La journée de Ligny – 4 avril 1368

 

 

D’après « Histoire de l’ancienne châtellenie et prévôté de Conflans en Jarnisy » par Mathieu Clesse – 1872
et « Annales historiques du Barrois » par Victor Servais – 1865

Jean de Mars, déjà fameux par ses démêlés avec l’abbé de Gorze et avec les Messins eux-mêmes, attira sur son nom, par une aventure étrange, une certaine célébrité locale, et sur le duc de Bar et ses états, les plus fâcheuses conséquences.

Vers les premiers jours de l’année 1368, Jean de Mars ou Mars-la-Tour s’était rencontré, dans une fête villageoise aux environs de Pont-à-Mousson, avec Robert d’Hervilley, que les Messins avaient pris à leur solde, et avec quelques autres jeunes seigneurs de la cité.

Entre ces fiers champions de deux partis opposés, la provocation suivit de près l’offense du regard, l’injure éclata sur les lèvres de Jean de Mars, qui traita les Messins de Couards et de Parmentiers, et Robert d’Hervilley de Brigand, ajoutant que son très redouté seigneur saurait bien les châtier, mais qu’en attendant, il les défiait tous. Et il jeta son gant au sire d’Hervilley.

Ils considérèrent l’honneur messin comme atteint par l’injure et la provocation de Jean de Mars, et fournirent 120 cavaliers à Robert d’Hervilley pour en tirer vengeance. Après deux mois d’hostilités plus nuisibles aux habitants des alentours que décisives, les deux chefs se défièrent à un combat singulier, à la lance et à l’épée, en présence du duc de Bar, qui avait accepté la mission d’être le juge du combat.

Le jour fut fixé au 4 avril, et le champ-clos indiqué en la cour du château de Guy de Luxembourg, comte de Saint-Pol et de Ligny.

C’est cette journée, où la surprise et la ruse jouèrent le plus grand rôle, qui est connue sous le nom de Journée de Ligny.

Robert de Hervilley, partit de Metz avec 120 cavaliers, qui l’accompagnèrent au rendez-vous. Arrivés à Ligny, ils n’y trouvèrent point Jean de Mars. Il paraît même qu’on leur ferma les portes de la ville, et que le duc de Bar parut aux environs avec ses troupes, ce qui fit juger aux Messins qu’ils auraient à combattre.

Robert de Hervilley donna à ses cavaliers, l’ordre de se retirer derrière un ruisseau peu éloigné, de mettre pied à terre et de donner leurs chevaux aux pages, à qui il commanda de se sauver. Les Barrisiens les voyant fuir, et les prenant pour les gens d’armes du sire de Grevillers, les poursuivirent en désordre et tombèrent dans l’embuscade, derrière le ruisseau.

Le combat y fut des plus opiniâtres. Jean de Salm, le jeune, y fut tué un des premiers, parce qu’il criait en insultant aux Messins : « Parmentiers, Parmentiers ». Humbert, sire de Bulgnéville, Raoul de La Tour, Jean de Sorbey et quelques autres y perdirent aussi la vie. Le duc de Bar y fut fait prisonnier avec 60 gentilshommes, l’élite de sa noblesse : tous furent conduits à Metz (*).

Ce fatal événement répandit la stupeur et le deuil dans le Barrois. C’était, en effet, pour le pays, une source de calamités dont il était difficile de prévoir le terme.

La détention de Robert de Bar à Metz, fit tomber le pouvoir entre les mains de sa femme. Pendant plus de deux ans, à partir du 4 avril, Marie de France fut appelée à gouverner le pays. Elle fit, pendant ce délai, de nombreux efforts afin d’obtenir la libération de son mari, et n’épargna aucun des moyens, que sa position de duchesse souveraine, son autorité, son illustre origine, la parenté et les alliances de Robert, mettaient à sa disposition pour y parvenir.

Cette mesure fut un des premiers objets de sa sollicitude, car le roi Charles V, son frère, chargea, dès le 26 mai, Jean, comte de Sarrebruck, seigneur de Commercy, de se rendre à Metz, avec le duc de Berry, pour négocier la délivrance du duc de Bar, son beau-frère.

(*) Au nombre des personnes de distinction qui tombèrent au pouvoir des Messins, on remarque encore : Henri de Rochefort, comte de Petite-Pierre – Philibert de Bauffremont – Jean, seigneur d’Arrentières – Robert des Armoises – Vautier de Saint-Hilaire – Guillaume de Stainville – Pierre de Moncel – Louis de Sancy et Ferry de Villesperg, tous chevaliers.
Ainsi que nombre de gentilshommes connus, pour la plupart, comme écuyers, notamment Vautier ou Vautrin de Bauffremont – Willaume de Belreipart – Jean, bâtard de Ligny – Huet de Billy – Jean de Chardogne – Perrin de Noviant – Henry de Manonville – Philippe Chaudron de Friaville – Jacquet d’Epinal – Ferry de Dun – Jean de Villers – Thomas Charbonnel de Longeville, Millet et Geoffroy de Saint-Baussant, frères – Warion et Jacquemin de Cigneulles – Simonin de Creue – Thierion de Bellefontaine – Edouard de Varney – Perceval de Nettancourt – Guyon de Mognéville – Husson de Laval et Perrin d’Avoncourt.
Quelques notabilités du Barrois, Robert d’Aunoy, Jean d’Arrentières le jeune, Jean de la Loge, Alexandre de Verton, Josse d’Apremont, Girard ou Gérard de Gombervaux. Errard et Jean de Watronville, frères – Baudouin de La Tour, servirent également le duc de Bar dans cette fatale journée. Mais, plus heureux que les précédents, ils échappèrent par la fuite au sort de leurs compagnons d’armes. 


Archives pour la catégorie Histoire du duché de Bar

René d’Anjou

 

 

D’après la monographie « Recherches sur les monnaies des comtes et ducs de Bar »
de Louis Félicien Joseph Caignart de Saulcy – Publication 1843

René, comte de Guise, était fils de Louis II, duc d’Anjou et roi de Naples, et d’Yolande, fille d’Yolande de Bar et de Jean, roi d’Aragon. La cession que son grand-oncle, le cardinal Louis, lui fit du duché de Bar, eut lieu en faveur du mariage de ce jeune prince avec Isabelle, fille aînée de Charles, duc de Lorraine, mariage qui devait un jour réunir les deux couronnes ducales sur la tête de René, et éteindre pour longtemps les fatales dissensions qui, depuis des siècles, avaient divisé et ensanglanté les deux pays.

A peine cette cession fut-elle connue, qu’Adolfe, duc de Gueldre, réclama au nom d’Yolande, sa femme, sœur du cardinal Louis, et prit les armes pour soutenir ses réclamations. D’abord les chances de la guerre lui furent favorables, mais bientôt la fortune l’abandonna. Il fut fait prisonnier et jeté dans une prison, d’où il ne sortit que deux années plus tard, après avoir juré de se désister de toutes ses prétentions, et de payer une rançon de 16 000 florins d’or.

René ne fut reconnu et ne gouverna par lui-même le duché de Bar qu’après la mort du cardinal Louis. Un an plus tard, en 1431, il était souverain de Bar et de Lorraine, par suite de la mort de son beau-père le duc Charles.

A partir de ce moment, les deux États furent confondus en un seul, et les successeurs de René d’Anjou furent, à la fois, ducs de Lorraine et de Bar. 

Louis, Cardinal (1415 – 1419)

 

 

D’après la monographie « Recherches sur les monnaies des comtes et ducs de Bar »
de Louis Félicien Joseph Caignart de Saulcy – Publication 1843

En 1415, Louis de Bar était cardinal-évêque de Châlons-sur-Marne, lorsque la mort de son frère mit la couronne ducale sur sa tête. Aussitôt sa tante Yolande, reine d’Aragon, revendiqua le duché de Bar, comme lui revenant faute d’héritiers aptes à gouverner, et elle porta sa requête devant le parlement de France.

Alors le cardinal Louis, se voyant menacé de perdre son procès, prit le parti de céder son duché à son petit-neveu, René d’Anjou. Cette cession eut lieu le 13 août 1419. Dans la même année, Louis passa à l’évêché de Verdun qu’il ne quitta plus. Il mourut à Varennes le 23 juin 1430. 

Édouard III (1411 -1415)

 

 

D’après la monographie « Recherches sur les monnaies des comtes et ducs de Bar »
de Louis Félicien Joseph Caignart de Saulcy – Publication 1843

Henri, fils aîné de Robert, était marié et déjà père, lorsqu’il périt à Nicopolis. Il laissait un fils nommé Robert, auquel le duché de Bar devait échoir par succession directe. Mais le duc Robert, dans son testament, déclara qu’il entendait que sa couronne fût transmise à son fils Édouard, marquis de Pont-à-Mousson.

En 1408, ce jeune prince s’était vaillamment comporté à la bataille d’Othey, et il avait prêté une vigoureuse assistance à l’évêque de Liége, contre ses sujets révoltés.

En 1412, il fit une incursion sur les terres du duc de Lorraine, et en fut promptement repoussé avec perte.

Le 21 avril 1413, le duc Édouard, qui se trouvait à Paris, fut arrêté par les Cabochiens (*) qui l’enfermèrent au Louvre. Dans le mois d’août qui suivit, le dauphin lui fit rendre la liberté.

(*) Mouvement réformateur, issu d’un long processus de mécontentement contre les abus de l’administration, les appétits financiers de l’entourage royal et les excès de la cour de Charles VI et de ses proches.

Le 25 octobre 1415, le duc de Bar et Jean son frère, furent tués à Azincourt. Édouard avait épousé Blanche de Navarre, dont il n’eut point d’enfants. 

Robert Ier (1352 – 1411)

 

 

D’après la monographie « Recherches sur les monnaies des comtes et ducs de Bar »
de Louis Félicien Joseph Caignart de Saulcy – Publication 1843

Robert était encore mineur lorsqu’il monta sur le trône, à la place de son frère Édouard.

En 1354, l’empereur Charles IV érigea la seigneurie de Pont-à-Mousson en marquisat, et en 1355, le roi Jean érigea le comté de Bar en duché.

Les auteurs de « l’Art de vérifier les dates » font observer que c’est à faux que beaucoup d’auteurs ont attribué la création du duché de Bar à l’empereur Charles IV, puisque l’année suivante, ce monarque ne tenait encore aucun compte du titre de duc conféré à Robert par le roi de France.

En effet, les lettres impériales, datées du 21 décembre 1356, et confirmant les privilèges de Pont-à-Mousson, ne donnent à Robert, que les titres de comte de Bar et de marquis de Pont-à-Mousson.

En 1364, pendant la captivité du roi Jean, le duc Robert fut arrêté, près de Laon, par le sénéchal de Hainaut, qui le retint pendant quelque temps, et lui extorqua des serments et des traités contraires à la fidélité qu’il devait au roi son suzerain. Peu de temps après, le sénéchal fut effrayé de sa propre audace, probablement parce qu’il ne se sentit pas suffisamment appuyé par les ennemis de la France, qui s’indignèrent peut-être d’un acte aussi déloyal.

Ce qui est certain, c’est qu’il se hâta de rendre la liberté au duc de Bar, qu’il renonça à tous les engagements auxquels il avait forcé son prisonnier de souscrire, et que par l’entremise du comte de Flandre, il implora son pardon. Jean consentit à oublier la félonie du sénéchal de Hainaut, et les lettres de grâce qu’il lui accorda, sont datées de Londres.

Le 4 avril 1368, les Messins firent Robert prisonnier dans un combat qui eut lieu près de Ligny, et le 9 août 1370, ce prince se racheta au prix d’une très forte rançon.

En 1377, le duc Robert fit la guerre à Gobert d’Apremont, se saisit de sa personne, et en obtint la châtellenie de Dun.

En 1380, Robert, toujours fidèle à la France, suivit le roi Charles VI dans son expédition contre le duc de Gueldre.

Étant entré, en 1407, dans la ligue du duc d’Orléans contre Charles, duc de Lorraine, Robert fut défait à Champigneules, près Nancy.

Robert mourut en 1411.

Il avait épousé Marie de France, fille du roi Jean. Cette union fut célébrée le 4 juin 1364.

Robert eut plusieurs fils : d’abord Henri et Philippe, qui furent tués tous les deux à Nicopolis, en 1396, puis Édouard et Louis, qui lui succédèrent l’un après l’autre. 

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