Le château de Cons-la-Grandville (54)

 

 

 

Situé en Meurthe-et-Moselle, non loin de Longwy, ville fortifiée par Vauban, le château de Cons-la-Grandville est une propriété privée. Haut lieu de la renaissance, trésor du patrimoine architectural lorrain, le château est classé aux Monuments Historiques.

Outre les visites, vous pouvez aussi organiser séminaires et réceptions. Pour tout renseignement supplémentaire, rendez-vous sur le site du château.

Je vous propose un petit historique de cette propriété. Les appellations d’origine ont été conservées. Les photos agrémentant l’article sont extraites du blog tenu par Anthony Koenig.

 

D’après un article paru dans la revue « L’Austrasie » de 1855

 

Le château de Cons-la-Grandville (54) dans Châteaux et forteresses en Lorraine Chateau-Cons-la-Grandville-150x112Le village de Cons-Lagrandville, situé sur la Chiers, à 7 kilomètres en aval de Longwy, ancien chef-lieu de la seigneurie importante de Cons, relevant du comté de Bar, a conservé, pour ainsi dire intact, son ancien château, dont la masse imposante domine un mamelon contourné par la Chiers.

La terre de Cons avait été érigée successivement en baronnie, et enfin en marquisat par lettres-patentes du duc Léopold, du 3 janvier 1719, en faveur de Nicolas-François, marquis de Lambertye, premier gentilhomme de sa chambre.

Le blason de Cons-Lagrandville est « d’argent à cinq roses de gueules, 1, et 2, tigées et feuillées de sinople », qui serait, suivant Durival, celui de l’ancienne maison de Cons.

On le retrouve sculpté sur l’une des clefs de voûte du vestibule du château et sur le sceau en cire rouge du tabellionage de Cons-Lagrandville, avec contre-scel identique, appendu par des lacs en soie bleue, à une pièce du 17 août 1722, faisant partie des archives de la famille de Lambertye, au château de Lagrandville.

Le monticule contourné par la Chiers, sur lequel a été bâti le château, est séparé du coteau qui lui fait suite vers le nord par un large fossé formant aujourd’hui une rue du village. La partie située au midi supporte l’église paroissiale et les bâtiments d’un ancien prieuré qui dépendait de l’abbaye de Saint-Hubert.

On voit encore à l’angle sud-est du château, entre l’escarpement du coteau et le fossé qui sépare la masse du château du cimetière qui entoure l’église, les restes d’une tour dont l’origine peut remonter à la fin du XIIe ou au commencement du XIIIe siècle. C’est là tout ce qui subsiste de l’ancienne résidence des sires de Cons.

Une inscription gravée en creux au-dessous d’une image de Saint-Martin, sculptée en haut relief dans une niche, au milieu de la façade septentrionale du château, donne la date précise de l’ensemble de l’édifice :
LAN MDLXXII HONORE SEIG
NEVR MARTIN DE CVSTINE SEIG
NEVR DE CONS ET DE VILLI
AIT COMENCÉ A REDIFFIER CEST
MAISON QVI CERVINOIT

Martin de Custine est représenté à genoux devant son patron. Ce pieux symbole de la charité, placé pour ainsi dire comme enseigne, sur la face principale du château, semblait dire aux passants : Frappez et l’on vous ouvrira.

Un acte de partage, du 6 juin 1573, conservé dans les archives de la famille de Lambertye, nous montre la signature, et le sceau pendant en cire verte de ce Martin de Custine, escuyer, seigneur de Cons et Villy, etc… qui réédifiait, en 1572, le château de Cons.

L’écusson aux armes de Martin de Custine se retrouve sur la clef de voûte de l’une des chambres de la tourelle d’angle du côté du couchant.

La façade septentrionale, remarquable à la fois par sa masse, entièrement construite en belles pierres de taille du pays, et par l’élégance de ses fenêtres de la renaissance, au-dessus desquelles on ne voit plus que la place des nombreux écus blasonnés aux armes des illustres alliances des nobles seigneurs de Cons. Ces mêmes blasons se retrouvent encore dans un état de mutilation moins complet dans la galerie voûtée formant le vestibule du côté de la cour. J’ai pu y distinguer encore entre beaucoup d’autres écus rendus méconnaissables, la croix engrelée des Lenoncourt et le lion naissant des Nouroy.

Le pignon qui termine l’aile orientale, du côté du midi offre des rampants, taillés en gradins garnis de statues représentant des arquebusiers en costume du temps de la renaissance.

Chateau-Cons-la-Grandville-2-150x112 dans La Meurthe-et-Moselle d'AntanLes faces du midi et de l’est sur la cour sont modernes, du siècle dernier ; cette reconstruction partielle fut motivée par les désastres de l’invasion suédoise. La porte percée dans la face occidentale, communiquant de la cour à la salle d’honneur, est monumentale et décorée de personnages allégoriques en haut-relief. Cette magnifique salle qui occupe toute la longueur de l’aile, est terminée à l’est par une petite abside en encorbellement faisant saillie sur la face orientale, qui permettait de la transformer au besoin en chapelle castrale.

La cheminée de cette salle présente un des beaux types de l’art de la renaissance. Elle est construite en pierre blanche d’un grain très fin, venant probablement de la Meuse. Les chapiteaux, ainsi que les têtes saillantes de la frise du haut et les espèces d’écussons sans blasons, encastrés au-dessous des trois sujets sculptés de la face principale, sont en pierre grise d’une toute autre nature, ou peut-être même en marbre.

On lit sur deux écussons en marbre noir incrustés dans les faces latérales, à gauche « Dieu est mon espoir » ; à droite « Dieu est mon confort ». Trois autres écussons, également en marbre noir, donnant la description des sujets, sont sculptés sur la face principale qu’ils accompagnent.

La frise courant au-dessous de la corniche de cette salle, est décorée de peintures à fresque représentant une série de sujets de chasse et de scènes empruntées aux délassements du seigneur châtelain à la campagne.

La plaque de fonte dressée au fond de l’âtre porte la date 1670. Elle montre les deux écus accolés de Lambertye et de Custine, surmontés d’une couronne de comte, avec la devise : « Faics ce que dois, arrive ce que pourra ».

C’est en 1641 que Marguerite de Custine, abbesse du chapitre de Bouxières, porta dans la maison de Lambertye les riches domaines de sa branche, en épousant messire Jean de Lambertye, gouverneur de Longwy pour le service du roi de France, Louis XIII.

Toute la partie centrale du château, habitée aujourd’hui par M. le comte Lucien de Lambertye, le propriétaire actuel, a conservé son ancien ameublement. Par une délicatesse du meilleur goût, l’une des chambres à coucher, au grand lit à baldaquin, habitée par le roi Stanislas, lors de la visite qu’il fit à Lagrandville, a même été maintenue dans l’état où elle se trouvait alors.

La plaque de fonte de l’une des cheminées, aux deux écus accolés de Lambertye et de Ligniville, rappelle l’alliance de messire Nicolas-François, marquis de Lambertye de Lagrandville et de madame Elisabeth de Ligniville, vers 1710. La même alliance est rappelée par les chenets de la cheminée d’une autre pièce, dont les faces portent l’écu mi-partie de Lambertye et de Ligniville.

On aime à retrouver au château de Lagrandville, une petite collection d’armes ayant autrefois fait partie de son arsenal. On y remarque des hallebardes, dont l’une peut remonter à la fin du XVIe siècle ; l’autre, plus moderne, porte l’initiale L du nom de Lambertye.

La première mention qui soit faite des seigneurs de Cons, remonte à l’an 1036 : Albert et Judith, comte et comtesse, fondateurs de l’abbaye de Bouzonville, donnent en 1036, à l’abbaye de Saint-Mathias de Trêves, leurs cours de Cons et de Berencastel.

Nous retrouvons ensuite dans un factum in-folio imprimé en 1739, pour les abbés, prieurs et religieux de Saint-Hubert, contre M. le marquis de Lambertye, à l’occasion de certains droits seigneuriaux, que Hadwide, comtesse de Chiny et Dodo, son mari, seigneur de Cons, fondèrent le prieuré de Cons-Lagrandville en 1088.

En 1208, Gilon de Cons fut donné pour otage par le duc Ferri II, à Thiébaut, comte de Bar, pour la somme de cent marcs. Giles de Cons eut pour fils, Jacques de Cons, qui rendit en 1218, à l’évêque de Verdun, Hatton-Château et la châtellenie de Sampigny.

Le même Jacques de Cons se déclara vassal du comte Valèran (de Limbourg) en 1217, et promit que son château de Bettange lui serait ouvert toutes et quantes fois il le requererait. Il donna pour caution de sa promesse, Théodore de Fontoy, Arnou de Roden-Macheren, Errard de Maisenburg, Jean d’Ottenge et Thierry de Thionville.

Jacques de Cons avait épousé Marie… dont il eut :
Jean de Cons, qui épousa Poince, et en eut une fille nommée :
Jacquette, qui épousa Renaud de Neu-Chatel de Varize, père de Jean de Neu-Chatel et de Varize, qui obtint un jugement à son avantage pour Cons, et eut un fils nommé :
Bertrand de Varize, père de Marguerite de Varize, mariée à Valtrin d’Epinal, de laquelle il eut :
Clément d’Epinal, qui épousa Jeanne de Pouilly et en eut :
Gérard d’Epinal, qui épousa Armangay, ou Ermengarde de Malberg et en eut deux filles :
Claude, mariée à Thiébaut de Custine, et Marguerite, mariée à Robert de Housse, lesquelles deux sœurs héritèrent de trois quarts dans la seigneurie de Cons, l’autre quart appartenant aux sieurs de la Haye ; et depuis, Gérard de Housse, fils de Thiébault, vendit sa part à Martin de Custine, son cousin.

En 1240, le sire Jacques de Cons, chevalier, accepte avec le consentement de Henry, comte de Bar, de ses vassaux et bourgeois de sa ville de Grand-Failly, la somme de trois cents francs pour rachat du guet que lesdits bourgeois lui devaient au chastel de Cons par chaque nuit.

Les archives de la commune de Grand-Failly contiennent plusieurs documents historiques intéressants et entre autres les trois pièces suivantes :
- Une copie faite en 1609 de la charte d’affranchissement donnée par Maheu, duc de Lorraine et marchi, et Jehan, seigneur de Cons, chevalier, le jour de la Saint Urbain, l’an 1247. Cette charte porte : « Affranchissons et mettons à la loi et à la franchisse de Belemont ».
- Une copie d’une lettre écrite en 1254 par Catherine, duchesse de Lorraine et marchise, à sa chère et bien-amée Ysabetz, dame de Cons, indiquant qu’elle a relâché à perpétuité, aux bourgeois et manans de Grand-Failly, sa part en une redevance de blé.
- Une autre pièce de la même année, par laquelle Ysabetz, dame de Cons, accorde le relaix en ce qui la touche.

Le jour de Sainte-Lucie 1245, Thiebault, comte de Bar, donne confirmation de la charte d’affranchissement de Cons par Jean, sire de Cons, et dame Poince, sa femme.

1287. Jehan, fils de seigneur Poinson, dit le maréchal, chevalier de Longwy, et damoizelle Hawy, sa femme, reconnoissent en fief et en hommage, de noble homme leur seigneur Jehan, seigneur de Cons, tous les hommes qu’ils ont à Halenzey.

1293. Jacomes de Longuyon, jadis selleriez de Longwy, reconnaît qu’il est homme de plein hommage à noble homme son seigneur Jehan, sire de Cons, à cause de son chaistel et chastellerie dudit Cons, et avoue tenir de lui ce qu’il possède au ban de Koëne (Cosne).

1301. Collignon le Jauls de Baionville, escuier, fils de Geoffroy Le Gronnaix, chevalier, vend à Gilles d’Avoncourt, escuyer, fils de monseigneur Jacques d’Avoncourt, chevalier, ce qu’il a en la terre de Cons, à savoir à Grant Failly, à Ewigny (Ugny) et à Montignv (sur Chiers).

1304. Perrin don Neuf Chaistez, escuyer, fils de monseigneur Regnalt don Neuf Chaistez , chevalier, vend à Jehan Haizart, chevalier, et à dame Allais, sa femme, le quart du chateau et maison de Cons qui lui était échu de par monseignour Jehan de Cons, chevalier, son oncle, sauf que ledit Perrin retient pour lui et ses hoirs après lui, le quart des hommages des francs hommes de Cons, de la chaistellerie et des appartenances, les fiefs, arrière-fiefs, les wardes et les seigneuries appartenant audit quart de chaistez de Cons, à Cons, à Euwigney, à Grant Failly, à Montigney, à Tallancourt, à Viller la Chièvre, à Cosne, à Vaulx, à Warniemons et à la grainge de Coussemont.

1310. Jehan de Mes, escuier, fils de madame Jake de Cons, vend à Perrin don Neuf Chaistel, escuier, le quart de la maison et du château de Cons, de toute la terre et de toutes les appendises de quelconques signoraige que ce soit, mouvant soit du comte de Bar, soit du comte de Luxembourg, soit d’autres que ledit Jehan de Mes avait et qui lui était échu de par monseigneur Jehan, chevalier, jadis seigneur de Cons, son oncle, qui fut.

1314. Edouard, comte de Bar, donne ce qu’il a acquesté de Jehan le Bertons, à Cons, dessous Lonwy sur Chier, en chastel, en la ville et en appartenances dudit chastel et de ladite ville, et en toutes seigneuries, à Giles d’Avoncourt, escuier, en récompense de ses bons services.

1315. Edouard, comte de Bar, donne confirmation de la vente faite par Collignon, dit le Jauls de Baionville, à Giles d’Avoncourt.

1315. Thiébaut Huars Prenes et Jacomin, frères, enfans de monseigneur Jehan Hazart, écuyer, qui fut, et de madame Alais, donnent en présence d’Edouard, comte de Bar, à Giles d’Avoulcourt, les droits et actions qu’ils pouvaient avoir en raison de ladite dame Alais sur les acquêts faits ou à faire par ledit Giles, en la ville de Cons.

1318. Edouard, comte de Bar, confirme la vente faite par Jehan de Mes à Perrin don NeufChaistel.

Jehans de Werrize, écuyer, est mentionné en 1338, comme sire de la terre de Cons en partie.

Jeoffroy de Warise, écuyer, et Bertrant de Warise, fils de Jehan de Warise, sont seigneurs de Cons en partie en 1379.

La seigneurie de Cons est indivise en 1380, entre Bertrand de Werrise ou de Varise, et Jehenne Davolcourt, femme en secondes noces de Ferry de Chambley, et en premières noces de Symont de Parroie, seigneur de Marchiéville.

1459. Clément Despinal, sire de Cons en partie, reçoit le dénombrement de Jehan de Culmont, fils de François de Culmont, escuier.

1460. Jehant de Quart, dit de Failly, seigneur de Tarsey, fait ses reprises de Clément Despinal, seigneur de Cons en partie, pour des biens situés à Grand-Failly.

Gérard Despinal, seigneur de Cons en partie, reçoit en 1487 le dénombrement de damoiselle Marie de Thonneletil, veuve de feu Henry de Villers.

Thiébault de Custine, seigneur de Villy et de Cons en partie, donne procuration, en 1537, à Martin de Custine, son fils, pour faire ses reprises du duc Antoine.

Noble escuyer Robert de Housse figure, en 1537, comme seigneur de Fermont et de Cons en partie.

Martin de Custine est seigneur de Villy et de Cons, pour les trois quarts, en 1563.

Nous avons vu plus haut qu’en 1572, il rebâtit le château de Cons-la-Grandville, dont il n’est cependant pas complètement seul seigneur. Un partage intervenu en 1573, entre Martin de Custine, Nicolas de Housse, seigneur de Fermont, Thiébault de Custine, seigneur d’Espiez en partie, au nom de damoyselle Catherine de Housse, sa femme, et damoizelle Claude de Housse, vient mettre fin à une partie de l’indivision pour quelques dépendances de la seigneurie, telles que des parts d’amendes à Villers-la-Chèvre, à Tellanconrt et à Praucourt.

Martin de Custine réunit, par suite de ce partage, ce qui dépend de la seigneurie de Cons, et ses co-partageants ont pour leur part le quart de la Court Daiche, située au lieu de Rosselange. Un aveu et dénombrement est donné la même année par Arnould de Gorcy, pour Petit-Xivry et Cosne, à Martin de Custine, seigneur pour cinq sixièmes dans la seigneurie de Cons, et à Philippe de la Haye pour l’autre sixième.

Jacques Drowet, demeurant à Marville, fait également, en 1573, ses reprises dans les mêmes conditions, pour ce qu’il a à Flabeuville, savoir de Martin de Custine pour cinq sixièmes dans la seigneurie de Cons, et de Philippe de la Haye pour le reste.

Louis de Custine, seigneur de Villy, etc., capitaine de Longwy, fait en 1612 ses reprises de Henry, duc de Lorraine, marchis, duc de Calabre, Bar, etc., pour ce qu’il tient en fief ez terres et seigneuries de Cons, Domey, Chénières, mouvant de la chastellenie de Longwy, et pour ce qu’il possède en la cense de Noël mouvant du chasteau de Longuion.

Jean de Custine est mentionné en 1625 avec les titres et qualités de baron et seigneur de Cons seul et pour le tout, de Bioncourt, Ugny, Tellancourt, Praucourt et de GrandFailly en partie.

Jean de Custine est le père de Marguerite de Custine qui porta, en 1641, la seigneurie de Cons dans la maison de Lambertye, par son mariage avec Jean de Lambertye.

Philippe de Tige, chevalier, seigneur de Petit-Failly, Pusieux et ban de Vivier en partie, donne, en 1681, son dénombrement à George de Lambertye, chevalier , marquis dudit lieu, baron de Cons et de Drouville, seigneur de Rechicourt, Arrey, Praucourt et Grand-Failly, pour la moitié et les deux tiers d’un seizième en la seigneurie de haute, moyenne et basse justice de Petit-Failly.

Le même George de Lambertye reçoit en 1682 le dénombrement de Philippe-François de Gorcey, seigneur dudit lieu et de Petit-Xivry en partie, pour ce que ce dernier tient en fief de lui à Petit-Xivry et à Rut, mouvant et dépendant du château, baronnie, terre et seigneurie de Cons.

Le marquisat de Cons-Lagrandville comprenait en 1719 : Cons-Lagrandville, Ugny, Viviers, les Couverts, la Caure, Procourt, la Cour-Villaume, Chénières, Cutry , Villers-laChèvre, Cosne, Cossémont, Fresnois-la-Montagne, Tellancourt, Buré-la-Ville, Cumont, Petit-Failly, Grand-Failly, Flabeuville, Vaux, Voirnimont, Beuveille, Doncourt, Pierrepont et Ham-devant-Pierrepont.

Fermont était une enclave dans le marquisat, il dépendait d’Arrancy. Plusieurs autres enclaves dépendaient de Longuion.

François Antoine, chevalier, marquis de Lambertye et de Cons-Lagrandville , lieutenant-colonel au régiment des gardes de S. A. R. M. le grand-duc de Toscane, chambellan de feu S. M. le roi de Pologne, mande en 1771, ses amés les gens tenants le siège en son marquisat cy-devant baronie de Cons, lui faire dans son château et maison-forte de Cons-Lagrandville les foi et hommage pour les fiefs qu’ils possèdent relevant de lui, à savoir : La Caurre, les Converts, Villers-la-Chèvre, Tellancourt, Buré-la-Ville, Flabeuville, Petit-Failly, Grand-Failly, masuage de Petit-Xivry, grand charruage de Gorcy, etc.

 

 


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Les ruines du château de Salm

Les ruines du château de Salm dans Châteaux et forteresses en Lorraine Ruines-chateau-La-Broque-150x112

Les ruines du château de Salm sont situées sur le territoire de la commune de La Broque (département du Bas-Rhin – Alsace), mais ce château faisait partie du comté de Salm-Lorraine.

Une association « Les veilleurs de Salm » a été crée en 2004. Elle a pour but de sauvegarder et d’entretenir les vestiges de la ruine. L’encadrement est assuré par un architecte du patrimoine du département, par un historien en civilisation rhénane et par des archéologues bénévoles.

 

Mais pourquoi présenter les ruines d’un château situé en Alsace ? Eh bien tout simplement, parce que, par le jeu des héritages, le comté de Salm passa pour une partie aux Ducs de Lorraine et pour l’autre aux descendants du rhingrave devenus princes de Salm à partir de 1623.

 

Carte-ruines-chateau-Salm-150x112 dans Les Vosges d'Antan

En 1751, un nouveau partage créa la Principauté autonome de Salm-Salm avec Senones comme capitale, qui englobait tout le Ban de Vipucelle (ou ban de Salm), formé de ce qui compose aujourd’hui les deux communes de La Broque et Grandfontaine. En 1793, les Révolutionnaires Français annexent la principauté après l’avoir soumise à un blocus économique. La Broque fut alors incorporée au département des Vosges.

A l’issue de la guerre franco-allemande de 1870 et en échange du canton de Belfort, le traité de Francfort détacha en 1871, la commune du département des Vosges pour la joindre au Reichsland Elsass-Lothringen. Après la libération de 1918, elle resta dans le Bas-Rhin.

 

D’après « Bulletin de la Société philomatique vosgienne » – 1883

 

Le château de Salm est un château situé sur une très haute montagne, entre le village de Plaine et celui de Framont. Le château existait déjà en 1190, et fut bâti par le comte Henri de Salm, qui lui donna son nom à cause de l’ancienne maison de Salm, établie dans les Ardennes, d’où le comte et ses prédécesseurs étaient sortis.

Ce château fut autrefois habité par les comtes sauvages de Salm. On prétend même qu’il est, avec celui de Langstein, l’un des plus anciens châteaux bâtis par ces seigneurs. Il n’offre aujourd’hui que des ruines à moitié détruites, autant par le ravage des temps que par les malheurs de la guerre.

On voit en avant de ce château une espèce de plate-forme ou donjon naturel, formé par les roches énormes de cette montagne. Ce donjon était défendu par un large fossé taillé dans le roc. On remarque encore les vestiges d’un pont-levis qui en défendait l’entrée.

Plus loin est le château, dont les bâtiments ne devaient pas être défendus, à en juger par le peu de terrain de son emplacement.

Ruines-chateau-de-Salm-150x103Un reste de tour moitié ronde, moitié carrée, et dont les murailles ont dix pieds d’épaisseur, est ce que l’on peut voir de plus entier, le reste est absolument tombé. Le chemin qui conduit à ce château est tortueux et difficile, il est taillé dans le rocher à plusieurs endroits. On a cru remarquer les vestiges d’une petite tour qui en défendait le passage.

La situation de ce château est peut-être l’endroit le plus désert et le plus sauvage que l’on puisse voir. De cette élévation, l’œil ne discerne que de très hautes montagnes dépouillées d’arbres et dont la cime est hérissée de rochers énormes, à moitié suspendues sur de pauvres habitations qui sont au pied de ces montagnes menaçantes.

Dans cette effrayante solitude, vous n’entendez que les cris plaintifs de quelques hiboux ou oiseaux de proie qui sont nichés dans les crevasses des rochers qui entourent, et qui sont l’asile ordinaire des uns et d’autres animaux sauvages dont ces montagnes sont remplies.

Les ruines du château « Qui qu’en grogne » à Moyen (54)

Blason de Moyen (54)Château de MoyenChâteau de MoyenChâteau de Moyen

 

Ruines sauvegardées et restaurées depuis 1983 par l’association « Qui qu’en grogne« , elles sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1992. Une fête médiévale est d’ailleurs maintenant organisée à Moyen tous les ans.

Je vous propose de découvrir l’historique de ce château.

D’après un article paru dans la revue « Mémoires de l’académie de Stanislas » – Année 1859

Les ruines du château de Moyen se voient encore aujourd’hui sur une élévation qui domine le village de ce nom, traversé par la route départementale de Lunéville à Rambervillers.

Le village de Moyen était autrefois une des nombreuses possessions de l’évêché de Metz enclavées dans les états des ducs de Lorraine.

Le château fut commencé vers 1444 par Conrad Bayer de Boppart, évêque de Metz, qui contraignit les bourgeois d’Epinal, dont il était seigneur, à y faire des corvées. Les seigneurs des environs en murmurèrent. L’évêque ne s’en mit pas en peine et nomma ce château « Qui qu’en grogne », pour marquer le mépris qu’il faisait de leurs discours.

Le château de Moyen était carré, avec une grande enceinte fortifiée de cinq tours, placées aux côtés du nord et de l’orient. Le corps du château était environné de fossés et de murs bien solides.

En 1634, ce château, occupé par les troupes de Charles IV, fut assiégé par le maréchal de la Force, dans le but d’attirer le duc en campagne. Le château se rendit, faute d’eau, au bout de six jours. La garnison en sortit avec armes et bagages.

Les soldats lorrains, mal payés et mal disciplinés, continuaient cependant à désoler le pays sans distinction d’amis ou d’ennemis. Ils attaquèrent et reprirent ce château en 1636, et se servirent de ce lieu, comme d’une forteresse, pour exercer plus hardiment leurs ravages dans la province.

En 1639, du Hallier, gouverneur de Nancy, pour réprimer ces désordres, alla assiéger le château de Moyen. Thouvenin, capitaine du régiment lorrain de Saint-Baslemont, y était enfermé avec cent hommes. Le siège fut commencé le 1er août 1639, et le château ne fut pris que le 15 septembre de la même année. On y tira plus de 4000 coups de canon.

Quelque temps après, cette forteresse fut démolie, ainsi que la plupart des châteaux de la Lorraine.

Les ruines du château de Fontenoy-le-Château (88)

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En 1978, l’association « Les amis du vieux Fontenoy » était créée pour sauvegarder les ruines du château. Aujourd’hui, grâce aux bénévoles, les murailles ont été consolidées, mais malgré leur bonne volonté, le donjon est en péril.

L’association lance un appel au secours. Si vous voulez participer à la sauvegarde de l’édifice, rendez-vous ici.

Pour l’instant, je vous propose une petite description du château faite à la fin du XIXe siècle.

 

D’après les « Annales de la Société d’émulation du département des Vosges » – Année 1894

Accroché au flanc d’un coteau à pic qui domine toute la ville, solidement campé sur des terrasses en retrait, griffes gigantesques par lesquelles il se cramponnait fièrement sur ses murailles séculaires, le vieux castel était un vrai nid d’aigles.

Au pied des remparts, la jonction du ruisseau Châtelain et du Côney. Au-dessus, le donjon carré haut de 25 à 30 mètres, et pouvant défier tous les assauts. A droite, sur le même plan, une tour ronde aux murailles épaisses montant la garde en face de l’avenue. A gauche, en contre-bas, une autre tour ronde, non moins solide, protégeant la poterne. C’était une demeure digne des fiers barons de Neufchâtel.

La grande avenue, ou la Grand’Voie, aboutissait dans le verger, au sud du château. Ce verger occupait une grande partie du coteau qui se dirige sur les Molières. Sans doute que la maison encore appelée la Loge en occupait l’extrémité, servant ainsi de lieu de repos et de rafraichîssement dans la promenade des châtelains. On voit en effet sur le plan dressé au XVIIIe siècle, toute cette partie sud désignée du nom de Curtille des seigneurs.

De ce côté, les fossés et le pont-levis. Puis s’ouvrait la porte d’entrée et les principales ouvertures du donjon. Les autres faces n’étaient percées que de fenêtres très étroites et de machicoulis servant à faire pleuvoir sur les assaillants toutes sortes de projectiles.

L’Atrium ou cour intérieur du château commençait probablement entre le donjon et la tour de l’ouest pour se continuer sur le verger et la principale avenue ou la Grand’voie venait y aboutir. D’ailleurs, la situation de l’ancien faubourg de l’Aître (Atrium), au milieu duquel cette avenue venait déboucher dans Fontenoy, ne fait que confirmer cette hypothèse. Quant à la place d’armes, elle devait avoir son emplacement sur le cimetière actuel, que l’on désigne encore sous le nom de la Mothe.

Au bas du verger, le ruisseau Châtelain formait un étang actuellement converti en une prairie que l’on désigne encore sous le nom de l’Etang Châtelain.

On voyait à la fin du siècle dernier deux tours, l’une ronde, l’autre carrée, dont il ne reste que des débris. Elles étaient assez peu endommagées. On les a démolies, pour en tirer des pierres à bâtir, quoiqu’on eût de belles carrières sur les lieux.

Des vieillards racontaient, il y a quarante ans, que la tour carrée était deux fois plus élevée qu’elle ne l’est maintenant. On montait jusqu’à la plate-forme qui existe encore en partie. De là, quatre murs sans toits allaient à une grande hauteur. Cet espace était, disaient-ils, en temps de guerre, le magasin de meubles des habitants.

La tour ronde, ajoutaient-ils, avait à sa base, une belle salle. Au premier, une chambre moins vaste, mais fort soignée. Enfin au-dessus, un escalier extérieur se terminant à la partie supérieure de l’édifice. Dans cette tour ronde, s’ouvrait un souterrain allant jusqu’aux Molières.

Des constructions nouvelles furent entreprises et des améliorations importantes faites aux fortifications et au château sous l’administration de Diane de Dommartin. En 1587, il est payé aux habitants de Fontenoy, la somme de mille francs pour la réparation d’une des grosses tours de la ville. En 1593, ce sont d’autres réparations faites à la Porte de la Tour de Ronde et à celle de l’Aître.

Dans les années qui suivirent l’incendie de la ville en 1635, il fallut à l’héroïque population de Fontenoy, pourtant décimée par la guerre et la peste, sans gîte et sans ressources, bien de l’énergie pour se mettre à l’œuvre et réparer tant des désastres. Les maisons furent en partie relevées à la hâte, pauvres, dénudées, sans élégance et sans architecture, chacun parant au plus pressé et cherchant d’abord un abri.

Fontenoy sortit de ses ruines, mais son château n’eut pas le même sort.

Ses seigneurs avaient d’autres palais, celui-ci fut abandonné définitivement. Du reste, après la guerre de Trente Ans, depuis que Richelieu et Louis XIV avaient appesanti sur la noblesse leur main de fer, la féodalité avait cessé d’exister. D’autocrates qu’ils avaient été, les grands seigneurs n’étaient plus guère que de riches propriétaires tirant des revenus considérables de leurs domaines et des dîmes qu’ils percevaient. De là, l’inutilité d’entretenir et surtout de reconstruire des châteaux qui ne devaient jamais plus les protéger. C’était donc une ruine complète, imminente réservée à chacun d’eux : c’est qui arriva pour celui de Fontenoy.

Des deux tours rondes signalées plus haut, il ne reste pas pierre sur pierre. La Tour de Ronde située sous le donjon, n’existait déjà plus au milieu du siècle dernier, tandis que l’autre, appelée Tour de l’Aître, avait été assez bien conservée jusqu’au commencement de ce siècle. En 1892, on voyait encore à l’intérieur de cette tour, une chambre ou plutôt une prison voûtée dans laquelle se trouvaient trois ouvertures. L’une donnait sur le caveau qui va aux Molières, une autre semblait être la porte d’entrée, et enfin la troisième regardait le donjon et paraissait y conduire par un escalier dont on voyait les vestiges.

La plate-forme du donjon ou de la Tour Carrée est à 9 mètres au-dessus du sol. Avant 1875, on avait à sa droite, un grand mur à meurtrières et à fenêtre déformée, sillonée de crevasses, d’une hauteur de 11,05 m au-dessus de la plate-forme, et donnant à ces ruines l’apparence d’une immense siège à dossier. Le revêtement extérieur, qui a été enlevé à plus d’un endroit, laisse voir des massifs de maçonnerie formée de pierres disposées en couches alternativement inclinées à droite et à gauche. Enfin on aperçoit encore actuellement dissimulées dans les buissons et sous le lierre, les ouvertures de trois caveaux se dirigeant sous la terrasse de la tour.

Ces tours dignes de tout intérêt appartenaient encore en 1870 à la famille Daubié de Fontenoy. Mais l’entretien des ruines occasionnant des dépenses, dont la répartition offrait d’autant plus de difficultés que les membres de la famille étaient plus nombreux, on résolut de s’en défaire. Ce fut M. Chavanes, propriétaire de la manufacture de Bains, qui en devint l’acquéreur.

Or, un beau jour de l’année 1875, vers 6 heures du matin, une sorte de craquement formidable se fait entendre, une nuée de poussière couvre toute la ville : c’est une partie du donjon qui vient de s’écrouler. L’éboulement qui couvrait de ses débris les jardins environnants demandait un prompt déblaiement. Mais il restait l’autre moitié du pan de mur. Par peur de nouvel accident, on voulut la faire sauter par la mine. On avait compté sans la solidité de la maçonnerie ancienne.

On employa d’abord, mais en vain, une mine de un kilogramme de poudre. Il fallut augmenter, et la muraille ne s’effondra, dit-on, qu’au huitième kilogramme de poudre. Les plus belles pierres furent utilisées déjà au siècle dernier. Et au commencement de ce siècle, une quantité considérable des matériaux tirés de ces ruines avait servi à construire plusieurs maisons de Fontenoy et la tour de l’église.

Profitant du moment où il était obligé d’employer une équipe d’ouvriers à opérer le déblaiement, M. Chavanes voulut faire quelques fouilles surtout dans les caveaux. Ses recherches restèrent infructueuses, les voûtes s’affaissant aussitôt l’entrée de l’air et de la lumière. Les caveaux placés sous la terrasse paraissent avoir mis en communication avec le donjon, différents points de la ville. Peut-être l’un d’eux aboutissait-il à l’intérieur de l’église.

L’année 1893 nous laissera ce regret d’avoir vu disparaître, sous le marteau démolisseur, une partie de ces ruines antiques, qui font la gloire et l’ornement de Fontenoy.

Les ruines de la forteresse de Vaudémont (54)

Tour Brunehaut VaudémontBlason VaudémontVaudémont avant 1636

 

Petit village de moins d’une centaine d’habitants, il ne reste que des ruines de la forteresse. Pourtant, Vaudémont était la capitale du comté de Vaudémont du XIe jusqu’au XVe siècle, comté réunifié avec le duché de Lorraine, lors de l’avènement du duc René II en 1473.

Je vous propose de découvrir à quoi ressemblait la forteresse de Vaudémont, avant le démantèlement en 1639, sur ordre du roi de France.

 

D’après la monographie « Charles de Vaudémont » de G. Le Cler – Année 1869

Au commencement du XVIIe siècle, la forteresse de Vaudémont avait un aspect formidable. Les murailles épaisses de vingt pieds se dressaient sur la crête de la montagne, formant une vaste enceinte, un pentagone irrégulier, dont l’angle aigu regardait le village d’Eulmont. A cet angle se trouvait la tour de Brunehaut, dont les restes subsistent encore.

Aux autres angles, la tour Maubrune, la tour Hainchemont, la grande tour de la Fontaine, la grosse tour du Chaulcheux (ou du pressoir). Au centre, un énorme donjon de cent cinquante pieds de haut, de trois cents pieds de circonférence, dominant de ses proportions colossales tout le reste de l’édifice.

Dans les intervalles, des tours étaient construites de gracieuses petites tourelles, dont les unes couronnaient les portes de la forteresse, et les autres servaient de pavillons d’agrément.

Les murs et les tours étaient revêtus à leur sommet de machicoulis et de créneaux.

D’un seul côté, celui de la ville, régnait un large et profond fossé. Le reste de l’enceinte reposait sur des roches à pic ou des pentes perpendiculaires.

L’entrée principale, la Porterie, était défendue par un pont-levis à double chaîne, par une herse, un assommoir et une galerie crénelée. On n’avait oublié, ni les puits ni les citernes.

Le donjon était le refuge et l’habitation du comte et de la garnison, pour le cas où la défense de la forteresse fût devenue impossible. Des caves du donjon partaient deux galeries voûtées, aboutissant au pied de la montagne, à des portes de secours par où l’assiégé pouvait introduire des renforts ou échapper à l’ennemi.

Entre la tour Maubrune et la tour Hainchemont, étaient construits deux grands corps de logis, précédés de jardins entourés de grilles en fer. Les tours étaient elles-mêmes aménagées en appartements de luxe, surtout la tour Maubrune, où était la fameuse chambre rose, ainsi nommée de ses riches tentures en velours de cette nuance et de ses hautes et basses chéyères (fauteuils et chaises), en bois de rose.

Les bâtiments de service, écuries, magasins, arsenaux, étaient attenants à la tour Brunehaut,

La ville, au pied de la forteresse, était elle-même entourée de fossés et de murailles et pouvait soutenir un siège. Elle communiquait au château par une galerie couverte.

Telle était en 1621 cette formidable résidence princière. Il n’en reste aujourd’hui qu’une tour en ruines.

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