Le ru du bâton

Gélines

 

D’après un article paru dans la revue « L’Austrasie » de 1838

Parmi les lourdes charges que la féodalité avait imposées à nos contrées, nous signalerons le ru ou tour du bâton.

C’était le droit concédé à certains seigneurs d’approvisionner leurs tables pendant la tenue des plaids annaux, aux dépens de la gent volatile de leurs sujets, impitoyablement assommée à coups de bâton 48 heures durant.

Les chartes d’affranchissement de Mirecourt, de Tantimont et de Girancourt témoignent de cette exaction féodale, qui ne différait guère que de nom du droit de prise que le sage roi Charles V, supprima par édit de 1367.

Nous lisons dans la charte d’affranchissement de Mirecourt (1234) que « si le seigneur ou ses envoyés ne trouvent pas de gélines (poules) à acheter à leur arrivée au dict Mirecourt, ils polront en faire tuer en payant pour chacune d’elles 2 deniers tollois » (environ 57centimes de notre monnaie).

Celle de Tantimont nous apprend que « quand le voué vient chez le maire, le maire lui doit pain et avoine pour son cheval, et que s’il plaît au voué, il peut jeter le bâton aux gelines, en payant 4 deniers tollois pour le chapon, 3 pour la geline, et 2 deniers et demi pour le poussin ».

La charte de Girancourt s’exprime en ces termes : « Les dicts seigneurs (le chancelier du chapitre de Remiremont et le sire de Vauvillars) doivent estre servis de deux vins vermeil et blanc, de deux parts (espèces) de chars (viandes) de feu sans fumiere (fumée) et illuminés de chandoilles de xeu (suif) et de cire. En oultre, la provéance (provision) du plait (plaids) doit estre conduite depuis la veille, enfermée dans une chambre dont le chancellier doibt rendre la clef aux serviteurs de messire de Vauvillars, et si la char estoit faillie (manquait), les serviteurs du dit sire de Vauvillars ont le ru du baston sur les gelines par 6 deniers payant par chaque geline ».

Nous trouvons encore une autre preuve de ce droit onéreux, la désolation des ménagères lorraines, dans le rachat qui en fut fait, le 30 décembre 1482, des sires de Neufchâtel, de Thuillière, de Montjoie, de Lessey et de Savigny par les bonnes gens du ban de Crévi (canton de Lunéville).


Archives pour la catégorie Anecdotes historiques pittoresques de Lorraine

Le droit de pêche à Moyenmoutier (88)

Pêcheur

 

D’après « Le département des Vosges : statistique historique et administrative »
par Charles Charton et Henri Lepage – Année 1845

Les habitants de Moyenmoutier jouissaient autrefois de droits singuliers.

Quand une femme accouchait d’un enfant provenant d’un mariage légitime, le mari pouvait, seul ou accompagné de son voisin, pêcher pendant trois jours dans le Rabodeau et même vendre du poisson pour subvenir à l’entretien de l’accouchée, mais il était obligé, préalablement, d’aller l’offrir au couvent où on le lui payait au prix fixé en pareille occasion, sinon il était libre de le vendre partout ailleurs.

En outre, il avait le droit de se présenter au couvent pour recevoir un pain de trois livres et un pot de vin.

Les « têtes de veaux » de Rambervillers

Blason RambervillersMédaille intronisation tête de veau Rambervillers

 

D’après un article d’Alban Fournier
paru dans le « Journal de la Société d’archéologie et du Comité du Musée lorrain » en 1882

Pourquoi raille t-on les habitants de Rambervillers ?

Il est bien peu de régions en France qui n’aient une petite ville, un village, devenus l’objet des railleries du voisinage, soit que le nom de la localité, le caractère des habitants ou bien un fait historique aient suffi à jeter du ridicule sur cette population.

Longtemps, Rambervillers a exercé l’esprit gouailleur des Vosgiens. Il n’est pas de plaisanteries que l’on ait faites sur les habitudes, le caractère des habitants. Leurs monuments publics eux-mêmes, n’ont pas échappé à cet esprit de raillerie.

Les habitants de Rambervillers aiment les promenades dans la forêt. Ils aiment surtout à y goûter, à y « fristiquer » comme ils disent.

Un jour, raconte la légende, un certain nombre de bourgeois organisèrent un « fristique ». Chacun devait apporter un plat de sa façon. Le jour indiqué, tous furent exacts au rendez-vous. On se prépare à manger, et chacun de déballer son mets pour en faire la surprise à ses compagnons …

La surprise, en effet, fut complète : ils étaient dix, et il y avait dix têtes de veaux, autant que de convives !

Depuis ce jour, les habitants de Rambervillers ont hérité du surnom burlesque de « Têtes de veaux ».

Une confrérie gastronomique a d’ailleurs été créée en 1968 à Rambervillers, afin de célébrer les qualités gastronomiques de cette fameuse tête de veau.

Il s’agit de la « Confrérie des gaubregueux gousteurs de teste de veau », qui organise la foire aux têtes de veaux, bien connue en Lorraine. Le chapitre se déroule tous les ans, quinze jours avant Pâques.

Et les Rambuvetais en sont fiers de leurs têtes de veau ! La preuve, ici .

Le souper de la saint Martin à Uxegney (88) au XVIe siècle

Blason UxegneyBlason Darnieulles

D’après un article paru dans « L’Esprit des Journaux » – Février 1779

Nous avons dans le voisinage d’Epinal, un village qu’on nomme Uxegney, dont le maire était anciennement tenu de donner à souper, le soir de la saint-Martin de chaque année, au seigneur d’un autre village nommé Darnieulles, et à la suite de ce seigneur.

Ce n’est point l’obligation de donner ce repas annuel que l’on regarde comme extraordinaire. Mais les anciens titres disent que dans ce repas, le maire, outre l’obligation de fournir vin blanc et clairet, et de bien traiter les chevaux du seigneur, devait encore lui représenter sa femme, la faire chanter devant lui, la faire crier, la faire rire et la faire danser, à peine de l’amende, si elle se fâchait, et de payer un couvre-chef à l’épouse dudit Seigneur de Darnieulles.

Ce n’est pas tout, à la fin du repas, le maire d’Uxegney était tenu de délivrer au seigneur un bichet d’oignons et une quarte d’huile, si sa femme ne s’était pas portée de bonne grâce aux chants, aux cris, aux ris et à la danse exigés par les titres.

Les habitans du lieu d’Uxegney se sont rédimés de cette singulière subjection, comme disent les titres, en payant vingt francs par an au seigneur de Darnieulles en son château. C’est ce que porte une transaction passée le 11 août 1595, entr’eux et messire François de Gelnoncourt, écuyer, seigneur pour-lors de Darnieulles, et rapportée dans le registre des droits de la terre de ce nom, fait par le sieur Verquelot, le 2 mars 1598.

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