La légende des chiens de l’Abbaye de Chaumousey

 

 

 

D’après « Bulletin de la Société lorraine des études locales dans l’enseignement public » – 1930

 

La légende des chiens de l’Abbaye de Chaumousey dans Anecdotes historiques pittoresques de Lorraine Chien-Terre-neuve-150x106Le père Jacques Phulpin, prieur de l’abbaye, possédait deux magnifiques terre-neuve qu’il avait dressés à toutes sortes d’exercices. Ils se nommaient, l’un César, l’autre Pompée.

C’étaient ces deux chiens qui étaient chargés d’aller à Epinal, à huit kilomètres de là, chercher la viande nécessaire à la nourriture des religieux, chez le boucher Michel, rue des Petites-Boucheries. Ils revenaient toujours fidèlement, portant dans la gueule le panier rempli.

Or, un jour de mai 1870 (le 21, paraît-il), Pompée allant seul à la ville, est attaqué par des chiens affamés. Forcé d’abandonner le panier, il s’en retourne tout sanglant à l’abbaye, fait comprendre à César de le suivre, et les deux braves chiens franchissent en un quart d’heure les huit kilomètres, retrouvent les chiens voleurs, les corrigent d’importance et, leur panier empli à nouveau, s’en retournent tout glorieux à l’abbaye.

Que l’on vienne dire encore que les bêtes n’ont pas d’esprit !

 

 La photo est extraite du site de l’élevage des Bois de la Grotte Fleurie (en Lorraine, bien entendu)


Archives pour la catégorie Anecdotes historiques pittoresques de Lorraine

Les lépreux de La Chénale (88)

 

D’après « Le département des Vosges » – Henri Lepage – 1845

 

La Schenalle (à côté de Saint-Dié) était autrefois une léproserie.

Ces maisons, dit M. Gravier, n’étaient pas, comme leur dénomination pourrait le faire supposer, des hospices consacrés au traitement de ces maladies, mais des tombeaux où les victimes descendaient vivantes avec toutes les cérémonies et les chants funèbres qui accompagnent l’inhumation.

Les lépreux de La Chénale (88) dans Anecdotes historiques pittoresques de Lorraine Lépreux-et-sa-clochette-150x150Après l’office des morts, le patient, vêtu de la housse, robe de couleur tannée, et portant des gants de même étoffe, était armé d’une cliquette, seul moyen qui lui fût permis pour faire connaître ses besoins sans le secours de la parole. Il baisait les pieds du prêtre, entrait dans sa loge pour n’en plus sortir, et recevait une pellée de terre sur la tête.

Le prêtre accompagnait cette cérémonie d’une exhortation insérée dans tous les rituels du temps :
« Or ça, mon ami, dorénavant demourez ci en paix, en servant Dieu dévotement, et ne vous déconfortez point pour quelque paureté que vous ayens ; car vous aurez toujours part à toutes les bonnes proières, saints sacrifices et suffraiges qui se feront en l’englise ; proiez Dieu aussi dévotement qu’il vous doient graice de tout souffrir et porter patiemment ; et si ainsi faites, vous accomplirez votre purgatoire en ce monde, au partement duquel vous irez en paradis sans passer par autre purgatoire ».

Deux lépreuses qui s’étaient évadées de la Schenalle en 1321, furent arrêtées et remises au prévôt du prince, qui leur infligea la peine du fouet et les fit jeter vivantes sur le bûcher. Le chapitre de St-Dié, voyant dans cette exécution une usurpation de ses droits, excommunia le prévôt, qui fut obligé de demander pardon et de remettre au chapitre, à la place des malheureuses qui n’existaient plus, deux mannequins qui furent livrés aux flammes.

 

 

Le siège de Toul en 1420

 

Le siège de Toul en 1420 dans Anecdotes historiques pittoresques de Lorraine Blason-Toul-136x150

Extraits de la monographie imprimée
« Le siège de Toul, en 1420, sous l’épiscopat de Henri de Ville : fragments historiques »
par Charles Hequet – 1875

 

De tous les droits, régaliens et autres, dont jouissaient les ducs bénéficiaires de Lorraine, il en est un fort bizarre, exporté d’Allemagne, dont le privilège leur avait été concédé par les souverains de ce pays auxquels, lors de leur investiture, ils en faisaient hommage à titre de fief d’empire.

Ce droit, qu’ont également possédé les ducs héréditaires, était celui de propriété sur les fils de prêtres ou bâtards de l’Église.

L’origine de ce droit venait de ce que les membres du clergé, en raison des ordres sacrés qu’ils avaient reçus et de l’obligation qui leur était imposée de garder le célibat, ne pouvaient revendiquer celui de paternité. Leurs enfants, sans pères, sans protecteurs et sans noms, devenaient serfs dès leur naissance, et d’après une bulle du pape Calixte II, datée de l’an 1119, ils appartenaient au seigneur de la terre où ils étaient nés, et celui-ci s’en emparait, comme de tout ce qui était sans maître.

Depuis le duc Thierri Ier, l’exercice de ce droit régalien avait constamment éveillé la sollicitude des princes lorrains, les moeurs dissolues et l’incontinence du clergé d’alors, leur procurant un notable accroissement du nombre de leurs sujets.

Cédé, en 1429, aux chanoines de Saint-Dié, par la faiblesse du duc Mathieu, le droit de bâtardise acquit bientôt le dernier degré d’immoralité : il devint pour eux le stimulant du libertinage le plus effréné et de la cupidité la plus vile.

Ce regrettable état de choses subsista jusqu’en 1529, époque à laquelle le duc Antoine profita de la mésintelligence qui régnait entre ses officiers et le chapitre Galiléen pour retirer à ce dernier, la possession de ce scandaleux privilège, source des plus honteux désordres et des plus vils dérèglements.

Le droit de bâtardise excita souvent aussi la convoitise des chanoines de l’Église de Toul ; toutefois, rien n’indique qu’ils aient pu en obtenir, même temporairement, l’abandon en leur faveur. De là, un sujet d’incessantes querelles avec les ducs de Lorraine, querelles presque toujours suivies d’hostilités qui désolaient le pays et ruinaient les malheureux paysans réduits à supporter les tristes conséquences de ces déplorables conflits.

En 1421, sous l’épiscopat de Henry de Ville, soixante-sixième évêque, quelques-uns de ces enfants naturels s’étaient réfugiés dans la ville de Toul « comme dans un lieu protecteur, pour se soustraire à une sorte de servitude et à une note publique d’infamie ».

Le duc Charles II, qui venait de guerroyer avec les Messins, auxquels non content d’avoir saccagé leur pays, il avait encore enlevé le corps de saint Sigisbert déposé dans l’abbaye de Saint-Martin, somma les magistrats toulois de remettre ces enfants entre ses mains. Les Bourgeois, dont les habitudes hospitalières n’ont pas dégénéré, refusèrent de les lui livrer. Irrité de ce qu’il considérait comme un affront, Charles leur déclara la guerre.

Les dispositions menaçantes du prince n’intimidèrent point les Toulois, qui se préparèrent à une vigoureuse défense. Le salut de la cité excita dans leurs cœurs un vif enthousiasme ; tous s’animèrent réciproquement au combat, et rien ne fut négligé pour mettre promptement leurs remparts en état de pouvoir supporter un long siège. Ils interdirent également toute communication des sujets du duc de Lorraine avec leur ville, et appelèrent à leur aide le Damoiseau de Commercy.

Plusieurs seigneurs puissants prirent aussi parti pour eux. Ainsi secondés, les Toulois remportèrent d’abord quelques avantages sur les troupes lorraines : ils s’emparèrent du bourg de Gondreville, qui dépendait du duché, brûlèrent le faubourg de Nancy, et ruinèrent de fond en comble celui de Saint-Epvre, qui était, avec son abbaye, sous la protection immédiate et spéciale du duc.

Le comte de Vaudémont étant accouru au secours du duc son frère, se mit en devoir de cerner la ville avec ses troupes. Le duc de Lorraine fit occuper par les siennes le mont Saint-Michel et y éleva des retranchements.

Les Lorrains reprirent alors l’offensive, et firent subir aux Toulois de terribles représailles : ils ravagèrent toutes leurs métairies et maisons de campagne, fauchèrent les moissons, coupèrent les arbres, arrachèrent les vignes, et brûlèrent les moulins ainsi que tous les châteaux de leurs alliés ; ce ne furent, pendant près d’une année, que pillages et incendies dans toute la contrée.

Tandis que s’accomplissaient ces scènes de dévastations, le duc de Lorraine, au moyen de ses bombardes et serpentins placés sur le mont Saint-Michel, ne cessait de cribler la place d’une masse de projectiles qui, en pénétrant jusqu’au coeur de la ville, y causaient des dégâts considérables.

Enfin, après plusieurs semaines d’un siège meurtrier, les Bourgeois de Toul, écrasés par le feu de l’artillerie et la disette des vivres commençant à se faire sentir, demandèrent à capituler. Ils ouvrirent leurs portes au duc de Lorraine et conclurent avec lui une capitulation.

Cette convention, à laquelle on a donné le nom de Traité des fils de prêtres, eut pour effet de ramener dans la cité Touloise, le calme et la paix si souvent troublés sous l’épiscopat de Henri de Ville, et mit fin, au moins pour quelque temps, aux querelles des ducs de Lorraine avec les Bourgeois de cette ville, gardiens vigilants de leurs prérogatives et de leurs franchises municipales.

Les droits du seigneur de Girecourt-sur-Durbion (88)

 

D’après « Le département des Vosges » d’Henri Lepage et Charles Charton – Année 1845

Girecourt doit être ancien, à en juger par le château qui y existe encore aujourd’hui, et dont les vieillards se rappellent avoir vu les murs et les tours de défense. S’il faut en croire la tradition, ce château eut à soutenir un siège contre les Suédois, et l’on a trouvé, dans les carrières qui l’avoisinent, plusieurs restes de squelettes humains rangés les uns près des autres.

La seigneurie de Girecourt, de laquelle dépendaient 24 villages, appartint anciennement à la maison d’Haraucourt, puis à celle de Lenoncourt. Elle passa, en 1705, à M. le comte Humbert de Bourcier, en faveur duquel Léopold érigea cette terre en baronnie, le 10 décembre 1722.

Son propriétaire était en outre, seigneur du faubourg de Bruyères et avait droit, en cette qualité, à toutes les langues de bœufs, veaux et moutons tués dans la ville.

Il jouissait aussi des droits de chasse et de pêche dans tout le cours de la Vologne, et l’on prétend que le comte Humbert tira de cette rivière une assez grande quantité de perles pour en faire un collier qu’il offrit à la duchesse douairière de Lorraine.

La foire de la loue

Blason Rambervillers 

D’après « Itinéraire général de la France : Vosges et Ardennes » – Année 1868

Parmi les foires de Rambervillers, nous mentionnerons tout spécialement celle qui a lieu le 26 décembre de chaque année, sous le nom de foire de la loue. Elle est exclusivement consacrée à l’engagement des domestiques des deux sexes, surtout pour les exploitations rurales.

Cette foire aux domestiques, reste des traditions de servage d’un autre temps, remonte à une époque fort reculée et existe non-seulement à Rambervillers, mais dans plusieurs autres localités des Vosges et de l’Alsace.

Le jour de la foire, tous les serviteurs ruraux, garçons et filles de ferme, bergers, etc., qui n’ont pas d’engagement, se réunissent sur la place du Marché pour offrir leurs services aux cultivateurs. Ceux-ci les passent en revue, les examinent, les interrogent. On débat le taux des gages et l’on conclut le traité.

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