L’abbaye de l’Etanche à Deuxnouds-aux-Bois (55)

Abbaye de l'Etanche Deuxnouds aux BoisAbbaye de l'Etanche Deuxnouds aux BoisAbbaye de l'Etanche Deuxnouds aux BoisAbbaye de l'Etanche Deuxnouds aux Bois

 

Inscrits aux monuments historiques en décembre 1984, la chapelle et le bâtiment sont, d’après la base de données du ministère de la culture, la propriété d’une société privée. Laissé à l’abandon au milieu des bois depuis des années, cet édifice est dans un état de délabrement qui fait réellement peine à voir.

Des appels au secours ont été régulièrement lancés sur différents sites ou blogs depuis maintenant trois ans. Rien n’a bougé, et la situation ne fait qu’empirer.

Il serait tout de même dommage qu’on dise un jour : « Il y avait une abbaye… », alors je relaie l’appel.

Pour l’instant, et en espérant que la situation évolue, je vous propose de découvrir les 900 ans d’histoire de l’abbaye.

 

D’après le « Pouillé du Diocèse de Verdun (Volume 3) par l’abbé N. Robinet,
continué par l’abbé J.-B.-A. Gillant » – Année 1904

L’abbaye de l’Etanche, située dans un vallon solitaire au milieu des bois, entre Deuxnouds et Creuë, reconnaissait comme premier fondateur, un pieux personnage, Bertauld, qui vers 1138, donna son alleu de Faverolles à l’évêque Albéron de Chiny, pour qu’il y érigeât un monastère. Albert Leloup, neveu de Bertauld, augmenta la donation. L’évêque avait fondé en 1133, l’abbaye de Belval-en-Argonne. De cette nouvelle maison, il appela vers 1140, des religieux Prémontrés, et l’abbé de Belval lui-même vint présider aux constructions et à l’établissement du monastère.

La nouvelle abbaye et l’église furent dédiées, vers 1147, sous le titre de l’Annonciation de Notre-Dame.

Albéron, évêque de Verdun, donna aux religieux de l’Etanche ses terres de Hautchamp et de Benoite-Vaux avec leurs dépendances. D’autres seigneurs ou riches personnages gratifièrent de leurs largesses le nouveau couvent. L’évêque Albert de Mercy, par une charte datée de 1157, reconnut et approuva les libéralités faites à l’abbaye et en ajouta d’autres.

Le 17 des Calendes de décembre 1180, Alexandre III envoya une bulle confirmative de la fondation de l’abbaye avec l’énumération de tous les biens qu’elle possédait. En 1194, le pape Célestin III confirma deux donations faites à l’abbaye. En 1213, Innocent III envoya une autre bulle confirmative des biens du couvent. En février 1278, le pape Nicolas III renouvela et confirma les privilèges, immunités et indulgences accordés par ses prédécesseurs.

L’abbaye était sous la garde de l’évêque de Verdun, ainsi qu’il fut reconnu par acte authentique passé le 1er avril 1324 entre l’abbé et l’évêque.

L’Etanche jouissait, en charge d’hommage à l’évêque en son château d’Hattonchâtel, des droits seigneuriaux sur l’ancien alleu de Faveroles. En 1484, Guillaume de Haraucourt, fit saisir le temporel, faute d’hommage rendu par l’abbé Jean de Molley. Et en 1786, dans le procès-verbal de la réformation de la coutume d’Hattonchâtel, on mentionne encore les abbé, prieur, religieux et couvent de l’abbaye de l’Etanche, seigneurs hauts, moyens et bas justiciers dudit lieu (Clouet – Histoire de Verdun).

Les seigneurs de Creuë avait fondé à l’Etanche, en 1461 et vers 1470, des services annuels. Le 7 octobre 1492, Gérard d’Avillers, seigneur de Commercy, fonda quatre services par an, le lendemain des fêtes de la Vierge, le chant qutidien de l’Ave Verum à l’élévation de la messe, et le Salve Regina après les Vêpres. Fondation approuvée en 1505 par Wary de Dommartin, évêque de Verdun.

En 1627, Jean le Cousin, prieur des Dominicains de Verdun, vint ériger à l’Etanche, la confrérie du Rosaire. Les religieux, en vertu d’une fondation établie par Christine Groullot de Chaillon (avait donné pour cette fondation une rente de 20 barrois), devaient faire la procession du Rosaire le premier dimanche de chaque mois, et célébrer quatre anniversaires pour les confrères défunts, le lendemain des fêtes de la Nativité, de la Purification, de l’Annonciation et de l’Assomption.

La réforme de Servais de Lairuels fut introduite au monastère en 1626. Jean la Trompette, étudiant à Pont-à-Mousson, devenu abbé de l’Etanche par la mort de son oncle, vint se jeter aux pieds de son supérieur, lui offrant son abbaye pour en disposer selon les vues de Dieu. Le père de Lairuels envoya de suite à l’Etanche, quatre de ses religieux réformés, qui prirent possession le 7 février 1626, et firent accepter la réforme aux trois anciens religieux qui restaient.

Le 12 mai suivant, Servais de Lairuels fit admettre la séparation des menses afin de mieux assurer la subsistance des religieux. Un conseiller d’état, un avocat et un huissier, appelés de Saint-Mihiel à cet effet, procédèrent au partage des droits, des charges, des propriétés, et même des bâtiments. Ils réglèrent la part de l’abbé ou mense abbatiale, et celle des religieux ou mense conventuelle. Benoite-Vaux et ses dépendances fit partie de la mense conventuelle. Cette séparation des menses fut confirmée par une bulle du pape Urbain VIII en mai 1628.

L’Etanche reçut du roi Louis XIII des lettres de protection et de sauvegarde, datées de Pont-à-Mousson le 7 juillet 1632. Cette royale sauvegarde n’empêcha nullement la dévastation de l’abbaye par les Croates. Les fermiers ruinés avaient fui. Les religieux réfugiés à Hattonchâtel, puis chassés de ce lieu, erraient dans les bois, et revenaient à de longs intervalles, visiter leur couvent désert et ruiné. L’abbé vivait tranquillement en France. L’Etanche resta ainsi abandonné pendant quatre ou cinq ans.

Les temps calamiteux du XVIIe siècle avaient ramené la réunion des menses abbatiale et conventuelle. Leur séparation se fit de nouveau en 1743. La totalité des biens fut divisée en trois parts : une pour l’abbé, la deuxième pour les moines, et la troisième, ou tiers-lot, pour subvenir aux charges communes. Le tirage au sort de ces lots eut lieu le 28 janvier 1743.

L’abbaye resta constamment en règle, et ne subit jamais la commende. La nomination de l’abbé était élective et avait lieu en Chapitre, d’après la règle de saint Augustin et la bulle de 1180. Toutefois, au XVIIIe siècle, le roi, en vertu d’un indult, nomma les deux derniers abbés.

Le personnel de l’abbaye se composait ordinairement de huit religieux. En 1626, avant la réforme, il n’en restait que trois avec l’abbé. Après la réforme, il y avait l’abbé, trois anciens et quatre nouveaux religieux. En 1682, l’abbé et six religieux habitaient le monastère. Le relevé de 1790 mentionne l’abbé, cinq ou six pères et un frère convers. L’un d’eux exerçait les fonctions de prieur claustral. Les autres charges étaient celles de sous-prieur, procureur et circateur. Un religieux, ordinairement le sous-prieur, avait le titre de curé de l’Etanche.

Le savant Dominique Callot, abbé de l’Etanche, avait commencé à former la bibliothèque de l’abbaye vers 1680. Ses successeurs continuèrent à l’enrichir. Joseph Boucart l’augmenta considérablement. D’après Dom Calmet, elle valait 50 000 livres. Quelques temps après vers 1755, il fallut la vendre « par mesure d’économie ». En 1770, l’abbé et ses religieux reformèrent une nouvelle bibliothèque, celle qui se trouvait à l’abbaye au moment de la suppression en 1790.

L’ancien couvent bâti au XIIe siècle, contre la côte près du bois, ne parut plus suffisant au commencement du XVIIe siècle. L’abbé Firmin La Trompette, vers 1610, le fit rebâtir entièrement sur des proportions plus vastes et plus riches, à l’endroit où il existe encore. Il dépensa pour cela, la somme énorme de 120 000 livres. L’ancienne église reçut un portail nouveau, ainsi qu’un pavé, et les autels furent refaits d’après des dessins plus élégants. Un de ces autels était sous le vocable de saint Nicolas.

Vers 1743, on commença la reconstruction de l’abbaye. Ce travail important ne fut terminé qu’en 1757. En 1770, on y ajouta un réfectoire d’été, et au-dessus une salle pour la bibliothèque.

L’abbé Thénaudel fit reconstruire l’église abbatiale, achevée en 1770, dans le style de la renaissance.

Benoîte-Vaux, sa chapelle bâtie par les moines, et une petite ferme voisine, dépendaient de l’abbaye de l’Etanche. C’était d’abord un ermitage gardé par un religieux prémontré ou un autre prêtre. L’abbaye de l’Etanche demanda et obtint en 1670, son érection en cure, en gardant le droit de nomination.

Le 23 novembre 1675, union de la cure de Benoîte-Vaux à la mense capitulaire de l’Etanche. Le 21 juillet 1754, la cure de Benoîte-Vaux fut érigée en prieuré indépendant. Vers 1766, l’union parait rétablie entre les deux couvents.

En novembre 1708, Benoîte-Vaux, ayant été pillé par les ennemis, on transporta la statue miraculeuse à l’Etanche, où elle resta plusieurs mois.

Les armes de l’Etanche étaient à peu près les mêmes que celles de Benoîte-Vaux : D’argent, à une Vierge-Mère couronnée, tenant dans sa main dextre une pomme, et sur bras sénestre l’Enfant Jésus aussi couronné, le tout d’or.

L’Etanche, après avoir perdu plus de moitié des biens de sa fondation, devint une des moins riches maisons de l’ordre des Prémontrés.

L’abbaye possédait :
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à l’Etanche : le couvent et ses dépendances, une ferme et trois papeteries
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à Lamorville : le moulin et la papeterie de Bayart
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à Rambluzin : un moulin et quelques prés
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à Hattonchâtel : une maison et des vignes
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sur le territoire de Neuville-en-Verdunois : la métairie de Hautchamp.

Ses autres propriétés, gagnages, terres, prés, étaient situés sur les finages de Deuxnouds, Vigneulles, Creuë, Woël, Dieue, Ambly, Tilly, Woimbley, Lacroix, Thillot, Chaillon, Saint-Maurice, Lamorville, Lavignéville, Hattonville, Rouvrois, Villers-sur-Meuse, Bouquemont, Herbeuville.

En outre, l’abbé et les religieux avaient des droits sur les dîmes de Saint-Maurice, de Thillot, de Woël, d’Avillers, etc…

Tous ces biens et revenus furent confisqués par la révolution. En mai 1790, les commissaires nationaux vinrent à l’Etanche et dressèrent l’inventaire. La vente du mobilier se fit le 24 mai 1791 et produisit la modique somme de 2 041 livres 6 sous.

Le 9 septembre 1791, le district de Saint-Mihiel adjugea pour 32 600 livres, à Lejuste de Commercy, l’abbaye, l’église, les autres bâtiments, ainsi que la ferme qui dépendait du monastère. Tous ces édifices ont été conservés.

L’Etanche, après avoir passé à divers propriétaires, forme actuellement une belle maison de campagne, et ses dépendances sont restées maisons de ferme.


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L’hôpital et la chapelle de Gerbonvaux (88)

GerbonvauxGerbonvaux intérieur d'un bâtimentChapelle Gerbonvaux

 

A une vingtaine de kilomètres de Neufchâteau, dans un bois, une chapelle et des bâtiments, sont à l’abandon. N’étant à priori pas classés aux monuments historiques, ils meurent sans que pratiquement personne ne s’intéressent à leur triste sort.

Ces bâtiments appartiennent pourtant à un ancien hôpital, fondé en 1261 par le seigneur Geoffroy de Bourlémont. Presque huit siècles d’histoire !

Toute sauvegarde ou rénovation nécéssite beaucoup de temps, beaucoup de volonté  et surtout beaucoup d’argent, mais ne pourrait-on pas « entretenir » des ruines, qui ne sont pas trop éloignées de la maison natale de Jeanne d’Arc ?

En attendant de bonnes nouvelles (un jour peut-être) quant à la sauvegarde de ces bâtiments (avant qu’il ne soit trop tard), je vous propose un petit historique de ces lieux.

Les photos de Gerbonvaux sont extraites de cet album et publiées avec l’aimable autorisation de Michel.

D’après les « Annales de la Société d’émulation du département des Vosges » – Année 1879

A un kilomètre environ de Martigny, sur le bord de l’ancienne voie romaine de Toul à Langres, au fond d’une gorge étroite, remontant d’un côté jusqu’au village qui lui emprunte son surnom, et s’ouvrant de l’autre sur la pittoresque commune de Jubainville, s’élève une ferme de modeste apparence, mais flanquée d’un petit bâtiment percé de fenêtres gothiques, indiquant une chapelle, bien qu’il n’y ait point de clocheton.

La dénomination de cette ferme, pourrait donner lieu de la part des étymologistes, à beaucoup de commentaires et d’hypothèses. On l’appelle Gerbonvaux. Elle est nommée dans les anciens titres Gilbonval et Girbonval (1261), Gierbonval et Girbonvaulz (1263), Gerbonval (1265), Gerbonvaulx et Girbonvaul (1318), Gilbonvaulz (1331), Girbauvaul (1355), etc…

Ces désignations, et quelques autres encore, se trouvent dans une série de documents restés jusqu’à présent inconnus (fond des Oratoriens de Nancy aux archives départementales de Meurthe-et-Moselle). Ils y forment une suite importante, non seulement par leur nombre, mais encore et surtout, à cause des particularités curieuses qu’ils renferment.

L’histoire de Gerbonvaux est intimement liée à celle de plusieurs grandes familles du pays, et elle fournit de précieux renseignements sur l’organisation de cette maison, l’un des rares établissements hospitaliers de nos contrées, dont il soit possible de rétablir les annales, d’une manière à peu près complète, depuis la seconde moitié du XIIIe siècle jusqu’à la fin du siècle dernier.

La maison de Gerbonvaux

Le domaine de Gerbonvaux appartenait dans l’origine, à l’abbaye de Sept-Fontaines, ordre de Prémontrés, au diocèse de Langres.

Ce monastère, se trouvant chargé de dettes « à usures », qui le menaçaient d’une ruine prochaine, Baudoin, qui en était alors abbé, résolut, du consentement de ses supérieurs écclésiastiques et de ses religieux, d’en aliéner quelques biens. De ce nombre, fut la mason de Gilbonval, qu’il vendit au mois d’avril 1261, à Geoffroy, seigneur de Bourlémont, et à Sybille sa femme, moyennant la somme de 70 livres de provenisiens forts.

L’abbé de Prémontré et celui de l’abbaye de Belval, de laquelle dépendait Sept-Fontaines, ratifièrent cette vente, le premier en 1261, le second en 1263.

L’hôpital de Gerbonvaux

A peine devenu possesseur de la maison de Gerbonvaux, Geoffroy de Bourlémont résolut d’en faire un établissement hospitalier, destiné à recevoir les malades et les passants, et il le dota de différents biens par une charte de 1265. Cet acte, parait-il, contenait un article, par lequel Geoffroy de Bourlémont se réservait, à lui et à ses successeurs, le droit de nommer un maitre, qui devait être entretenu aussi bien que les malades, les frères et les pauvres.

Perrin et Geoffroy de Bourlémont, fils de Geoffroy, confirmèrent la donation qui précède, par une charte en 1269.

Les biens de Gerbonvaux s’augmentèrent successivement, par suite de donations ou d’acquisitions :
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Juillet 1265, don fait par Erars, chevalier de Parnei (Pargny-sous-Mureau)
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Août 1266, don de messire Manissiez, chevalier de Brixey
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Janvier 1307 ou 1308, don de Jeannette, fille de Aubri de Brissey (Brixey-aux-Chanoines)
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Décembre 1318, don de Jean, sire de Bourlémont
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1321, dimanche après purification de Notre-Dame, don de Jean de Domrémy, prêtre, fils d’Ysabelet
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Janvier 1325 ou 1326, don de Jean de Bourlémont et de Jeanne de Grancey
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Décembre 1328, vente d’un bois de la part de Giles de Richamaingni (Richardménil)
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1329, don d’un nommé Bancelin qui décéda à l’hôpital
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Mai 1329, don de Husson de Toul, fils de monseigneur Vaultier, chevalier
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1343, don de Husson, fils de monseigneur Vaultier de Toul
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Février 1360, don de Guyot de Sorcey (Sorcy)
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1387, don de Husson de Girbonval et de sa femme Alix
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Décembre 1399, don de Jean de Bourlémont, seigneur dudit lieu et de Domremy en partie
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1423, don de Thierry de Pourneroy (Punerot)
Juillet 1468, don de Jean Bidal, prêtre, jadis gouverneur de l’hôpital de Saint-Eloy de Gerbonvalt.

Afin d’augmenter les ressources de l’hôpital par la perception de droits d’étalage et de vente, et peut-être aussi pour attirer dans ce lieu des habitants, Jean de Bourlémont avait institué à Gerbonvaux, une foire qui se tenait annuellement, la veille, le jour et le lendemain de la saint-Eloy. Et pour que les marchands puissent y venir en toute sécurité, il avait sollicité et obtenu, en 1318, d’Edouard Ier comte de Bar, et de Ferry IV duc de Lorraine, des lettres de sauf-conduit et de protection.

Par lettres datées du mercredi après la saint-Jean-Baptiste 1336, le duc Raoul prend « sous son especiaule et salve garde » et en sa bonne protection « la maison et l’ospitaul de saint Eloy de Girbonval et tous les biens appartenans à ladite maison … Saulf tant que quant mes prevotz de Chastenoy et sui sergent garderont la foire de Girbonvaul, ilz seront aux despens de la dite maison et hospitaul, sans faire outraige ».

Les officiers de Châtenois ne se conformèrent pas toujours scrupuleusement à cette dernière clause des lettres du duc Raoul, et il en naquit des conflits entr’eux et les administrateurs de l’hôpital.

A l’exemple des prévôts de Châtenois, ceux de Ruppes, se fondant sur un droit à eux acquis depuis un temps immémorial, ne se contentaient d’exiger du maître ou amodiateur de Gerbonvaux le repas qui leur était dû annuellement, ils exerçaient des usurpations de pouvoir, et commettaient ou laissaient commettre des exactions de toute espèce. C’est ce qui arriva notamment en 1601, et provoqua de la part de l’administrateur de l’hôpital, une plainte.

A la suite de cette plainte, le comte de Vaudémont écrivit au prévôt de Ruppes, pour lui enjoindre de ne plus aller à la foire de Gerbonvaux qu’avec deux ou trois personnes, et d’empêcher son mayeur d’Happoncourt d’exiger des marchands et merciers, plus que le droit ancien et accoutumé.

A part les documents que l’on vient de rappeler, et qui n’ont guère qu’un intérêt de curiosité, il n’en existe presque point pour le XVIe siècle et une partie du XVIIe.

Durant cette période, on ne constate plus de donations faites à l’hôpital de Gerbonvaux, de privilèges à lui accordés par les souverains. Il a subi des transformations de toute nature, et ne semble plus être entouré du prestige, qui, dans les premiers temps, éveillait en sa faveur la générosité publique.

En dépit des lettres de protection et de sauvegarde qu’il avait obtenues, ses domaines furent dévastés par les gens de guerre, ses maisons livrées au pillage, et il est obligé de recourir à la voie des monitoires (1704 et 1711) pour rentrer en possession de ses biens et récupérer les titres et papiers qui lui avaient été enlevés.

Les biens, droits et revenus, dont il jouissait à la fin du XVIIe siècle, et les charges auxquelles il était attenu, sont énumérés dans l’acte des foi et hommage faits le 22 juillet 1681, devant la chambre royale établie à Metz, par le supérieur des prêtres de l’oratoire de Nancy, lesquels étaient devenus possesseurs de Gerbonvaux depuis une soixantaine d’années.

Cet acte est ainsi conçu : « Nous Bernard Perdriset, supérieur de la maison de l’oratoire de Nancy, [...], reconnaissons et déclarons tenir du roy de France, en fief, les portions de la moitié de la seigneurie foncière de Martigny dépendant de la maison franche de Gerbonvaux, et que les biens consistent : Premièrement, aux bâtiments, qui sont une petite chapelle, des chambres pour le fermier et pour quelques pauvres ; la grange, le jardin, une chenvière proche, quelques masures… La chapelle ou hermitage de Bermont, avec son jardin, et quelque peu de terres qui sont à l’entour, à l’usage de l’hermite qui y réside ».

La population de Gerbonvaux fut dans l’origine composée de quatre catégories d’individus : un maître, des frères, des malades et des pauvres passants, puis peu après des prébendiers.

Le maître : ne prend à l’origine que le titre de maître. Dans la suite, se qualifie successivement et alternativement de maître et procureur, maître et gouverneur, recteur et gouverneur, etc… C’est un laïc ou un écclésiastique, au gré des collateurs, mais le plus souvent un écclésisastique.

Les frères : Chargés sans doute à Gerbonvaux, comme à saint-Nicolas de Metz, de donner des soins aux malades. Ils avaient également part à l’administration conjointement avec le maître de la maison.

Les prébendiers ou les prébendes : A saint-Nicolas de Metz, il y avait des prébendiers de deux sortes. Les premiers qui recevaient une prébende de l’hôpital, les seconds qui lui en payaient une, moyennant laquelle ils y étaient admis comme pensionnaires.

Les lettres de sauvegarde données à l’hôpital par le duc Raoul, fournissent de curieux renseignements sur le personnel de Gerbonvaux à cette époque. Elles font voir qu’il y avait deux procureurs, un maître, neuf prêtres, trois clercs, cinq autres individus, dont deux avec leurs femmes, et une fille « Eudelette la barbière », tous prébendiers, au nombre de dix-sept. D’où l’on peut conclure que les bâtiments de l’hôpital devaient être considérables, non compris les pauvres et les malades, auxquels étaient réservées sans doute des chambres spéciales.

Tel était l’hôpital lorsque les collateurs firent cession de leurs droits de patronage laïc aux prêtres de l’Oratoire en 1619.

Cet état de choses subsista sans trouble jusqu’en 1680. A cette époque, les chevaliers de l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare firent signifier aux Oratoriens qu’ils eussent à leur remettre Gerbonvaux, avec ses biens, titres et papiers, en restituant même les fruits et revenus qu’ils avaient perçus depuis vingt-neuf ans, et ce en l’éxécution de l’édit du roi, du mois de décembre 1672, et de l’arrêt rendu le 4 mars 1673, par la chambre royale séant en l’arsenal de Paris, portant réunion à l’ordre des maladeries, hôpitaux, bénéfices, commanderies et autres lieux pieux.

Les Oratoriens rédigèrent plusieurs mémoires pour prouver que Gerbonvaux ne rentrait pas dans la catégorie des établissements visés par les édit et arrêt cité ci-dessus. Ils produisirent des certificats des maires et habitants des villages voisins, attestant que le service divin s’y était toujours fait, qu’on y avait toujours exercé l’hospitalité, qu’ils en avaient même fait rétablir les logements ruinés pendant les guerres.

Mais, quoique le bon droit fût de leur côté, ils craignirent de s’engager dans un procès onéreux et, par un acte du 23 octobre 1681, ratifié le 4 décembre suivant par le supérieur général de la congrégation de l’Oratoire, à Paris, ils abandonnèrent à l’ordre de Saint-Lazare, la pleine et entière jouissance de l’hôpital et maison de Gerbonvaux, sous le titre de Saint-Jean, et des maisons, biens et revenus en dépendant.

En faisant cette cession, les Oratoriens conservaient l’espérance de rentrer, dans un temps plus ou moins éloigné, en possession du domaine, dont on les dépouillait.

Et en effet, le roi ayant reconnu que les réunions prononcées par la chambre de l’Arsenal étaient extraordinaires et ne pouvaient sunsister, il donna, en 1693, une déclaration par laquelle il désunit de l’Ordre de Saint-Lazare ce qui y avait été incorporé en conséquence de l’édit de 1672 et de l’arrêt de 1673, et cassa toutes les transactions qui avaient pu être faites avec cet ordre.

De son côté, le comte de Carlinford, grand maître de l’hôtel de Léopold et chef du conseil de régence, fit rendre par le conseil d’état le 6 avril 1698, un arrêt portant que, conformément aux donations qui leur avaient été faites, les prêtres de l’Oratoire continuraient à jouir de Gerbonvaux, appartenances et dépendances, comme ils en jouissaient en 1670.

Un procès-verbal de visite de l’hôpital passager de Gerbonvaux, dressé en 1745, par ordre de M. Sallet, subdélégué de l’intendant au département de Neufchâteau, donne des détails intéressants sur l’état de cette maison et de la manière dont les pauvres y étaient logés et nourris.

« J’ai trouvé, dit l’expert, une cour fermée de bâtiments, dans laquelle on entre par un grand passage. A l’occident de laditte cour et à droite dudit passage, est un corps de logis pour loger le fermier, qui est chargé de la réception des pauvres. Lequel logement est composé de deux chambres en haut.
Sur la même partie, à gauche dudit passage, est une grande chambre bien vitrée et planchée en haut et en bas, laquelle sert pour recevoir et chauffer les pauvres, et dans laquelle il y a trois couches suffisantes pour coucher neuf personnes, chacune desdittes couches garnie de paillasses, de deux draps et d’une couverte piquée et fourrée d’étouppes, deux autres couvertes de même espèce, six autres draps qui se lissivoient alors.
Au septentrion, est une chapelle érigée sous l’invocation de saint Jean et saint Eloy, laquelle est assez spacieuse et en bon état.
A l’orient et au midy, sont les granges et les écuries.
Ensuitte de cette reconnoissance, je me suis informé, tant aux villages voisins qu’auprès de deux pauvres qui sortoient alors de cet hôpital, de la façon que l’on y étoit reçu. Sur quoi, on m’a répondu que, le soir, l’on y avoit, à souper, même pain, même soupe et même viande que le fermier. Le lendemain, à desjeuner ou un morceau de pain pour emporter. Que pendant le jour, ceux qui ne faisoient que passer, avoient à dîner losque c’étoit l’heure, et à tout autre moment, un morceau de pain ».

Ce modeste mobilier, était, paraît-il, fort mal entretenu, puisque l’on constate en 1752, que « les lits de l’hôpital sont en très mauvais état, n’y ayant que cinq mauvaises couvertes et six draps bien estaminés. Tous les bois des lits des pauvres sont absolument pourris et vermoulus ».

Gerbonvaux, on le voit, ne méritait plus le titre d’hôpital, à peine celui de maison hospitalière, et les intentions de son fondateur à l’égard des malheureux étaient singulièrement méconnues. Il est probable que les choses allèrent de mal en pis, jusqu’au moment où ce domaine, déclaré propriété de l’état, fut vendu comme bien national, le 15 septembre 1792, l’an IV de la liberté, et adjugé au citoyen Jean-Nicolas Renaud, de Rouceux, pour la somme de 70 000 livres, non compris les bois que la nation se réservait.

En changeant de mains, Gerbonvaux a conservé à peu près complètement, la physionomie qu’il présentait au milieu du XVIIIe siècle. Il se compose aujourd’hui du bâtiment principal, à gauche duquel, vu de l’extérieur, est la chapelle transformée en bergerie, avec un engrangement à la suite. A droite, séparé par un passage, un petit corps-de-logis, formé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage, appelé l’Hôpital. Derrière, un hangar qui réunit ce corps de logis aux écuries et à d’autres engrangements.

La chapelle de Gerbonvaux

Dans un des mémoires rédigés par eux à l’occasion de leurs difficultés avec les chevaliers de Saint-Lazare, les Oratoriens disent que la maison de Gerbonvaux, ayant été achetée à l’ordre de Prémontré, il pouvait y avoir une chapelle de Notre-Dame.

On lit à ce même sujet, dans l’Extrait des registres de l’état des hôpitaux : « Il y a dans la paroisse de Martigny, une maison hospitalière nommée Gerbonvaux, composée d’une habitation qui est comme une espèce métairie, dans laquelle il y a une chapelle qui a été édifiée sur les ruines d’une église, qui y était autrefois sous le titre et invocation originairement de Notre-Dame, et bientôt après de saint Eloy ».

Ainsi, il y aurait eu à Gerbonvaux, dès le principe, c’est-à-dire à l’époque où les Prémontrés possaidaient cette maison, une chapelle sous le vocable de la sainte Vierge, d’où vient que dans les titres vers la fin du XIIIe siècle, l’hôpital est dit de Notre-Dame. Il est appelé de saint Eloy, dans la première moitié du siècle suivant.

Losque Geoffroy de Bourlémont acquit le bien de Gerbonvaux, il y avait probablement une petite chapelle, qu’il conserva quelque temps. Puis, ne la trouvant plus assez spacieuse par suite de la fondation de l’hôpital, ou plus assez convenable pour sa nouvelle destination, il en fit édifier une nouvelle qu’il plaça sous le vocable de saint Eloy. Elle fut consacrée en 1316, par Nicolas, évêque in partibus de Botrus (Patrou, ancienne ville de Phénicie), délégué de l’évêque de Toul.

L’église de Gerbonvaux, à laquelle attenait un cimetière, entouré de murailles, renfermait trois chapelles : celle de la sainte-Vierge, celle de saint-Jean-Baptiste et celle de saint-Eloy.

Au commencement du XVIIIe siècle, l’église de Gerbonvaux comptait environ quatre cents ans d’existence. Elle avait subi les injures du temps, probablement aussi des dégrations causées par les mains des hommes, et se trouvait réduite à l’état d’une pauvre chapelle, menaçant ruine. Le vicaire général du diocèse de Toul, informé de ces faits, délégua un ecclésiastique pour aller en faire la visite et dresser un procès-verbal.

L’acte renferme beaucoup de détails curieux : « Le soussigné René Mercy, prêtre, [...], s’étant transporté cejourd’huy au lieu dudit Gerbonvaux, déclare avoir trouvé la chapelle, qui est un reste d’une grande église ruinée, situé dans un fond au pied d’un coteau, au-dessous des bâtiments et attenante aux écuries, dont elle est comme l’égout, aussi bien que de la cour qui est plus élevée, en sorte que de tout temps, elle est fort humide, et lorsqu’il arrive des pluies abondantes ou fonte des neiges, elle se trouve remplie d’eau de la hauteru de deux pieds.
Les murailles de la voûte menace une ruine prochaine et seroient déjà tombées si on ne les avoit étaiées. Mais comme il paroit que les fondements sont pouris par l’humidité du terrain et les eaux qui y coulent, la ruine est inévitable, et il y a un danger évident d’en être accablé en y célébrant la sainte messe et en y assistant. [...]
A côté gauche de ladite chapelle, vers le midy, il y a une espèce de petite chapelle hors d’œuvre, mais contiguë à l’autre, aïant dix pieds de longueur et sept de largeur, dans laquelle est un tombeau élevé de trois pieds, avec trois statues de pierre couchées. [...]
La toiture est toute en désordre et ne peut être rétablie sans danger de faire tomber les murailles et la voûte. [...]
De laquelle visite, reconnoissance et déclaration, le présent procez verbal a été dressé audit Gerbonvaux, ce jour, douzième de juillet mille sept cents deux ».

En conséquence de ce procès-verbal, M. de Laigle rendit le 20 juillet 1702, une ordonnance permettant de détruire « l’église » de Gerbonvaux, et d’en faire construire une plus convenable. Les Oratoriens ne semblent pas avoir donné beaucoup de soins à l’entretien de la chapelle qu’ils venaient de rebâtir, puisque dans une visite faite en 1761, on constate que la porte par laquelle on y entrait depuis la cour était fort vieille et pourrie, et qu’il était nécessaire d’en faire une autre. Que les vitres avaient besoin d’être réparées et les murailles recrépies, comme aussi la chambre de l’ermite, en dedans et en dehors.

La nouvelle chapelle, qui sert de bergerie, mesure dix mètres en longueur sur six de largeur. Elle est éclairée par trois fenêtres gothiques, une de chaque côté de la nef, et l’autre au-dessus de la porte d’entrée. Rectangulaire, sans pilier, elle était recouverte d’un plancher ou lambris abaissé en cintre sur les bords. Le seul monument religieux qu’elle renferme est une statue en pierre, d’un mètre environ de hauteur, représentant la Sainte-Vierge tenant l’enfant Jésus sur le bras gauche. A ses pieds, un moine à genoux, vêtu d’une longue robe blanche, costume des Prémontrés. Sur le socle, en lettres minuscules du XIIIe siècle, se lit l’inscription suivante : MELINE MERRE AUBRY.

L’ancienne chapelle, celle que l’on qualifiait du titre d’église, était plus en arrière. Il n’en reste qu’une triple arcature, qui suffit pour indiquer ce qu’elle fut. Elle se composait d’une nef avec bas-côtés. Sa largeur était d’environ 9,50 m. il est impossible de deviner jusqu’où elle s’étendait en longueur.

Les fenêtres de la chapelle construite au siècle dernier, et qui sont comme un anachronisme dans un édifice de cette époque, doivent avoir appartenu à l’ancienne, dont elles ont été enlevées avec soin lors de la démolition et replacées dans la nouvelle construction. Leur forme et la simplicité de leurs détails architectoniques permettent de le présumer, et de les rapporter, ainsi que le monument dont elles faisaient partie, au style primitif du XIIIe siècle.

La chapelle de Libdeau (54)

Libdeau en 2010Libdeau en 2011

 

Propriété privée, inscrite partiellement aux monuments historiques en février 1995, l’ancienne commanderie des templiers (enfin ce qu’il en reste) se meurt.

Encore des vestiges de l’histoire de la Lorraine qui disparaîssent !

Deux fervents défenseurs du patrimoine lorrain avaient lancé un appel au secours : Monsieur Antony Koenig en mars 2010, puis monsieur Olivier Petit en octobre 2010.

De nouvelles photographies ont été publiées en avril 2011 et l’on voit qu’une grosse partie de la toiture s’est effondrée.

Depuis mai 2011, les choses semblent vouloir bouger. Plusieurs personnes sont émues de voir ce monument se dégrader de la sorte et certaines sont même prêtes à apporter leur savoir-faire (d’après les commentaires publiés sur les deux blogs).

Alors mobilisons-nous pour que la chapelle reste debout !

Je ne peux malheureusement à mon niveau, que relayer l’appel au secours, vous proposer une synthèse de deux articles écrits au XIXe siècle, et surtout croiser les doigts, pour que la mobilisation aboutisse à la sauvegarde de ce qui reste de la commanderie …

Les photos sont extraites des blogs de messieurs Koenig et Petit.

Un blog, où toutes les nouvelles concernant la sauvegarde de cette chapelle, a été créé par monsieur Bertrand Siffert. Vous pouvez suivre l’évolution des recherches et des événements ici.

 

D’après un article paru dans les « Mémoires de la société d’archéologie lorraine » – Année 1870
et un article paru dans « L’annuaire administratif, historique, judiciaire et commercial de la Meurthe » – Année 1852

 

 

Libdeau, aujourd’hui simple cense, située à cinq kilomètres de Toul, près de la route de Pont-à-Mousson, existait déjà en 982. Au XIIe siècle, c’était une maison de Templiers qui passa ensuite, au XIVe siècle, lors de la suppression de cet ordre célèbre, aux Hospitaliers.

Le premier commandeur de cette maison, pour l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, fut frère Bertrand de Burei, qui mourut en 1326, le vendredi après la saint Gengoult. Sa tombe se voyait autrefois dans le sanctuaire de la chapelle de Libdeau. Dans le courant de l’année 1329, l’évêque de Toul, Amédée de Genève, leur fit don de cinquante jours de terre. Ceux-ci en firent alors une commanderie de Malte. Libdeau eut beaucoup à souffrir en 1342 des courses des gens du duc de Bar et de plusieurs autres seigneurs (parmi lesquels Jean de Marly et Brun de Rosières), ainsi que pendant la guerre de Trente-Ans, époque à laquelle les bâtiments de ferme furent incendiés.

La plupart des constructions actuelles datent du XVIIe siècle. Un pied-terrier déposé aux archives de la Meurthe, dressé en 1656, donne le détail des bâtiments de cette commanderie et de ses dépendances.

Voici de quoi se composaient les maisons et héritages de la commanderie de Libdo, et l’état dans lequel ils se trouvaient :

« L’église ou chapelle Saint-Jean, belle et spacieuse, en très bon état de murailles, couverture et toiture, l’autel en son entier, n’y ayant rien qui manque que quelques vitres et portes ruinées par la désolation de la guerre.

Un petit corps-de-logis entier de murailles et toitures, rétablies, aussi bien que la couverture de ladite église, aux frais du sieur commandeur de Rennepont, dans lequel bâtiment demeurent deux feriers….

Deux granges vis-à-vis de ladite église, séparées d’icelle, aussi en leur entier, et réparées et entretenues aux frais dudit sieur de Rennepont, er tout le reste des maisons et bâtiments qui étaient au-devand et ez environs de ladite église ayant été brûlé et ruiné dès l’année 1636, pendant le fort de la guerre…

Toutes lesquelles maisons, avec les terres, prés et bois en dépendant, appartiennent à ladite commanderie en toutes sortes de haute justice, moyenne et basse, sans part d’autrui… ».

 

On y trouve encore un autre plan comprenant la chapelle et les bâtiments, dressé en 1754. La chapelle et les bâtiments de Libdeau, furent réparés dans la suite. Le commandeur Louis-Robert de Bermondes fit réédifier, en 1762, les maisons qui sont indiquées dans le pied terrier de 1656, comme ayant élé brûlées et ruinées pendant les guerres. Une maison de garde et une écurie furent construites, du coté du nord, contre la chapelle, où se célébrait la messe les jours de dimanches et de fêtes.

 

La commanderie fut vendue à la Révolution le 6 Thermidor de l’An II, comme propriété nationale pour la somme de 255 000 livres.

L’oratoire devint un magasin à fourrages. Néanmoins, il été conservé jusqu’aujourd’hui dans ses parties essentielles.

C’est un édifice de l’époque ogivale primitive, d’une architecture svelte. Il est orienté, élevé sur un plan rectangulaire, présentant, dans œuvre, 18m30 de longueur et 8m60 de largeur. On n’y compte que trois travées, une pour le chœur, deux pour la nef. Les nervures sont à boudins, et les baies ogivales en lancettes sont étroites et élancées. La porte d’entrée, dans son tympan, est ornée d’un groupe en bas-relief, représentant la Vierge encensée par deux anges. A l’extérieur, le monument est terminé, à l’orient et à l’occident, par deux pignons gablés.

Dans les combles, il existe une ancienne petite cloche portant cette inscription en lettres gothiques Ave Maria gratia plœna. Le pavé, en partie au moins, est formé de dalles tumulaires, dont quelques-unes sont du XVe siècle, et des chevaliers de Malte. L’épitaphe de l’une d’elles commence ainsi Ci git Don José Jérôme de Sheridan.

Autrefois, on y voyait aussi celle de Bertrand de Burey (+ 1326), premier commandeur de Libdeau.

 

Vers 1836, dans des fouilles près de la chapelle, on découvrit le squelette d’un chevalier armé de toutes pièces, et l’armure fut offerte à M. le baron de Vincent, alors sous-préfet de Toul. Depuis cette époque, d’autres sépultures ont été découvertes encore avec des débris d’armes.

C’est près de là que se sont livrées, au moyen-âge, deux batailles importantes :
-
la première, en 612, entre Théodoric II, roi de Bourgogne, et Théodebert II, son frère, roi d’Austrasie, dans la plaine de Champagne, située entre Libdeau et Toul
-
la seconde, au Xe siècle, gagnée par Charles-le-Simple, sur les Allemands, en un lieu appelé encore le Champ-des-Allemands, près de la route, aux confins des territoires de Toul et de Francheville.

 

On a retrouvé, il y a quelque temps, des armes du moyen âge dans ce dernier canton.

 

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