Les ruines du château de Fontenoy-le-Château (88)

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En 1978, l’association « Les amis du vieux Fontenoy » était créée pour sauvegarder les ruines du château. Aujourd’hui, grâce aux bénévoles, les murailles ont été consolidées, mais malgré leur bonne volonté, le donjon est en péril.

L’association lance un appel au secours. Si vous voulez participer à la sauvegarde de l’édifice, rendez-vous ici.

Pour l’instant, je vous propose une petite description du château faite à la fin du XIXe siècle.

 

D’après les « Annales de la Société d’émulation du département des Vosges » – Année 1894

Accroché au flanc d’un coteau à pic qui domine toute la ville, solidement campé sur des terrasses en retrait, griffes gigantesques par lesquelles il se cramponnait fièrement sur ses murailles séculaires, le vieux castel était un vrai nid d’aigles.

Au pied des remparts, la jonction du ruisseau Châtelain et du Côney. Au-dessus, le donjon carré haut de 25 à 30 mètres, et pouvant défier tous les assauts. A droite, sur le même plan, une tour ronde aux murailles épaisses montant la garde en face de l’avenue. A gauche, en contre-bas, une autre tour ronde, non moins solide, protégeant la poterne. C’était une demeure digne des fiers barons de Neufchâtel.

La grande avenue, ou la Grand’Voie, aboutissait dans le verger, au sud du château. Ce verger occupait une grande partie du coteau qui se dirige sur les Molières. Sans doute que la maison encore appelée la Loge en occupait l’extrémité, servant ainsi de lieu de repos et de rafraichîssement dans la promenade des châtelains. On voit en effet sur le plan dressé au XVIIIe siècle, toute cette partie sud désignée du nom de Curtille des seigneurs.

De ce côté, les fossés et le pont-levis. Puis s’ouvrait la porte d’entrée et les principales ouvertures du donjon. Les autres faces n’étaient percées que de fenêtres très étroites et de machicoulis servant à faire pleuvoir sur les assaillants toutes sortes de projectiles.

L’Atrium ou cour intérieur du château commençait probablement entre le donjon et la tour de l’ouest pour se continuer sur le verger et la principale avenue ou la Grand’voie venait y aboutir. D’ailleurs, la situation de l’ancien faubourg de l’Aître (Atrium), au milieu duquel cette avenue venait déboucher dans Fontenoy, ne fait que confirmer cette hypothèse. Quant à la place d’armes, elle devait avoir son emplacement sur le cimetière actuel, que l’on désigne encore sous le nom de la Mothe.

Au bas du verger, le ruisseau Châtelain formait un étang actuellement converti en une prairie que l’on désigne encore sous le nom de l’Etang Châtelain.

On voyait à la fin du siècle dernier deux tours, l’une ronde, l’autre carrée, dont il ne reste que des débris. Elles étaient assez peu endommagées. On les a démolies, pour en tirer des pierres à bâtir, quoiqu’on eût de belles carrières sur les lieux.

Des vieillards racontaient, il y a quarante ans, que la tour carrée était deux fois plus élevée qu’elle ne l’est maintenant. On montait jusqu’à la plate-forme qui existe encore en partie. De là, quatre murs sans toits allaient à une grande hauteur. Cet espace était, disaient-ils, en temps de guerre, le magasin de meubles des habitants.

La tour ronde, ajoutaient-ils, avait à sa base, une belle salle. Au premier, une chambre moins vaste, mais fort soignée. Enfin au-dessus, un escalier extérieur se terminant à la partie supérieure de l’édifice. Dans cette tour ronde, s’ouvrait un souterrain allant jusqu’aux Molières.

Des constructions nouvelles furent entreprises et des améliorations importantes faites aux fortifications et au château sous l’administration de Diane de Dommartin. En 1587, il est payé aux habitants de Fontenoy, la somme de mille francs pour la réparation d’une des grosses tours de la ville. En 1593, ce sont d’autres réparations faites à la Porte de la Tour de Ronde et à celle de l’Aître.

Dans les années qui suivirent l’incendie de la ville en 1635, il fallut à l’héroïque population de Fontenoy, pourtant décimée par la guerre et la peste, sans gîte et sans ressources, bien de l’énergie pour se mettre à l’œuvre et réparer tant des désastres. Les maisons furent en partie relevées à la hâte, pauvres, dénudées, sans élégance et sans architecture, chacun parant au plus pressé et cherchant d’abord un abri.

Fontenoy sortit de ses ruines, mais son château n’eut pas le même sort.

Ses seigneurs avaient d’autres palais, celui-ci fut abandonné définitivement. Du reste, après la guerre de Trente Ans, depuis que Richelieu et Louis XIV avaient appesanti sur la noblesse leur main de fer, la féodalité avait cessé d’exister. D’autocrates qu’ils avaient été, les grands seigneurs n’étaient plus guère que de riches propriétaires tirant des revenus considérables de leurs domaines et des dîmes qu’ils percevaient. De là, l’inutilité d’entretenir et surtout de reconstruire des châteaux qui ne devaient jamais plus les protéger. C’était donc une ruine complète, imminente réservée à chacun d’eux : c’est qui arriva pour celui de Fontenoy.

Des deux tours rondes signalées plus haut, il ne reste pas pierre sur pierre. La Tour de Ronde située sous le donjon, n’existait déjà plus au milieu du siècle dernier, tandis que l’autre, appelée Tour de l’Aître, avait été assez bien conservée jusqu’au commencement de ce siècle. En 1892, on voyait encore à l’intérieur de cette tour, une chambre ou plutôt une prison voûtée dans laquelle se trouvaient trois ouvertures. L’une donnait sur le caveau qui va aux Molières, une autre semblait être la porte d’entrée, et enfin la troisième regardait le donjon et paraissait y conduire par un escalier dont on voyait les vestiges.

La plate-forme du donjon ou de la Tour Carrée est à 9 mètres au-dessus du sol. Avant 1875, on avait à sa droite, un grand mur à meurtrières et à fenêtre déformée, sillonée de crevasses, d’une hauteur de 11,05 m au-dessus de la plate-forme, et donnant à ces ruines l’apparence d’une immense siège à dossier. Le revêtement extérieur, qui a été enlevé à plus d’un endroit, laisse voir des massifs de maçonnerie formée de pierres disposées en couches alternativement inclinées à droite et à gauche. Enfin on aperçoit encore actuellement dissimulées dans les buissons et sous le lierre, les ouvertures de trois caveaux se dirigeant sous la terrasse de la tour.

Ces tours dignes de tout intérêt appartenaient encore en 1870 à la famille Daubié de Fontenoy. Mais l’entretien des ruines occasionnant des dépenses, dont la répartition offrait d’autant plus de difficultés que les membres de la famille étaient plus nombreux, on résolut de s’en défaire. Ce fut M. Chavanes, propriétaire de la manufacture de Bains, qui en devint l’acquéreur.

Or, un beau jour de l’année 1875, vers 6 heures du matin, une sorte de craquement formidable se fait entendre, une nuée de poussière couvre toute la ville : c’est une partie du donjon qui vient de s’écrouler. L’éboulement qui couvrait de ses débris les jardins environnants demandait un prompt déblaiement. Mais il restait l’autre moitié du pan de mur. Par peur de nouvel accident, on voulut la faire sauter par la mine. On avait compté sans la solidité de la maçonnerie ancienne.

On employa d’abord, mais en vain, une mine de un kilogramme de poudre. Il fallut augmenter, et la muraille ne s’effondra, dit-on, qu’au huitième kilogramme de poudre. Les plus belles pierres furent utilisées déjà au siècle dernier. Et au commencement de ce siècle, une quantité considérable des matériaux tirés de ces ruines avait servi à construire plusieurs maisons de Fontenoy et la tour de l’église.

Profitant du moment où il était obligé d’employer une équipe d’ouvriers à opérer le déblaiement, M. Chavanes voulut faire quelques fouilles surtout dans les caveaux. Ses recherches restèrent infructueuses, les voûtes s’affaissant aussitôt l’entrée de l’air et de la lumière. Les caveaux placés sous la terrasse paraissent avoir mis en communication avec le donjon, différents points de la ville. Peut-être l’un d’eux aboutissait-il à l’intérieur de l’église.

L’année 1893 nous laissera ce regret d’avoir vu disparaître, sous le marteau démolisseur, une partie de ces ruines antiques, qui font la gloire et l’ornement de Fontenoy.

 


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