La fontaine saint Dagobert à Mouzay (55)

 

 

 

La fontaine saint Dagobert à Mouzay (55) dans La Lorraine pittoresque Localisation-fontaine-saint-Dagobert-150x77Petite promenade en forêt de Woëvre, à quelques kilomètres des ruines de la forteresse de Dun-sur-Meuse, du château de Louppy-sur-Loison et des châteaux de Mouzay.

Il s’agit de la fontaine Arphays ou fontaine Dagobert, là où Dagobert II a été assassiné en 679.

 

D’après un article paru dans les « Mémoires de Société des naturalistes et archéologues du nord de la Meuse »
Année 1909

 

A la mort de Clovis Ier, ses quatre fils se partagent le royaume des Francs. L’ainé, Thierry, fut roi d’Austrasie. Il fit, parait-il, ainsi que ses successeurs, plusieurs séjours à Stenay, où il bâtit une chapelle dédiée à saint Rémy.

A la mort de Theodebald (553), petit-fils de Thierry, le royaume d’Austrasie revint, en vertu de la loi salique, à Clotaire Ier, roi de Neustrie, qui réunit sous sa domination le royaume de Clovis.

Clotaire mourait en 561, et ses fils se partageaient son royaume : Sigebert (561-575) eut l’Austrasie et Stenay. Il épouse Brunehaut et meurt assassiné devant Tournai, où il assiégeait son frère Chilpéric, le mari de Frénégonde.

Plus tard, les Austrasiens prennent pour roi Clotaire II, fils de Chilpéric et Frénégonde. En 622, Clotaire II donne l’Austrasie à son fils Dagobert Ier, avec, pour maires du palais, saint Arnulphe, évêque de Metz, et Pépin l’ancien.

Sigebert II succède à son père Dagobert. Pépin l’ancien, étant mort en 639, son fils Grimoald lui succédait dans les fonctions de maire du palais.

Quoique jeune encore, ainsi que sa femme Imnéchilde, le roi Sigebert commit l’imprudence de promettre à Grimoald d’adopter son fils. Peu après cette adoption, il eut un fils Dagobert II, qu’en mourant, il recommandait à Grimoald.

Sans tenir compte de la recommandation du feu roi, Grimoald fait couper les cheveux au jeune roi Dagobert, âgé de 2 ou 3 ans, et le fait conduire en Irlande ou en Ecosse. Puis il fait courir le bruit de la mort du jeune roi, et lui fait faire des funérailles publiques.

Profitant de la promesse d’adoption faite par le feu roi, Grimoald fait reconnaître son propre fils comme souverain.

Mécontents de voir un étranger à leur tête, un certain nombre de seigneurs austrasiens conspirent et s’emparent de Grimoald et de son fils, et donnent la royauté à Clovis II, à qui son fils Childéric II succédera au royaume d’Austrasie.

Pendant ce temps, Dagobert II, ignorant le secret de sa naissance, grandissait au-delà de mers. Wuilfrid, archevêque d’Yorck, lui ayant dévoilé ce secret, il revient en France en 670 ou 671, et envoie un exprès à sa mère Imnéchilde, qui obtient pour l’enfant retrouvé, une partie de l’Austrasie.

Le roi Childéric II, sa femme et son fils, ayant été assassinés en 673, Dagobert réunit sous son autorité à peu près toute l’Austrasie.

Fontaine-saint-Dagobert-141x150 dans La Lorraine pittoresqueIl était à Stenay, quand Ebroïn, maire du palais de Neustrie, soudoie des assassins pour lui donner la mort. Le 23 décembre 679, Dagobert était à la chasse dans la forêt de la Woëvre. Se sentant fatigué, il laisse le soin à son monde de poursuivre le cerf, et se repose auprès d’une fontaine. Il ne resta près de lui qu’un Frison, à qui Ebroïn a promis une forte récompense s’il assassine Dagobert.

Le roi s’assoupit. Profitant de son sommeil, le Frison lui enfonce un dard dans le front, au dessus de l’œil gauche. Ainsi périt Dagobert II, à l’âge de 23 ou 24 ans.

Son corps fut ramené à Stenay, où l’on le considérait comme un saint et un martyr, et il fut enterré dans la chapelle de son palais.

Près de deux siècles plus tard, en 872, on découvrit à Stenay, d’une façon particulière le tombeau de Dagobert. Par une fente qui s’était faite dans le dallage de la chapelle de Stenay, un enfant retira un carton qu’il porta à son maitre, un prête chargé de l’éducation de la jeunesse, lequel y lut : « Hic jacet corpus Dagoberti regis et martyris cujus anima in celesti trepudians exultat curia sanctis parata », « Ici repose le corps de Dagobert, roi et martyr, dont l’âme tressaillante (religieuse) triomphe dans l’assemblée céleste préparée aux saints ».

Le prêtre communique ce carton à Drago de Waltembourg, gouverneur de Stenay. Tous deux se rendent à Douzy, pour informer Charles le Chauve de cette découverte, et lui faire part de toutes les particularités qu’ils savaient de la vie du roi assassiné dans la forêt de Woëvre.

Charmé de les entendre, le roi Charles assemble plusieurs évêques avec lesquels il se rend à Stenay, où, après avoir vu le tombeau du défunt roi, il ordonne les informations relativement à la vie et aux mœurs de ce roi. Rome ne s’était pas encore arrogé le droit exclusif de faire les béatifications.

Les prélats, au nombre desquels étaient l’évêque de Verdun et l’archevêque de Reims, s’étant assuré de la piété et de la pureté des mœurs de Dagobert, arrêtèrent de la canoniser et fixèrent cette cérémonie au 10 septembre suivant.

Ce jour-là, ils se rendirent à Stenay et firent déposer, suivant l’ancien usage de l’église, le corps de Dagobert sur l’autel, et l’exposèrent à la vénération des fidèles de la région venus pour assister à la cérémonie. Ils déclarèrent que, par la piété et la sainteté de sa vie, il était au rang des bienheureux et méritait, dans l’église, un culte public comme celui rendu aux saints. Enfin, ils ordonnèrent que l’on célébrerait annuellement sa fête le 23 décembre, jour anniversaire de sa mort.

A Stenay, on préféra célébrer la saint Dagobert, le jour de sa canonisation, le 10 septembre. Ce jour-là, on portait les reliques du saint processionnellement dans les rues de la ville.

Sur l’avis de l’archevêque de Reims, Charles le Chauve fit bâtir à Stenay, une nouvelle église, dans laquelle fut déposé le corps de saint Dagobert. La châsse qui le renfermait, parait avoir subsisté jusqu’en 1646. Elle aurait été enlevée par les Calvinistes, commandés par le vicomte de Turenne, qui surprirent la ville et la citadelle de Stenay.

La dévotion à saint Dagobert fut grande jusqu’au XVIe siècle, où l’on voyait encore suspendus aux murs de l’église élevée en l’honneur du saint, des chaines, des crosses vermoulues laissées par ceux qui avaient recouvré la santé par l’intervention du saint.

Fontaine-saint-Dagobert-2-150x112Cette dévotion s’est étendue à l’endroit où Dagobert fut assassiné. Il fut construit auprès de la fontaine Scorze, une petite chapelle en forme d’oratoire, qui devint un lieu de pélerinage très fréquenté, et il fut bâti à côté une petite maison pour un ermite chargé d’entretenir la chapelle et de lever les offrandes. Au jour anniversaire de la fête du saint et à l’Ascension, l’ermite portait la croix en tête de la procession et il était invité à dîner chez le fermier du prieuré. Cette coutume dura jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Vers cette époque, des bandes de contrebandiers, passant fréquemment dans la forêt de Woëvre et s’arrêtant dans la chapelle et chez l’ermite, détruisirent les deux bâtiments.

 

 


Archive pour 4 mars, 2012

La fontaine saint Dagobert à Mouzay (55)

 

 

 

La fontaine saint Dagobert à Mouzay (55) dans La Lorraine pittoresque Localisation-fontaine-saint-Dagobert-150x77Petite promenade en forêt de Woëvre, à quelques kilomètres des ruines de la forteresse de Dun-sur-Meuse, du château de Louppy-sur-Loison et des châteaux de Mouzay.

Il s’agit de la fontaine Arphays ou fontaine Dagobert, là où Dagobert II a été assassiné en 679.

 

D’après un article paru dans les « Mémoires de Société des naturalistes et archéologues du nord de la Meuse »
Année 1909

 

A la mort de Clovis Ier, ses quatre fils se partagent le royaume des Francs. L’ainé, Thierry, fut roi d’Austrasie. Il fit, parait-il, ainsi que ses successeurs, plusieurs séjours à Stenay, où il bâtit une chapelle dédiée à saint Rémy.

A la mort de Theodebald (553), petit-fils de Thierry, le royaume d’Austrasie revint, en vertu de la loi salique, à Clotaire Ier, roi de Neustrie, qui réunit sous sa domination le royaume de Clovis.

Clotaire mourait en 561, et ses fils se partageaient son royaume : Sigebert (561-575) eut l’Austrasie et Stenay. Il épouse Brunehaut et meurt assassiné devant Tournai, où il assiégeait son frère Chilpéric, le mari de Frénégonde.

Plus tard, les Austrasiens prennent pour roi Clotaire II, fils de Chilpéric et Frénégonde. En 622, Clotaire II donne l’Austrasie à son fils Dagobert Ier, avec, pour maires du palais, saint Arnulphe, évêque de Metz, et Pépin l’ancien.

Sigebert II succède à son père Dagobert. Pépin l’ancien, étant mort en 639, son fils Grimoald lui succédait dans les fonctions de maire du palais.

Quoique jeune encore, ainsi que sa femme Imnéchilde, le roi Sigebert commit l’imprudence de promettre à Grimoald d’adopter son fils. Peu après cette adoption, il eut un fils Dagobert II, qu’en mourant, il recommandait à Grimoald.

Sans tenir compte de la recommandation du feu roi, Grimoald fait couper les cheveux au jeune roi Dagobert, âgé de 2 ou 3 ans, et le fait conduire en Irlande ou en Ecosse. Puis il fait courir le bruit de la mort du jeune roi, et lui fait faire des funérailles publiques.

Profitant de la promesse d’adoption faite par le feu roi, Grimoald fait reconnaître son propre fils comme souverain.

Mécontents de voir un étranger à leur tête, un certain nombre de seigneurs austrasiens conspirent et s’emparent de Grimoald et de son fils, et donnent la royauté à Clovis II, à qui son fils Childéric II succédera au royaume d’Austrasie.

Pendant ce temps, Dagobert II, ignorant le secret de sa naissance, grandissait au-delà de mers. Wuilfrid, archevêque d’Yorck, lui ayant dévoilé ce secret, il revient en France en 670 ou 671, et envoie un exprès à sa mère Imnéchilde, qui obtient pour l’enfant retrouvé, une partie de l’Austrasie.

Le roi Childéric II, sa femme et son fils, ayant été assassinés en 673, Dagobert réunit sous son autorité à peu près toute l’Austrasie.

Fontaine-saint-Dagobert-141x150 dans La Lorraine pittoresqueIl était à Stenay, quand Ebroïn, maire du palais de Neustrie, soudoie des assassins pour lui donner la mort. Le 23 décembre 679, Dagobert était à la chasse dans la forêt de la Woëvre. Se sentant fatigué, il laisse le soin à son monde de poursuivre le cerf, et se repose auprès d’une fontaine. Il ne resta près de lui qu’un Frison, à qui Ebroïn a promis une forte récompense s’il assassine Dagobert.

Le roi s’assoupit. Profitant de son sommeil, le Frison lui enfonce un dard dans le front, au dessus de l’œil gauche. Ainsi périt Dagobert II, à l’âge de 23 ou 24 ans.

Son corps fut ramené à Stenay, où l’on le considérait comme un saint et un martyr, et il fut enterré dans la chapelle de son palais.

Près de deux siècles plus tard, en 872, on découvrit à Stenay, d’une façon particulière le tombeau de Dagobert. Par une fente qui s’était faite dans le dallage de la chapelle de Stenay, un enfant retira un carton qu’il porta à son maitre, un prête chargé de l’éducation de la jeunesse, lequel y lut : « Hic jacet corpus Dagoberti regis et martyris cujus anima in celesti trepudians exultat curia sanctis parata », « Ici repose le corps de Dagobert, roi et martyr, dont l’âme tressaillante (religieuse) triomphe dans l’assemblée céleste préparée aux saints ».

Le prêtre communique ce carton à Drago de Waltembourg, gouverneur de Stenay. Tous deux se rendent à Douzy, pour informer Charles le Chauve de cette découverte, et lui faire part de toutes les particularités qu’ils savaient de la vie du roi assassiné dans la forêt de Woëvre.

Charmé de les entendre, le roi Charles assemble plusieurs évêques avec lesquels il se rend à Stenay, où, après avoir vu le tombeau du défunt roi, il ordonne les informations relativement à la vie et aux mœurs de ce roi. Rome ne s’était pas encore arrogé le droit exclusif de faire les béatifications.

Les prélats, au nombre desquels étaient l’évêque de Verdun et l’archevêque de Reims, s’étant assuré de la piété et de la pureté des mœurs de Dagobert, arrêtèrent de la canoniser et fixèrent cette cérémonie au 10 septembre suivant.

Ce jour-là, ils se rendirent à Stenay et firent déposer, suivant l’ancien usage de l’église, le corps de Dagobert sur l’autel, et l’exposèrent à la vénération des fidèles de la région venus pour assister à la cérémonie. Ils déclarèrent que, par la piété et la sainteté de sa vie, il était au rang des bienheureux et méritait, dans l’église, un culte public comme celui rendu aux saints. Enfin, ils ordonnèrent que l’on célébrerait annuellement sa fête le 23 décembre, jour anniversaire de sa mort.

A Stenay, on préféra célébrer la saint Dagobert, le jour de sa canonisation, le 10 septembre. Ce jour-là, on portait les reliques du saint processionnellement dans les rues de la ville.

Sur l’avis de l’archevêque de Reims, Charles le Chauve fit bâtir à Stenay, une nouvelle église, dans laquelle fut déposé le corps de saint Dagobert. La châsse qui le renfermait, parait avoir subsisté jusqu’en 1646. Elle aurait été enlevée par les Calvinistes, commandés par le vicomte de Turenne, qui surprirent la ville et la citadelle de Stenay.

La dévotion à saint Dagobert fut grande jusqu’au XVIe siècle, où l’on voyait encore suspendus aux murs de l’église élevée en l’honneur du saint, des chaines, des crosses vermoulues laissées par ceux qui avaient recouvré la santé par l’intervention du saint.

Fontaine-saint-Dagobert-2-150x112Cette dévotion s’est étendue à l’endroit où Dagobert fut assassiné. Il fut construit auprès de la fontaine Scorze, une petite chapelle en forme d’oratoire, qui devint un lieu de pélerinage très fréquenté, et il fut bâti à côté une petite maison pour un ermite chargé d’entretenir la chapelle et de lever les offrandes. Au jour anniversaire de la fête du saint et à l’Ascension, l’ermite portait la croix en tête de la procession et il était invité à dîner chez le fermier du prieuré. Cette coutume dura jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Vers cette époque, des bandes de contrebandiers, passant fréquemment dans la forêt de Woëvre et s’arrêtant dans la chapelle et chez l’ermite, détruisirent les deux bâtiments.

 

 

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