Les pains de saint Blaise

Saint Blaise 

D’après un article paru dans la revue « Le Pays Lorrain » – Année 1909

Le 3 février, on célèbre la Saint-Blaise.

Depuis de longues années, la chapelle de ce saint à l’église Saint-Eucaire de Metz est visitée par une foule de fidèles, appartenant à toutes les paroisses de la ville et même à celles des environs.

Il est d’usage de faire bénir des petits pains communément désignés sous le nom de pains de saint Blaise. On a foi dans les objets bénits le jour de la fête du saint, on les croit efficaces contre la morsure des animaux et contre les maux de gorge.

On sait que le bienheureux, par sa douceur, calmait les bêtes farouches, et que, dans sa prison, il a guéri plusieurs malades.

Martyr de la primitive église, il eut la tête tranchée par ordre d’Agricola, gouverneur de l’Arménie pour l’empereur Licinius. La ville de Metz possède quelques-unes de ses reliques.

La chapelle Saint-Blaise de Saint-Eucaire, a été fondée en 1424, par messire Nicolle de Gournay, veuf de dame Pérette, fille de seigneur Jacques Dex, chevalier.


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La fête des Champs-Golots

Les champs Golots

 

D’après un article paru dans « Le magasin pittoresque » en 1841

Il existe encore aujourd’hui dans la principale ville des Vosges, à Epinal, un vieil usage fort singulier. C’est la fête des Champs-Golots.

Qui a institué cette fête ? A quelle époque a-t-elle été fondée ? Nul ne le sait.

Chaque année, dans la soirée du jeudi saint, lorsque les pieux exercices de la journée sont terminés, la rue de l’Hôtel-de-Ville se remplit de promeneurs de tous les âges et de toutes les conditions. Sept heures sonnent, et de toutes les rues adjacentes débouchent des groupes d’enfants conduits par leurs bonnes s’ils sont riches, ou leurs parents s’ils sont pauvres.

Cette troupe bruyante s’avance portant ou faisant porter des esquifs de sapin, dont toute la cargaison se compose de bougies ou de chandelles allumées et dressées comme des mâts. Elle en forme une flotte ; chaque esquif est sous les ordres de l’enfant à qui il appartient. La mer sur laquelle ces bâtiments sont lancés, est l’humble ruisseau qui roule ses eaux le long des maisons de la rue de l’Hôtel-de-Ville.

C’est là qu’ils se promènent, tenus en laisse par leurs propriétaires, et projetant sur les rives garnies de spectateurs leurs vacillantes lumières : ils descendent et remontent le ruisseau, se heurtant, s’entrelaçant, menaçant de sombrer quelquefois, et excitant parmi leurs capricieux conducteurs des cris incessants de joie ou de détresse, selon les chances qu’ils courent dans leur navigation embarrassée.

Pendant cette promenade nautique, les enfants, les bonnes, les parents, chantent à tue-tête et sans accord ce couplet :

Les champs golot,
Les lours relot.
Pâques revient,
C’est un grand bien
Pour les chats et les chiens
Et pour les gens tout aussi bien.

Aussi longtemps que brillent les fanaux plantés sur les esquifs, la foule, suivant les manœuvres de la flotte, et, comme elle, descendant et remontant le ruisseau, se presse et s’agite dans la rue. Mais dès qu’ils sont éteints, elle se disperse, sa curiosité est satisfaite. Les enfants rentrent sous le toit paternel, les uns riant, les autres pleurant, mais emportant tous, pour s’en servir encore l’année suivante, leurs légères embarcations, et la rue de Hôtel-de-Ville rentre dans son calme et son silence habituels.

C’est ainsi que se célèbre la fête des Champs-Golots, et voici l’explication que l’on en donne.

Quand le Carême touche à sa fin, les veillées cessent, les nuits s’abrègent, le repas du soir devient le signal du repos. Le jour suffit désormais aux exigences du travail. La campagne reverdit, les ruisseaux que le froid avait arrêtés dans leur course, serpentent en gazouillant dans les prairies. Le printemps, en un mot, apporte une nouvelle vie à la nature et à l’homme.

Or, c’est pour dire adieu aux veillées, pour inaugurer le retour d’une saison riante, pour proclamer l’abolition de l’abstinence et du jeûne, qu’à Epinal, le jeudi saint, le ruisseau de la rue de l’Hôtel-de-Ville se couvre à la brune de toutes ces nefs étincelantes, et que la chanson traditionnelle des Champs-Golot est répétée en choeur par la population.

Cette chanson a nécessairement été composée à deux époques différentes. Ses deux premiers vers sont empruntés au patois le plus ancien du pays. Ils se traduisent ainsi : Les champs coulent, les veillées s’en vont. Les quatre derniers sont d’une date beaucoup plus récente, et remplacent probablement d’autres vers qui n’ont pu se transmettre jusqu’à nos jours, et dont ils reproduisent le sens et la naïveté.

D’après un article paru dans « Essai sur les fêtes religieuses et les traditions qui s’y rattachent » en 1867

Les Champs-Golots, institués pour solenniser le retour du printemps, se célébraient invariablement en plain air, pendant une heure. Dès la fin du jour, une multitude d’enfants, portant des planchettes ou des boîtes de sapin parsemées de bouts de chandelles ou de petites bougies, envahissait la rue de l’Hôtel-de-Ville. Là, tous confiaient aux ruisseaux de la rue leurs embarcations, qu’ils dirigeaient sur l’eau à la file les unes des autres, en les retenant par une ficelle, afin de les empêcher de sombrer.

Rien de plus curieux de voir ces marins du premier âge conduire leurs navires avec une gravité comique, descendre et remonter bravement les courants, éviter avec soin les écueils, et rire aux éclats ou pleurer à chaudes larmes, lorsque le vent éteignait leurs fanaux ou que, par malheur, l’onde submergeait leurs esquifs. Du milieu de la foule des nautoniers, des parents, des bonnes et des promeneurs, s’élevaient des voix qui chantaient un vieux couplet patois.

C’est ainsi que dans cette vieille cité lorraine, l’enfance annonçait la fin de l’hiver, la chute des veillées et l’expiration du Carême.

Mais cette amusante coutume a disparu depuis que l’administration municipale a restauré la rue de l’Hôtel-de-Ville et lui a donné des trottoirs. En 1861, on a bien fait couler les fontaines dans cette rue afin de permettre aux enfants de se livrer à leur jeu comme précédemment. Beaucoup s’y sont rendus avec leurs navires illuminés. Mais, bien que la joie fut assez grande, le cachet primitif de la fête n’a pas entièrement reparu : on se plaignait de ce que la boîte à fromage tradionnelle était généralement remplacée par le navire de haut-bord. 

Cette fête traditionnelle se perpétue toujours dans certains endroits des Vosges pour l’arrivée du printemps, en particulier à Epinal et Remiremont.

La fête de Saint-Vincent, patron des vignerons

Saint Vincent, Patron des Vignerons

 

D’après la revue « Le pays lorrain » – Année 1909

Dans la plupart de nos vignobles lorrains, cette fête est encore très en honneur, surtout quand l’année a été productive. Elle est célébrée le 22 janvier.

La sonnerie des cloches, la solennité de l’office, les réunions de famille, le bal pour la jeunesse, rien de ce qui peut concourir, à la campagne, à donner du relief et de l’entrain à des réjouissances vraiment populaires n’est négligé.

Le vigneron et ses invités font largement honneur aux meilleurs crus et, après les prières, des santés sincères sont portées à l’intention du saint patron pour qu’il daigne protéger la vigne.

Voici un cantique en son honneur, qui nous vient d’Ancy-sur-Moselle, œuvre sans doute d’un curé du lieu.

O Saint-Vincent, dont la mémoire
Est chère au cœur du vigneron
Couvre Ancy, du sein de la gloire,
De ta haute protection.

Par ses travaux il est digne,
Le vigneron laborieux
Il sert Dieu, sachant que sa vigne
S’il est chrétien le mène aux cieux.

Matin et soir, il dit dans sa prière :
« Donnez, mon Dieu, donnez-nous notre pain »
Et dit aussi dans son coeur : « O bon Père
Ajoutez-y la faveur du bon vin ».

L’homme des champs alimente le monde
Par lui tu veux que nous ayons le pain.
Rends donc toujours notre vigne féconde
De toi, par nous, tous recevront le vin.

L’homme des champs sait que sans Providence
Son sillon sec resterait sans froment,
Le vigneron n’a pas d’autre assurance
Sans toi, mon Dieu ! Point de grappes au sarment !

Quand l’épi d’or ondule dans la plaine,
L’homme des champs lève la tête au ciel
De raisins mûrs lorsque la vigne est pleine
Le vigneron sait bénir l’Eternel.

L’homme des champs est tout fier à l’office
Lorsqu’il voit son froment à l’autel.
Lorsque son vin coule dans le calice,
Le vigneron prie et rend grâce au ciel.

Le saint ne reçoit parfois pas toujours des louanges, parfois il encourt les reproches de ses fidèles, ainsi qu’en témoigne le couplet suivant :

Buvons à Saint-Vincent,
Buvons, 
Mes compagnons
Mais qu’à l’avenir il veille
Un peu mieux sur nos treilles
Et guérisse nos raisins
Sans attendre le médecin.

Cette fête, qui depuis si longtemps a donné lieu à des réjouissances, est maintenant délaissée dans certains villages lorrains, mais ce n’est certes pas la faute des vignerons. Ils seraient bien heureux de fêter Saint Vincent, si leurs vignes existaient encore sur les coteaux, mais le phylloxéra est venu, et le culte du saint patron a été abandonné.

Espérons qu’un jour, le vignoble sera reconstitué avec des plants réfractaires aux ravages du vilain parasite, alors l’aisance reviendra et nos vignerons pourront de nouveau célébrer la Saint-Vincent avec la solennité d’autrefois.

Depuis cet article en 1909, de nouveaux vignobles ont vu le jour en Lorraine. On trouve les vins des côteaux de Moselle, les vins des côtes de Toul, et celui des côtes de Meuse. En vente ici !

Tous les ans, Ancy-sur-Moselle fête la Saint Vincent, avec une procession organisée  par la Confrérie de la tête de veau et du blanc d’Ancy. Je ne sais pas s’ils récitent le cantique présenté ci-dessus, mais voici au moins un village qui perpétue une tradition d’antan. Bravo !

Alors, le 22 janvier, prions Saint Vincent, afin que les vignobles lorrains se portent de mieux en mieux, et que tous les villages vignerons de Lorraine le remercient en lui rendant hommage !

La fête patriotique lorraine du 5 janvier

Flambeau 

 

D’après la monographie « Nancy, histoire et tableau »
par le baron Auguste Prosper François Guerrier de Dumast – Année 1847

« Il ne reste rien… Comme la fête patriotique qui se célébrait tous les ans à pareil jour, a cessé en 1737… »

Dès le matin, à quatre heures, le son de la musique et des trompettes se faisait entendre : c’était l’heure à laquelle René II avait fait sonner la diane, le jour de la bataille de Nancy. Plus tard, des salves d’artillerie.

Ensuite, sur des billets donnés par les vicaires des paroisses, on distribuait à tous les bourgeois, proportionnellement au nombre des membres de chaque famille, des vivres, du gibier, du vin, pour un dîner copieux. Une chasse générale avait lieu exprès les jours précédents, pour fournir moyen au Souverain de régaler ses enfants les Nancéïens, avec tout le gibier de ses domaines. 

On allait à la messe, en mémoire de celle que René avait fait célébrer à Saint-Nicolas avant d’ébranler ses troupes pour le combat. D’autres salves avaient encore lieu, puis on se mettait à table, et on tirait les Rois.

C’était la véritable fête des habitants. C’était celle de leurs aïeux, qui, au prix de cruelles privations et d’un courage héroïque, avaient sauvé Nancy et la Lorraine.

Le Duc, accompagné de quelques seigneurs, allait visiter les bourgeois à leur table. On buvait à la santé du Prince. Quelquefois celui-ci, prenant un verre, répondait à la santé de ses fidèles sujets, les bons et braves Nancéïens. Le verre dans lequel le Duc avait bu, était conservé précieusement, et il s’est trouvé de ces gages d’affection, que l’on avait gardés pendant plus d’un siécle.

Le soir, à huit heures, moment où René, rentrant dans Nancy délivré, était allé sur le champ à Saint-Georges, remercier Dieu de sa victoire, la procession nationale avait lieu, à la lueur des flambeaux.

On y étalait tous les trophées jadis enlevés aux Bourguignons. La fameuse tapisserie de la tente de Charles-le-Téméraire ornait les murs du palais ducal et les approches de Saint-Georges.

A cette cérémonie, après un piquet d’infanterie composé de bourgeois de Nancy, marchaient les curés, les chanoines, les congrégations religieuses. Puis des Suisses, en costume du XVe siècle, munis de la hallebarde et de l’espadon à deux mains. Puis les armes du duc de Bourgogne, portées par les plus grands seigneurs (On sait, par exemple, qu’en 1723, à cette procession, l’épée du Téméraire était portée par le prince de Beauvau, et son casque par M. de Tornielle, comte de Gerbéviller). Venaient ensuite le Duc et sa cour, les corps de justice, enfin les gardes et les régiments.

Cette procession, sortie du palais ducal, et qui, dans son itinéraire plus ou moins long, faisait au moins le tour de la Carrière, rentrait à Saint-Georges, où tout finissait par le chant d’un Te Deum.

Lorsque cette fête de famille, remarquable par l’enthousiasme et l’union qui y régnaient, cessa de pouvoir être célébrée (1737), les Lorrains en gardèrent la mémoire. Plusieurs d’entre eux fondèrent, pour le 6 janvier, des messes à perpétuité, et, longtemps encore, les vieux patriotes allaient en silence, ce jour-là, jusqu’au sanctuaire historique de Notre-Dame de la Victoire (*), porter leurs regrets et leurs prières aux pieds du vrai Consolateur, aux autels de ce Dieu fait homme, ami des pauvres et des affligés, qui seul comprend toutes les peines… et survit à tous les oublis.

(*) Bon-Secours, à l’extrémité du faubourg Saint-Pierre : chapelle érigée, par René II et par Antoine, sur le lieu où l’on avait enterré les morts de la bataille.

Traditions et coutumes en Lorraine

Blason de la Lorraine

 

Voyageons à travers les coutumes et traditions de la Lorraine.

Qu’elles soient ancestrales, récentes ou encore d’actualité, je vous invite à faire un petit tour d’horizon des traditions des quatre départements de notre belle Lorraine ! 

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