Le vieux cimetière de Maxey-sur-Vaise (55)

 

 

 

Le vieux cimetière de Maxey-sur-Vaise (55) dans La Lorraine pittoresque cimetiere-maxey-sur-vaise-7-150x99Avis aux amateurs de patrimoine religieux ancien …cimetiere-maxey-sur-vaise-150x112 dans La Meuse d'Antan

 

Petite promenade dans le vieux cimetière de Maxey-sur-Vaise (Meuse) où l’on peut découvrir des croix et monuments des XVIIIe et XIXe siècles.

Pour d’autres photos, rendez-vous ici...

 

 


Archives pour la catégorie La Meuse d’Antan

Le retable de l’Assomption de Beaulieu-en-Argonne (55)

 

 

 

Le retable de l’Assomption de Beaulieu-en-Argonne (55) dans La Lorraine pittoresque retabl-de-Beaulieu-en-Argonne-150x102Seul vestige de l’église de Beaulieu, le retable, construit au XVIIe siècle, est classé aux monuments historiques par arrêté du 19 juin 1972.

Petite promenade dans l’enclos de l’ermitage Saint Rouin, dans une cathédrale de verdure, sur les traces de Saint Rouin ou Saint Rodingue, fondateur de l’abbaye de Beaulieu-en-Argonne.

 

D’après « Histoire ecclésiastique de la province de Trèves et des pays limitrophes » – Louis Clouet – 1844

 

La forêt d’Argonne, entamée du côté du Dormois par les disciples de Balderic, voyait en même temps ses ombrages séculaires éclaircis, à quelque distance de là vers le sud, par un autre pieux défricheur, Rodingue, connu chez nous sous le nom populaire de saint Rouin. Il résulte des traditions recueillies au XIe siècle par l’abbé de St.-Vanne Richard, que Rouin venu d’Ecosse ou d’Irlande, avec St.-Wendel, habita d’abord Tholey et gouverna ce monastère quelque temps après que saint Paul l’eut quitté pour le siège épiscopal de Verdun.

Vers l’an 640, cet évêque engagea son ancien ami à venir fonder un monastère sur le territoire Verdunois ; et saint Rouin, déférant à cette invitation, choisit pour l’exécution de ce pieux projet un endroit nommé alors Wasleu (vaslus lucus) ou Wasloge, au centre de la grande forêt Argonnaise. On croit que Wasloge est aujourd’hui le hameau de Waly.

La malice des hommes vint poursuivre le solitaire jus qu’en cette sauvage retraite. Austrèse, seigneur d’Autrécourt (Austresii curtis), village qui porte encore le nom de son ancien maître, trouva mauvais qu’on défrichât les bois. Il chassa le saint homme, après l’avoir fait fouetter, ainsi que les disciples encore peu nombreux qui le suivaient. Mais le ciel irrité punit cet attentat ; Austrèse, frappé de la main de Dieu, tomba, avec sa famille, en de très dangereuses maladies, pendant que St.-Rouin qui s’était enfui en pèlerinage jusqu’à Rome, priait au tombeau des Apôtres. Un jour, il crut y ouïr saint Pierre, disant du fond de son sépulcre : Retourne en ton désert : tu as été battu de verges ; mais le Christ ne l’a-t-il pas été plus que toi dans sa douloureuse Passion !

Ce miracle décida le retour de l’anachorète : il revint, guérit Austrèse, reçut de lui la terre de Wasloge et le vit travailler de ses propres mains au monastère que l’on y bâtit. Saint Rouin, ayant affermi cet établissement, se retira seul et presque centenaire dans un ermitage voisin qui porte encore son nom : il y mourut au commencement du VIIIe siècle. Son corps, reporté dans l’abbaye, puis enlevé de force en 1297 par Henri III comte de Bar, fut honoré jusqu’à la Révolution dans la collégiale St.-Maxe de cette ville.

Le monastère de Wasloge fut, dès son origine, dédié à saint Maurice, c’est-à-dire mis sous la règle d’Agaune. Il prit le nom de Beaulieu vers l’an mil, appartint aux bénédictins en leur congrégation de Cluni, puis en celle de St.-Vanne, à dater de 1610, et finit en 1790 avec une réputation de sainteté des plus médiocres. Il n’y avait rien d’ancien ni dans ses archives, trois fois brûlées, ni dans ses bâtiments que l’on reconstruisait à la moderne, au moment de la Révolution, et qui ont aujourd’hui totalement disparu.

Dix-huit villages doivent leur naissance aux défrichements opérés par les moines de Beaulieu, dont le domaine seigneurial, ayant titre de comté, s’étendait sur une surface de douze lieues, et composait un bailliage ressortissant à Châlons et de là au parlement de Paris. Ce furent ces moines qui, vexés et pillés outre mesure par les comtes de Bar, appelèrent les premiers le roi de France sur les frontières du Saint-Empire et donnèrent lieu à la guerre qui se termina par le fameux traité de 1301, où le comte Henri III fut contraint de reconnaître la suzeraineté de Philippe-le-Bel sur toute la partie du Barrois située à l’occident de la Meuse. D’après les dispositions de saint Rouin lui-même, Beaulieu et toutes ses dépendances relevaient de l’église de Verdun.

 

 

Petite promenade dans les rues de Verdun (5)

 

5ème promenade dans les rues de Verdun au début du XXe siècle.

 

D’après la monographie « Verdun promenade historique et pittoresque » — Edmond Pionnier – 1901

La rive droite de la Meuse – L’hôtel de ville – La place Marché

 

Petite promenade dans les rues de Verdun (5) dans La Meuse d'Antan Le-mess-des-officiers-150x92Sur la rive droite de la Meuse, au sortir du pont Chaussée, un édifice d’apparence luxueuse, dont la façade gaiement éclairée se mire coquettement dans les eaux du fleuve. C’est le mess militaire, construit entièrement sur pilotis entre 1891 et 1893, et dont la décoration intérieure ne manque pas d’élégance malgré sa simplicité.

Le-mess-des-officiers-et-la-Tour-Chaussée-150x94 dans La Meuse d'AntanTout le quai de la République, qui porte encore depuis 1891 la nouvelle caisse d’épargne, contraste étrangement par son modernisme avec les parois de bois qui surplombent l’autre rive. Derrière le mess, le moulin Couten, mélange singulier du présent et du passé, avec sa vieille tour poudrée de blanc, son léger pavillon de briques qui complète le puty, poterne Sainte-Croix, ou poterne Sainte-Hélène, parce qu’elle donnait sur un lavoir public, la fontaine Sainte-Hélène.

Cette poterne fortifiée se dresse telle qu’elle était il y a deux cents ans, adossée à une portion du vieux rempart dont les murailles garnies de meurtrières se poursuivent vers le Sud-Est jusqu’à la tour du Champ.

 

Moulin-saint-Airy-150x84Le bras du Moson, dit canal Saint-Airy, a toujours été confisqué par les moulins. Les moulins Couten s’appelaient Moulins-la-Ville, et les deux systèmes de roues employées uniquement à broyer le blé fonctionnaient dans la tour et le bâtiment adjacents. Un autre moulin, le Brocard, contigu aux précédents, était à cheval sur la sortie du canal des Minimes ou du Brachieul. L’un et l’autre appartenaient à la cité.

Le Brocard servait à quantité d’usages. En 1602, les armuriers recevaient le droit d’y installer une meule pour polir les armes. On y voyait, en outre, un pilon à écorces pour les tanneurs et la foulerie à draps de la corporation des drapiers qui ne chômait pas encore à la veille de la Révolution. Ces usines entravaient la circulation des bateaux qui descendaient le canal Saint-Airy. Pour parer à cet inconvénient, on perça des arcades aux Moulins-la-Ville, mais on exigea des redevances des bateliers.

A la fin du XVIIe siècle, la taxe était de deux francs par bateau, et pour ce prix, le meunier se chargeait lui-même de veiller au passage. Le 28 juin 1792, les Moulins-la-Ville et le Brocard étaient adjugés 54 500 livres.

 

Le Brachieul est coupé par le pont des Minimes, dont la rue conduit à l’église Saint-Sauveur, et au petit séminaire, autrefois couvent des Minimes.

C’était primitivement une abbaye où vécurent vers le XIIe siècle quarante dames de l’ordre de Sainte-Madeleine. Mais la décadence survint si rapide, qu’à la fin du XIVe siècle, on n’y trouvait qu’une religieuse nommée Marguerite. Ce monastère fut dès lors rattaché à l’abbaye de Saint-Airy jusqu’au jour où l’abbé Sarion abandonna à l’évêque Psaume, par traité passé en 1571, l’église et tout le monastère, pour les moines de Saint-François de Paule, vulgairement appelés Minimes. Les Minimes établis à Verdun en 1575, jansénistes ardents, se dispersèrent petit à petit. Ils étaient dix au moment de la fondation, neuf en 1608, huit en 1611, cinq en 1613, dix en 1641, six en 1775, et quand on ferma le couvent le 25 mai 1790, deux religieux, le supérieur et un frère convers jouissaient en paix des revenus qui en 1789 s’étaient montés à 2721 livres 12 sous 3 deniers, environ 6000 francs.

L’évêque Bousmard, successeur de Nicolas Psaume, avait posé le 4 octobre 1576 la première pierre d’un nouveau couvent. Rebâti presque entièrement en 1704, il fut mis aux enchères le 21 novembre 1791 en deux lots qui furent adjugés 11400 et 3700 livres. On le transforma en filature de coton rachetée l’an 1823 par M. d’Arbou qui en fit le petit séminaire. L’intérieur n’a été que peu modifié ainsi le cloître à quatre côtés, dont les arcades étaient cintrées sans ornement, et les cellules qui sont devenues des dortoirs.

Eglise-saint-Sauveur-150x95L’église, dédiée à saint François de Paule le 13 mars 1580, réédifiée en 1714 dans le style renaissance, reçut en 1716 les restes de l’évêque Bousmard qui furent déposés dans le chœur sous une tombe de marbre noir, replacée depuis à l’entrée. Restaurée en 1830, l’église que l’on nommait Saint-Sauveur depuis l’époque révolutionnaire, présente, outre le portail sans caractère, qui s’élève entre deux tours carrées, une galerie à balustrade qui règne autour des murs, à hauteur du premier étage.

 

Les-tanneries-150x93Ne quittons pas ce quartier sans rappeler les nombreux ateliers de tanneurs qui se succédaient à côté du Brocard, dont nous avons parlé précédemment, et qui bordaient le Brachieul ou canal des Minimes. Cette industrie était extrêmement lucrative et aussi florissante que celle de la draperie. Elle avait enrichi bon nombre de familles bourgeoises dans Verdun. Tous les ateliers s’étalaient sur la rive gauche dans la rue des Tanneries dont la physionomie n’a guère changé. En 1722, la tannerie, plus considérable à Verdun qu’à Metz, comptait au moins quarante ateliers administrés par vingt-quatre maîtres et trois jurés. En 1760, il n’y en avait plus que 12, et le nombre alla sans cesse en décroissant jusqu’au XIXe siècle.

Nicolas de Verdun : un des plus grands orfèvres médiévaux

 

 

Transportons-nous aux XIIe et XIIIe siècles et découvrons que l’un des plus grands orfèvres médiévaux était lorrain.

 

D’après des extraits des « Annales archéologiques » – 1862

 

Il existe près de Vienne, en Autriche, dans l’abbaye de Klosterneubourg, un retable d’orfévrerie émaillée, presque comparable à la pala de Saint-Ambroise de Milan et même à la pala-d’oro de Venise. Cette œuvre, magnifique comme travail de métal, n’est pas moins remarquable comme conception de théologie ou d’iconographie religieuse.

Cinquante et un tableaux d’émail et de cuivre doré, complétés par vingt-deux anges, vingt-deux prophètes et quatorze Vertus, sont répartis en trois séries qui s’expliquent l’une par l’autre, depuis la naissance du Sauveur jusqu’à son dernier avènement. La première série comprend les sujets antérieurs à la loi de Moïse ; la seconde série, les sujets contemporains de la loi ; la troisième série, les sujets contemporains de la loi de grâce ou de l’Évangile.

Ainsi, le premier sujet évangélique est l’annonciation de l’archange Gabriel à la vierge Marie ; il est préparé et commenté par l’annonciation au prophète Abraham de la naissance d’Isaac, avant la loi de Moïse, et par l’annonciation de la nativité de Samson sous la loi.

Cette œuvre capitale, que les archéologues de l’Autriche viennent de révéler, commence à faire du bruit en Europe et surtout en France.

Nicolas de Verdun : un des plus grands orfèvres médiévaux dans La Meuse d'Antan Ambon-jube-Abbaye-Klosterneubourg-150x110En effet, le retable de Klosterneubourg est signé et daté. Il est signé d’un émailleur français, Nicolas de Verdun, et daté de l’an 1181. Ainsi, c’est en 1181 que Garnier ou Werner, sixième prévôt de l’abbaye de Klosterneubourg, dédia à la vierge Marie cette œuvre que fabriqua Nicolas de Verdun.

C’est beaucoup, assurément, que d’avoir le nom de l’artiste et une date. Mais, par malheur, nous ne savons rien de plus sur Nicolas de Verdun. Cependant, le hasard vient, tout récemment, de nous apporter un premier élément, et des plus notables, pour la vie de Nicolas de Verdun.

En parcourant un livre que M. Du Mortier fils vient de publier sous le titre d’« Étude sur les principaux monuments de Tournai », je lus, page 88, le passage suivant : « En l’année 1205 fut achevé la fierte de Nostre-Dame de l’église de Tournay, tesmoing l’escrit qui est à l’un des costés de ceste fierte en ces termes : « Anno ab incarnatione Domini 1205 consummalum est hoc opus aurifabrum ; et, à l’autre costé : « Hoc opus fecit magister Nicolaus de Verdum, continens argenti marcas 109, auri sex marcas ».

« Nicolas de Verdun », dit à ce propos M. B. Du Mortier fils, « dut être Tournaisien, car, dans les reliefs de bourgeoisie de la ville de Tournai, on lit que Colars (Nicolas) de Verdun, voirier, fut reçu bourgeois le trois novembre 1217 et qu’il ne paya que 25 sols, ce qui était le taux des fils de bourgeois ».

Nos lecteurs voient déjà que Nicolas n’était pas de Tournai, comme pouvaient le croire MM. Du Mortier père et fils, mais de Verdun. Et du texte consigné dans Cousin, l’historien de Tournai, on peut légitimement déduire ceci : Nicolas de Verdun était, au XIIe siècle, célèbre comme orfévre émailleur, ainsi que furent célèbres, comme architectes, Guillaume de Sens et Villard de Honnecourt. Les moines de Klosterneubourg, ou plutôt Gwernherus (Garnier), leur prévôt, voulait faire exécuter une grande œuvre d’orfévrerie et d’émail. Mais n’ayant pas sous sa main, en Autriche, un artiste suffisamment habile, il fit venir de Verdun, Nicolas, dont la réputation était fort répandue.

Du reste, ce Nicolas ne devait pas être le seul orfèvre émailleur de renom que possédât Verdun, car, en 1144, quelques années avant l’époque où il partait pour Vienne et l’abbaye de Klosterneubourg, Suger faisait venir de la Lorraine, à l’abbaye de Saint-Denis, plusieurs artistes pour exécuter la fameuse croix en or émaillé, dont il parle avec prédilection dans son Mémoire « de Administratione sua » : « J’employai à ce travail des orfèvres de la Lotharingie, au nombre tantôt de cinq, tantôt de sept, et c’est à peine si j’ai pu l’achever en deux années ».

Il y avait donc à Verdun et dans toute la Lorraine, sur les bords de la Meuse, une école d’émailleurs qui doit se rattacher à l’école des émailleurs du Rhin. On est déjà sur la trace de ces écoles contemporaines ou successives, qui ont laissé des œuvres importantes et assez nombreuses encore pour qu’on puisse déjà en ébaucher l’histoire.

Après avoir achevé sa grande œuvre de Klosterneubourg, Nicolas de Verdun grandit encore en renommée. La ville de Tournai, qui songeait à terminer son immense cathédrale et à l’enrichir de châsses précieuses, fit des offres à Nicolas de Verdun et l’appela chez elle pour y exécuter la châsse de Notre-Dame. Si l’abbé Suger mettait deux années pour une croix, il en fallait bien dix pour une grande châsse.

De 1181, époque où fut terminé le retable de Klosterneubourg, à 1205, où fut achevée la châsse de Notre-Dame, il y a vingt-quatre ans, dont dix, douze ou quinze furent employés par Nicolas à d’autres œuvres, soit en Autriche, soit en Lorraine, et le reste consacré à la châsse de Tournai. Ce dut être là le dernier et suprême travail de Nicolas de Verdun.

En effet, lorsqu’il fut appelé en Autriche, il devait avoir une grande renommée et, par conséquent, un âge déjà respectable. Supposons trente-cinq ans. Pour exécuter le retable de Klosterneubourg, il lui fallut au moins dix ans, ce qui nous donne quarante-cinq ans, pour ne pas dire cinquante. En 1181, quand il eut fini son retable, il avait donc, disons-nous, au moins quarante-cinq ans. En 1205, époque où fut terminée la châsse de Tournai, il en avait soixante-neuf. A cet âge, quand on n’est pas mort, on aime à se reposer.

Si donc, en 1217, Tournai offrit le titre de bourgeois à Colars de Verdun, ce Colars n’était pas celui du retable ni de la châsse, car il aurait eu au moins quatre-vingt-un ans. C’était probablement son fils. Rien n’est plus commun que de voir un fils s’appeler du prénom et du surnom de son père. D’ailleurs, dans le texte important, relaté plus haut, ce Colars est qualifié de « voirier », ou peintre sur verre, et ce n’eût pas été par cette qualification, mais bien certainement par celle d’orfèvre, qu’on aurait nommé l’auteur fameux du retable de Klosterneubourg et de la châsse de Tournai.

Toutefois, ce texte n’en est pas moins très précieux : il nous apprend qu’un peintre sur verre du XIIIe siècle est le fils d’un orfèvre du XIIe, et que ce peintre est assez renommé pour qu’on lui donne, à prix réduit, le titre de bourgeois d’une ville illustre et riche.

Qu’un peintre verrier sorte d’un émailleur, rien n’est plus naturel : car l’émail est du verre et l’émaillerie est de la peinture sur verre non transparente. Ce nom de verrier est à enregistrer dans la liste de nos artistes du moyen âge comme celui de l’orfèvre son père.

Chasse-Rois-Mages-Cologne-150x122 dans La Meuse d'AntanMalheureusement, il ne reste absolument rien du verrier bourgeois de Tournai, ni dans les environs, ni dans la Belgique entière, tandis que de l’orfèvre, nous avons intact le retable de Klosterneubourg et, mais assez incomplète, la châsse de Notre-Dame. Qui sait même si, en cherchant avec zèle et intelligence, on ne découvrira pas d’autres œuvres d’orfèvrerie de Nicolas de Verdun, soit en Autriche, soit en Lorraine, soit en Flandre.

Nicolas de Verdun réalisa aussi la Châsse des Rois Mages de la cathédrale de Cologne.

 

 

Petite promenade dans les rues de Verdun (4)

 

 

Quatrième promenade dans les rues de Verdun au début du XXe siècle. Je vous invite à visiter les ponts et la Tour Chaussée.

 

D’après la monographie « Verdun promenade historique et pittoresque » — Edmond Pionnier – 1901

La Meuse – Les ponts – La Tour Chaussée

 

Petite promenade dans les rues de Verdun (4) dans La Meuse d'Antan La-Meuse-150x91La Meuse en amont de Verdun se bifurque en deux bras : l’un prend la direction Nord. Arrêté dans sa course par le Mont Saint-Vannes, il tourne vers l’Est et pénètre en ville à hauteur de l’église Saint-Amand. C’est le bras Saint-Vannes, le plus important au XVe siècle, et que les bateliers utilisèrent jusqu’au jour où ils durent l’abandonner, à cause de ses périlleuses fantaisies, pour le deuxième bras, le Moson.

Le Moson, protégé à son entrée dans le rempart par la grande Grille, divisé dans son parcours en plusieurs canaux, constituait la route suivie du XVIe au XVIIIe siècle par les barques qui traversaient Verdun. Un troisième bras, que le Moson saignait aux hautes écluses, par une dérivation faite de main d’homme, n’avait nullement l’importance qu’il a acquise à la fin du XVIIe siècle et surtout depuis que le canal de l’Est, branche Nord, emprunte son lit. On l’appelait le Preillon ou Praillon, ruisseau du Pré, faubourg à peine habité et enserré entre le Preillon et le bras Saint-Vannes. Une partie de ses eaux se mêlait à celles d’un bras du Moson, le petit bras ou Brachieul ; une autre partie, la Ruisselette ou Rousselette, contournait à l’Ouest le Pré et tombait dans le bras Saint-Vannes, en face de Saint-Amand.

Ce ne fut que lorsque Vauban eut modifié le système de défense que le Preillon fut élargi et régularisé. Comme aujourd’hui, le bras Saint-Vannes rejoignait le Preillon en aval du Pont des Augustins, et le Moson confluait en amont du Pont de la Chaussée.

Le bras Saint-Vannes était barré par la porte aux Foins ou de Notre-Dame qui s’ouvrait aux temps de la fenaison à l’extrémité nord-est du pré l’Évêque, par le pont des Raines (Pont des Grenouilles) ou pont Saint-Amand depuis la translation de l’église, et par le Moulin-l’Évêque, établi au XIe siècle par l’Évêque Albéron de Chiny, puis passé par la suite dans le domaine du Chapitre et qui aurait été détruit en 1772 sans l’habileté des propriétaires. Les ingénieurs prétendaient, non sans raison, que son bief occasionnait de continuels dégâts dans les prairies supérieures. C’est actuellement une usine destinée à produire l’étectricité nécessaire à l’éclairage de la ville.

Le pont Saint Nicolas ou pont des Augustins était mal agencé, peu solide. On y parvenait par de véritables cloaques impraticables à des voitures lourdement chargées. Il était fermé par une porte flanquée de deux tourelles, qui s’effondraient au début du XVIIIe siècle. En 1730, on démolit la porte et on ne laissa subsister des tourelles que les assises inférieures, parce que l’une d’elles servait de point d’appui à la toiture d’un corps de garde que l’on voulait conserver. Ces débris disparurent en 1739. Lors des fouilles faites en 1873, dans le jardin dont la pointe sépare les deux bras de la Meuse, on découvrit des substructions, vestiges possibles des anciennes tours. Un pont, charpenté de fer, succède au pont de bois visible il y a quelques années encore.

Pont-et-rue-Beaurepaire-150x97 dans La Meuse d'AntanLe pont Sainte-Croix, devenu pont Beaurepaire, le plus ancien de Verdun, était protégé du côté de Mazel par une porte que l’on supprima en même temps que les tronçons des tourelles des Augustins, lorsque le comte de Belle-Isle, gouverneur de la province, prescrivit l’alignement et l’élargissement des rues les plus fréquentées. Son nom lui vient d’une croix qui surmontait au moyen âge l’arche centrale.

Une légende sinistre se rattache à son histoire : vers l’an 540, Deutérie, la femme du roi d’Ostrasie Théodebert, jalouse d’une fille qu’elle avait eue de son premier mariage, aposta, lors du passage de son enfant dans Verdun, des gens qui au moment où elle s’engageait sur le pont, la précipitèrent avec son lourd chariot et les bœufs qui le traînaient dans les flots de la Meuse.

Un pont construit vers 1090 relia pendant moins de deux siècles la rue du Port et la rive droite. Au XVIIIe siècle, son emplacement était occupé par deux moulins, celui de la Madeleine situé à l’extrémité de la rue du Port, celui de Saint-Maur planté de l’autre côté, et réunis par un fort barrage en pierres de taille.

Pont-et-Porte-Chausée-150x95Enfin, au pied de la tour Chaussée, le pont Chaussée. Le pont Chaussée doit son origine aux fondateurs de l’hôpital saint Nicolas de Gravière, Constantius et sa femme Efficia. On le connut sous le nom de pont Dame Deie, ou de la Maison-Dieu (domus dei), c’est-à-dire de l’hôpital, puis pont à Gravière, ensuite de pont de la Chaussée parce qu’il aboutissait à la belle route que les chartes intitulent « la chaulcie fuers Verdun », et qui fut également l’œuvre de Constantius et d’Efficia. Ce pont, en bois comme celui de Sainte-Croix et des Augustins, s’étendait à peu près jusqu’à la naissance du rempart du Sud et portait vers son milieu, la tour du Pont-Levis, supprimée en 1688.

La Meuse n’était pas endiguée et des inondations désolaient souvent les quartiers bas. En décembre 1740, le débordement le plus considérable, dont les registres publics aient gardé le souvenir, renversa la plupart des ponts et des moulins, abattit des pans entiers de l’enceinte primitive, se répandit dans toute la ville basse et en certains endroits atteignit la hauteur du premier étage. Ces catastrophes provenaient d’abord du peu de largeur du pont Sainte-Croix, tellement étroit, qu’en temps de crue, le débit y était moitié moindre que celui du Preillon et du bras Saint-Vannes. D’autre part, le barrage des moulins de la Madeleine et de Saint-Maur maintenait les eaux à un niveau trop élevé et augmentait encore les difficultés de l’écoulement. Aussi, à partir de 1775 fit-on disparaître le barrage, ce qui entraîna la suppression des moulins de la Madeleine et de Saint-Maur. Quant au pont Sainte-Croix, rebâti en pierres de 1782 à 1785, il fut allongé de cinq mètres environ. Ces travaux eurent pour conséquence d’abaisser le niveau des eaux et d’arrêter ces accidents, auxquels a mis fin le tracé du canal de l’Est.

En 1876-1877, on dragua la Meuse pour la rendre navigable et l’on retira de la vase des objets de toutes les époques, que les vingt siècles de l’histoire de Verdun avaient dispersés dans ses flots : des épées, des fers de lance, des haches, des clefs, des serrures, des médailles, des monnaies. On retrouva les poutres en cœur de chêne, dures comme du fer, du pont du XIe siècle, mais aucune trace du char de la fille de Deutérie.

Aujourd’hui, la rive droite est suivie par un quai magnifique, et il ne reste, témoins des temps écoulés, que les façades postérieures des maisons de la rue Neuve, quelques coins pittoresques de la rue des Rouyers et la tour Chaussée.

La-tour-chausée-150x95La tour Chaussée fut élevée par le magistrat Jean Wautrec. Elle remonte à la seconde partie du XIVe siècle. D’aspect imposant avec deux grosses tours jumelles, rondes, rattachées par un portique qui abrite le couloir et la chambre des herses, elle comprend trois étages et se termine par un couronnement à créneaux et mâchicoulis.

Échantillon presque vierge de l’architecture militaire du moyen-âge, elle a été déflorée par un portail en plein-cintre surmonté d’un fronton d’ordre toscan qui dissimule l’ancienne porte ogivale, et qu’on lui a annexé en 1690. A cette date, le sol s’affaissa et l’on dut restaurer la moitié contiguë à la ruelle des Sergents. Sauf l’innovation signalée, on a copié la moitié septentrionale demeurée telle qu’au XIVe siècle.

En 1755, l’État l’obtint gratuitement de la ville et en fit jusqu’à 1860 une prison militaire. En compensation, la cité fut déchargée du paiement des gages du concierge et de l’entretien des anciennes prisons. L’État s’est trouvé de nos jours embarrassé de son acquisition. Il l’a mise en vente et la ville, en 1899, a racheté ce qui logiquement lui appartenait pour la modique somme de 5 025 francs. Il y a une vingtaine d’années, le Génie trouva le porche trop étroit pour la circulation des troupes et voulut y percer une seconde ouverture. On parla même de renverser la tour, mais l’opinion publique s’émut et la tour demeura intacte. Cependant le pont-levis fut supprimé, et l’on creusa au nord dans le rempart une large voie. Enfin, l’émotion se calma lorsqu’un arrêté du 21 mars 1881, classant la tour comme monument historique, en garantit la perpétuité.

 

Promenade suivante sur la rive droite de la Meuse – L’hôtel de ville – La place Marché

 

 

12345...10

clomiphenefr |
allopurinolfr |
Parler l'anglais en Martinique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Boite qui Mijote
| NON A LA MONARCHIE AU SENEG...
| Alain Daumer