Le carnaval à Metz aux XVe et XVIe siècles

 

 Le carnaval à Metz aux XVe et XVIe siècles dans La Moselle d'Antan Folies-du-Carnaval-150x117

D’après « Le Pays Lorrain » – 1909

 

Nos ancêtres ne manquaient pas d’originalité dans l’organisation des réjouissances carnavalesques. Voici quelques notes tirées de nos anciennes chroniques, au sujet du carnaval :

En 1468 :

Le dimanche-gras, joute au Champ-à-Seille (actuellement le quartier Coislin) par les jeunes seigneurs messins. Ce fut Collignon Remiat qui remporta le premier prix.

En 1475 :

Le lundi-gras, il y eut une grande fête sur la même place, mais la fin en fut troublée par un accident. En joutant, l’un des seigneurs fut grièvement blessé et resta alité pendant cinq semaines.

En 1497 :

Pendant le carnaval, le temps était si beau que les gens tout heureux se déguisèrent en grand nombre pour courir à travers la ville ; seigneurs et nobles dames, bourgeois et bourgeoises, gens d’église et autres, chacun selon ses moyens.

Quelques bonnes farces étaient de règle. On raconte que les seigneurs s’amusèrent à faire un géant dont le corps était en osier. Vêtu d’un riche habit, ce géant sortit de la maison de l’échevin Gournaix, qui demeurait au Neuf-bourg. Il mesurait 15 pieds de hauteur et avait une énorm tête. Un homme de forte taille promena dans toute la ville ce mannequin qui portait de gros anneaux aux oreilles et un bâton à la main.

Le mardi-gras, ce fut le tour d’une géante. Les réjouissances se terminèrent par une originale cérémonie de mariage entre ces deux personnages.

En 1501 :

Pendant les « jours gras » se firent plusieurs « momeries et joieusetés », en la cité de Metz. Le lundi-gras, joute en Change (place Saint-Louis), au cours de laquelle il y eut plusieurs blessés. A l’issue de cette joute, on alla festoyer avec les dames en la Neuve-Salle où le souper était préparé. La soirée se termina par un bal dans ce même local était tendu de riche tapisserie. La Neuve-Salle était située entre les placés Saint-Louis et du Quarteau.

En 1510 :

Parmi les réjouissances de cette année-là, il faut noter l’organisation d’un cortège à travers la ville. Il y eut un magnifique char construit en forme de voûte, au milieu de laquelle on voyait un grand coeur blanc et noir aux armes de la cité de Metz. A chaque angle, était élevée une tourelle aux couleurs blanches et noires.

Dans l’intérieur du char avaient pris place des personnages richement costumés dont l’un figurait la cité. Tous les corps de métier étaient représentés par un artisan à cheval, tenant en main ses principaux outils, faits en bois et peints en or et argent. Le cortège était précédé par des trompettes, des clairons et des tambourins « et ce fut chose bien joieuse, bien triomphante, car il faisoit moult biault oyr ces personnaiges ».

En 1511 :

Cette année, on fêta le carnaval de façon plus grandiose encore que d’habitude. Un cortège fut organisé par le bourgeois et chroniqueur Philippe de Vigneulles. Il arrangea un char couvert et richement orné, dans lequel il plaça de jeunes enfants bien costumés au nombre desquels se trouvaient son fils et sa fille.

Dans son parcours à travers la ville, il s’arrêta à chaque place, les enfants descendaient pour jouer quelques farces et réciter des tirades composées par ledit Philippe de Vigneulles.

Chacun, cette année, rivalisa de zèle et d’entrain pour réjouir le peuple. Seigneurs, bourgeois, chanoines et autres se déguisèrent en divers personnages, tels que David, Moïse, Elie, Salomon, Hérode, etc., etc.

Le dimanche dit « les Brandons », les Messins virent de nouveau défiler une riche cavalcade. En tête, marchaient les neuf preux : trois juifs, Josué, David et Judas Maccabée ; trois païens, Hector, Jules César et Alexandre-le-Grand, et trois chrétiens, Charlemagne, Artus, et Godefroy de Bouillon. Ces neuf personnages étaient « moult » richement et « maignifiquement accoustrés ». Ils étaient montés sur des chevaux déguisés en licorne, dromadaire, chameau, gros mouton, etc.

Venaient ensuite trois chars magnifiquement garnis sur lesquels se trouvaient des personnages représentant en tableaux vivants des scènes de la Bible.

Le cortège se terminait par un autre char rempli de buveurs, figurant le « Paradis des ivrognes ».

En 1521 :

Cette année, Philippe de Vigneulles et les marchands de Metz organisèrent un nouveau cortège. Chaque corps de marchands avait son char occupé par les dames déguisées. Les hommes, montés à cheval ou à mulet, les suivaient habillés en princes. Avec eux se trouvait le seigneur Chaverson, maître-échevin de Metz, qui avait fait préparer un banquet dans son hôtel, où il régala toute la compagnie.

 

 


Archive pour 18 février, 2012

Le carnaval à Metz aux XVe et XVIe siècles

 

 Le carnaval à Metz aux XVe et XVIe siècles dans La Moselle d'Antan Folies-du-Carnaval-150x117

D’après « Le Pays Lorrain » – 1909

 

Nos ancêtres ne manquaient pas d’originalité dans l’organisation des réjouissances carnavalesques. Voici quelques notes tirées de nos anciennes chroniques, au sujet du carnaval :

En 1468 :

Le dimanche-gras, joute au Champ-à-Seille (actuellement le quartier Coislin) par les jeunes seigneurs messins. Ce fut Collignon Remiat qui remporta le premier prix.

En 1475 :

Le lundi-gras, il y eut une grande fête sur la même place, mais la fin en fut troublée par un accident. En joutant, l’un des seigneurs fut grièvement blessé et resta alité pendant cinq semaines.

En 1497 :

Pendant le carnaval, le temps était si beau que les gens tout heureux se déguisèrent en grand nombre pour courir à travers la ville ; seigneurs et nobles dames, bourgeois et bourgeoises, gens d’église et autres, chacun selon ses moyens.

Quelques bonnes farces étaient de règle. On raconte que les seigneurs s’amusèrent à faire un géant dont le corps était en osier. Vêtu d’un riche habit, ce géant sortit de la maison de l’échevin Gournaix, qui demeurait au Neuf-bourg. Il mesurait 15 pieds de hauteur et avait une énorm tête. Un homme de forte taille promena dans toute la ville ce mannequin qui portait de gros anneaux aux oreilles et un bâton à la main.

Le mardi-gras, ce fut le tour d’une géante. Les réjouissances se terminèrent par une originale cérémonie de mariage entre ces deux personnages.

En 1501 :

Pendant les « jours gras » se firent plusieurs « momeries et joieusetés », en la cité de Metz. Le lundi-gras, joute en Change (place Saint-Louis), au cours de laquelle il y eut plusieurs blessés. A l’issue de cette joute, on alla festoyer avec les dames en la Neuve-Salle où le souper était préparé. La soirée se termina par un bal dans ce même local était tendu de riche tapisserie. La Neuve-Salle était située entre les placés Saint-Louis et du Quarteau.

En 1510 :

Parmi les réjouissances de cette année-là, il faut noter l’organisation d’un cortège à travers la ville. Il y eut un magnifique char construit en forme de voûte, au milieu de laquelle on voyait un grand coeur blanc et noir aux armes de la cité de Metz. A chaque angle, était élevée une tourelle aux couleurs blanches et noires.

Dans l’intérieur du char avaient pris place des personnages richement costumés dont l’un figurait la cité. Tous les corps de métier étaient représentés par un artisan à cheval, tenant en main ses principaux outils, faits en bois et peints en or et argent. Le cortège était précédé par des trompettes, des clairons et des tambourins « et ce fut chose bien joieuse, bien triomphante, car il faisoit moult biault oyr ces personnaiges ».

En 1511 :

Cette année, on fêta le carnaval de façon plus grandiose encore que d’habitude. Un cortège fut organisé par le bourgeois et chroniqueur Philippe de Vigneulles. Il arrangea un char couvert et richement orné, dans lequel il plaça de jeunes enfants bien costumés au nombre desquels se trouvaient son fils et sa fille.

Dans son parcours à travers la ville, il s’arrêta à chaque place, les enfants descendaient pour jouer quelques farces et réciter des tirades composées par ledit Philippe de Vigneulles.

Chacun, cette année, rivalisa de zèle et d’entrain pour réjouir le peuple. Seigneurs, bourgeois, chanoines et autres se déguisèrent en divers personnages, tels que David, Moïse, Elie, Salomon, Hérode, etc., etc.

Le dimanche dit « les Brandons », les Messins virent de nouveau défiler une riche cavalcade. En tête, marchaient les neuf preux : trois juifs, Josué, David et Judas Maccabée ; trois païens, Hector, Jules César et Alexandre-le-Grand, et trois chrétiens, Charlemagne, Artus, et Godefroy de Bouillon. Ces neuf personnages étaient « moult » richement et « maignifiquement accoustrés ». Ils étaient montés sur des chevaux déguisés en licorne, dromadaire, chameau, gros mouton, etc.

Venaient ensuite trois chars magnifiquement garnis sur lesquels se trouvaient des personnages représentant en tableaux vivants des scènes de la Bible.

Le cortège se terminait par un autre char rempli de buveurs, figurant le « Paradis des ivrognes ».

En 1521 :

Cette année, Philippe de Vigneulles et les marchands de Metz organisèrent un nouveau cortège. Chaque corps de marchands avait son char occupé par les dames déguisées. Les hommes, montés à cheval ou à mulet, les suivaient habillés en princes. Avec eux se trouvait le seigneur Chaverson, maître-échevin de Metz, qui avait fait préparer un banquet dans son hôtel, où il régala toute la compagnie.

 

 

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