean, qui jusqu’alors avait réussi on ne sait comment, à éviter le service militaire, dut partir à la fin malgré ses ruses, laissant sa femme et sa petite fille dans la bicoque du bord de l’eau.

De longs mois s’écoulèrent. De l’absent, point de nouvelles, puis un jour, la petite tomba subitement malade et fut en quelques heures à la dernière extrémité.

Que faire ? Qui chercher ? Le médecin était loin et il coûtait cher. Prier Dieu ? Cette mère ne le connaissait plus. Depuis longtemps la malheureuse avait perdu la foi. Son désepoir était d’autant plus grand, qu’elle ne se sentait pas un ami sur la terre et qu’elle n’espérait aucun secours du Ciel.

Tout à coup, elle pensa à la sorcière qui vivait là au pied du Hohneck dans une caverne maintenant comblée par des éboulements, et persuadée que ses remèdes magiques auraient seuls le pouvoir de gùérir l’enfant, elle courut la trouver très tard dans la nuit.

Malgré l’heure avancée, la vieille Gothon ne dormait point, accroupie au fond de son antre, devant un énorme brasier au-dessus duquel était suspendue une marmite où bouillait un liquide noirâtre et chauffant aux flammes fourchues ses mains de squelette.

A l’entrée de Catherine, un renard couché prés de sa maîtresse, gronda sourdement d’une façon menaçante et un chat noir fit briller dans l’ombre ses prunelles diaboliques.

- Gothon, dit la femme de Jean, je viens te chercher pour sauver ma petite qui va mourir. Je n’ai de confiance qu’en toi.

La vieille tourna lentement vers sa visiteuse sa face de cadavre et ses yeux vitreux, puis, au bout d’un instant, elle se décida à répondre d’une voix sépulcrale :

- Ce soir, veille de la Saint-Jean, je n’ai pas le temps de m’occuper des affaires des autres. Reviens demain à la même heure et nous verrons.
- Demain Manette sera morte, répliqua la mère éperdue. Dis moi au moins ce qu’il faut faire, je ne reculerai devant rien !
- Demain ton enfant vivra encore, c’est tout ce que je puis te dire pour le moment. Maintenant retire toi, minuit va sonner !

Et d’un geste impérieux, elle la congédia.

Aussitôt qu’elle fut seule, elle prit un balai de forme étrange qui gisait dans un coin, s’installa sur cette bizarre monture et partit à travers l’espace, rapide comme la foudre, jusqu’au plateau du Wurzelstein, où, chaque année à cette même date, avait lieu le grand sabbat.

Des sommets de l’Alsace, des hauteurs du Broken, de tous les points de l’horizon, les sorcières accouraient échevelées et hideuses. Satan les attendait à la Roche-du-Diable sur la route de la Schlucht et au douzième coup de minuit, il faisait une apparition solennelle au milieu de ses fidèles adoratrices.

Chacune venait d’abord lui présenter ses hommages, lui rendre compte de ce qu’elle avait fait pour propager son culte depuis la précédente réunion et lui recommandait chaudement de nombreux protégés. Après quoi, le chef des démons transformait le sommet de la montagne en une immense salle de fête et l’orgie commençait pour se terminer par des rondes folles qui duraient jusqu’au premier chant du coq.

Ce soir là, le diable était dans une colère épouvantable, parce qu’un mauvais riche de Gérardmer qui, toute sa vie avait été son dévot serviteur, venait de mourir dans les meilleurs sentiments, léguant ses biens aux pauvres, converti et sauvé par un saint homme de Dieu, un de ces dévoués apôtres, tout de charité, de mansuétude et d’abnégation.

Devant le courroux du maitre, l’assemblée tremblait et Gothon de Retournemer n’était pas contente. Ordinairement, son grand âge qui la faisait doyenne de l’assistance et surtout les importants services qu’elle ne cessait de rendre à la cause du mal, lui attiraient de la part de Satan des faveurs spéciales et les plus grands égards. Il s’inspirait de ses avis en lui disant « ma sœur » et s’empressait de satisfaire ses moindres désirs.

Mais cette fois, sa déception le rendant fou de rage, il traitait toute sa cour avec une rigueur inaccoutumée. Il appelait sans ménagements aucuns, son amie « vieille Gothon » et dame, vous comprenez, on a beau être une affreuse sorcière, on a tout de même ses petites prétentions.

Les choses menaçaient donc de tourner de travers, lorsque la vieille qui passait pour guérir tous les maux et tenait à sa réputation auprès des naïfs qui venaient la consulter, s’avisa de demander au seigneur des enfers, un remède infaillible pour la petite Manette.

- Quelles sont ces gens ? demanda-t-il d’un ton rogue. Ont-ils des droits à ma bienveillance ? Je ne fais rien pour rien !

En apprenant leurs noms, sa grimaçante figure prit une expression de sauvage triomphe. Sa déconvenue de tout à l’heure était oubliée. Pour une âme perdue, il en trouvait deux autres et pouvait faire le malheur d’une troisième. C’était vraiment un jour de fête et tirant de son pourpoint une petite fiole couleur de sang, il la remit à son alliée.

- Que Catherine fassse boire ce breuvage à la première personne qui entrera chez elle, ordonna-t-il, et son enfant sera sauvée. L’autre mourra à sa place. Et maintenant mes filles, rions, chantons, car aujourd’hui je suis heureux !

Le lendemain, comme il était convenu, la femme de Jean revint à la même heure trouver la sorcière du Hohneck et reçut avec transport le précieux talisman, nullement épouvantée par la terrible condition qu’il lui fallait remplir.

Oui, oui, elle tuerait. Qu’importe ! Malheur à celui se présenterait le premier, sa petite avant tout !

Rentrée chez elle au plus vite, elle prêtait l’oreille anxieuse, impatiente de voir arriver la victime qu’elle sacrifierait sans remords. Les heures passaient dans l’ombre et le silence. Le vent gémissait en haut des sapins ; un jeune sanglier frôla la porte, mais la vie humaine qui devait racheter cette autre petite vie, ne venait point s’offrir.

Soudain, des pas lourds et trainants s’arrêtèrent sur le seuil. On ouvrit sans frapper.

Un homme couvert de boue, les vêtements déchirés, les traits dissimulés par un chapeau à larges bords et d’épais cheveux enmêlés, pénétra dans la maison et demanda à voix basse un verre de kirsch.

Rapidement, la jeune femme tremblante de joie, mélangea le contenu de la fiole mystérieuse au liquide demandé et servit son client.

Celui-ci avala d’un trait, et comme il renversait la tête en arrière pour ne pas perdre la dernière goutte, son chapeau glissa, ses cheveux s’écartèrent, la lampe fumeuse éclaira son visage.

Catherine poussa un cri d’horreur. Elle venait de reconnaitre son mari.

Quand le soleil reparut au-dessus des montages, toute la famille était morte.

La mère désespérée du crime qu’elle venait de commettre s’était précipitée dans le lac et maintenant son corps flottait comme une épave à la surface des eaux.

Le père foudroyé par le poison, gisait, inerte devant l’âtre éteint, serrant encore dans sa main crispée quelques pièces de monnaie d’origine étrangère.

Sans foi ni loi, mauvais ouvrier d’abord, il n’avait pu être qu’un mauvais soldat et tenté par une poignée d’or, il s’était fait sans scrupules traitre et déserteur. Puis, marchant toute la nuit et se cachant le jour, il avait fini par regagner sa masure, persuadé qu’il y vivrait tranquille avec cet argent maudit.

Quant à la fillette, elle dormait pour toujours dans son berceau et sa pauvre petite âme s’en était allée où vont les âmes des enfants qui ne verront jamais Dieu.

Depuis lors, tous les trois reviennent à certaines époques de l’année, implorer une pitié qu’ils inspirent malgré tout et un secours que, malheureusement, on ne peut leur donner.

 

L’histoire était finie, le narrateur se tut.

Il nous avait raconté tout cela d’un air si convaincu que le tréfonds de sa pensée restait toujours pour moi impénétrable, aiguisant de plus en plus ma curiosité :
- Alors mon brave, vous croyez aux revenants ?

Il me regarda droit dans les yeux et me répondit avec un superbe mouvement de tête :
- Avant toutes choses, je crois en Dieu et j’ai la conviction profonde que tout ce qui se fait sans Lui ou contre Lui, ne peut amener que honte et confusion. Bien le bonsoir, messieurs.

Il toucha le bord de son feutre et s’éloigna calme et digne, emportant une piètre opinion du monsieur de Nancy qui le prenait pour un niais.

Quant à moi, regrettant ma question insidieuse, j’aurais voulu pour la faire oublier, serrer la main de cet homme de cœur et je tentai de le rejoindre. Mais il avait disparu.

 


Archives pour la catégorie Légendes de Lorraine

L’épée du pouvoir

 

 

 

D’après « Le guide de la Lorraine de l’étrange »

 

Selon une prophétie normande, l’épée du pouvoir se trouverait actuellement dans un château lorrain, dont la description (entièrement entouré d’eau, gardé par neuf « vierges ») laisse penser qu’il s’agit du château d’Haroué.

L’épée du pouvoir dans Légendes de Lorraine Excalibur-150x100Cette fabuleuse épée est celle de Bélénos, puis de saint Michel : c’est la fameuse Excalibur des récits des Chevaliers de la Table Ronde.

Elle réapparait dans l’histoire à certains moments « clés » :

En 732, Charles Martel l’avait en main lorsqu’il repoussa les envahisseurs à Poitiers

Jeanne d’Arc la brandit (ses voix lui indiquèrent que cette fameuse épée était cachée dans l’autel de sainte Catherine de Fierbois, dont la chapelle avait été fondée … par Charles Martel).

L’épée avait disparu depuis le sacre de Reims, peut-être se trouve-t-elle à Haroué, attendant son prochain possesseur …

Le fantôme du Haut-Bourg de Châtenois (88)

 

 Le fantôme du Haut-Bourg de Châtenois (88) dans Légendes de Lorraine Lanterne

 

Châtenois est resté célèbre dans l’histoire lorraine par le château qu’y possédait le duc Gérard d’Alsace. Le château fut détruit au XVIIe siècle pendant la guerre de Trente Ans, et avec lui la ville vieille, encore nommée le Haut-Bourg, par rapport au village actuel du pied de la côte.

Le souvenir du château est teinté de mystère. On y entendait des bruits étranges, des plaintes. On y apercevait parfois une jeune princesse d’une grande beauté, qui levait au ciel des bras éplorés, ses cheveux brillant comme de l’or.

Mais l’histoire la plus tenace était celle d’un hypothétique trésor des ducs de Lorraine, qui serait enfoui quelque part dans la nuit des souterrains du château.

Un soir, un homme du Haut-Bourg décida d’y aller pour trouver ce fabuleux trésor. Il prit une bêche et une lanterne et partit. Comme il n’était pas rentré au lever du jour, on se rendit sur place. Mais on ne retrouva que la lanterne qui brûlait toujours, auprès de la bêche rouge de sang.

On ne retrouva jamais l’homme. Mais on prétend que certaines nuits, on peut voir la lumière d’une lampe parmi les ruines. C’est le fantôme de l’homme du Haut-Bourg qui cherche inlassablement le trésor des ducs. Et on assure qu’il cherchera ainsi jusqu’au jugement dernier.

 

 

La princesse Mazurina

 

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D’après « L’austrasie » – 1837

 

La princesse Mazurina était jadis souveraine absolue d’Hiérapolis et de tous les lieux adjacents. De hautes destinées avaient été attachées à la naissance de cette infortunée ; les fées l’avaient comblée de leurs faveurs, mais elles lui avaient imposé trois fois sept années de virginité, et l’obligation de confier secrètement tous les jours ses chastes appâts aux eaux d’une fontaine qui jaillit dans les souterrains du château de Hellering.

Elle touchait à son vingt-et-unième printemps ; quelques jours encore et elle allait couronner les feux d’un prince digne d’elle par sa puissance et sa valeur. Tout à ses rêves de bonheur, elle se plongeait pour la dernière fois dans la source mystérieuse, quand son fiancé, poussé par une fatale curiosité, parut inopinément devant elle. Ses yeux ne firent qu’entrevoir la vierge qu’il adorait.

Transformée en un noir corbeau, elle disparut pour toujours de ses regards, et les cavernes de l’Hiéraple la reçurent sous les traits d’un énorme crapaud. C’est sous cette forme hideuse qu’elle se traîne toutes les nuits à l’ouverture de l’antre qui recèle ses immenses richesses et c’est sous celle d’un corbeau qu’il lui est permis de retourner tous les sept ans à la source cause de ses malheurs, de s’y baigner depuis minuit jusqu’à l’aurore, et d’y retrouver les brillants souvenirs de sa jeunesse.

Mais dès que le jour commence à poindre, une lueur, qui n’est visible que pour certains êtres privilégiés, éclaire rapidement le château de Hellering, et donne l’inflexible signal du départ ; alors elle reprend docilement son vol, plane un moment au-dessus des hauteurs de Hombourg et pour sept ans encore redevient un gros crapaud.

Cependant, le maléfice qui pèse sur cette infortunée n’est point éternel. Le fils d’un pâtre peut en rompre le charme !

Mais où trouver l’homme assez intrépide pour mettre à fin cette périlleuse entreprise ? Il doit, par une nuit sombre gravir les flancs du mont, chercher le gros crapaud, l’étreindre et lui donner trois baisers : le premier le rendra monstrueux, le second le métamorphosera en un épouvantable dragon et ce n’est qu’au troisième que Mazarina reprendra sa beauté, sa jeunesse, qu’elle redeviendra une brillante princesse, prête à livrer à son libérateur sa main et ses trésors.

Bien des audacieux ont déjà tenté sa conquête, mais tous ont reculé devant les regards étincelants de l’affreux dragon, et ont couru chercher un refuge dans l’oratoire de Sainte-Hélène, creusé dans une des parois du rocher, où réside ordinairemeut le gros crapaud.

 

 

Le Prince Noir de Dabo

 

 

 

Le Prince Noir de Dabo dans Légendes de Lorraine Le-Prince-noir-au-chateau-de-Dagsbourg-1-150x112En mars 1677, un seigneur rhénan, surnommé Prince Noir, s’empara du château- fort de Dagsbourg qui domine la ville. Il y dissimula le fruit de ses rapines. En particulier une bourse contenant des diamants et de l’argenterie dérobée au général de Créqui.

Le château fut pris et brûlé deux ans plus tard par les troupes de Louis XIV. Le Prince Noir fut arrêté et torturé, mais il révéla rien.

Longtemps après, un paysan affirma avoir reçu deux bœufs pour son aide apportée à deux étrangers, afin d’évacuer à dos de mulets des coffres au contenu mystérieux.

On dit pourtant que le trésor est toujours là, quelque part dans les souterrains du château, sous le rocher appelé « Tête de Mort », ou encore dans une grotte des gorges de Wundenthal.

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