La peine du tourniquet

 

 

Cette coutume, puisque présentée comme telle, n’est pas festive pour tout le monde. Il s’agit plutôt d’une punition en vigueur au XVIIIe siècle dans une partie de la Lorraine. Je vous propose de la découvrir.

Sarre-Union, ville née de la réunion de Bouquenom et de Sarrewerden en 1793, aujourd’hui dans le département du Bas-Rhin, appartenait à la Lorraine à l’époque des faits relatés.

 

D’après un article paru dans le « Journal de la Société d’archéologie et du Comité du Musée lorrain »
Année 1876

C’était, dans la Lorraine allemande, une coutume locale d’attacher « au tillot » planté sur la place les enfants surpris en maraude. Dans beaucoup de villages, le tilleul est toujours là, quoique la peine ait été abolie et que le maraudage existe comme auparavant.

Dans quelques petites villes, une vaste machine tournante, dite le tourniquet, remplaçait le tilleul villageois. La peine était plus pénible, mais elle durait moins de temps.

Les archives de police de la prévôté de Bouquenom contiennent la mention d’un jeune enfant, petit valet d’un laboureur, condamné à subir ce châtiment pour vol de fruits.

Au mois d’août 1743, il fut conduit de la prison où le propriétaire du jardin l’avait trainé devant les officiers municipaux de la ville, assemblés le même jour pour juger cette affaire. Le procureur syndic, après avoir entendu le plaignant, conclut à une demi-heure de punition dans le tourniquet placé devant l’Hôtel-de-Ville. Le maitre de l’enfant devait, en outre, supporter les dépenses et payer 7 francs de dommages-intérêts. La chambre de police fut indulgente, elle supprima les dommages-intérêts et n’infligea qu’un quart d’heure de tourniquet.

Voici le jugement :

« Nous Conseillers de l’Hôtel-de-Ville de Bouquenom, vu le rapport d’autre part et les réquisitions du substitut syndic, ayant aucunement égard auxdites réquisitions, avons condamné ledit Mathis Kiener à être renfermé dans le tourniquet posé au devant de cet Hôtel-de-Ville, à y être tourné pendant un quart d’heure, et condamné ledit Schapft, comme responsable de son domestique, aux dépens.
Fait et jugé à Bouquenom ledit jour dix-neuf août 1743. Suivent les signatures ».

La peine était assez forte, car le pauvre petit condamné était exposé à être le souffre-douleur de tous les polissons de l’endroit, enchantés de faire aller la manivelle de la lourde machine et de voir un supplice, qui était heureusement très rare, car il n’est cité qu’une fois dans une période de dix-huit années.


Archive pour 11 juillet, 2011

La peine du tourniquet

 

 

Cette coutume, puisque présentée comme telle, n’est pas festive pour tout le monde. Il s’agit plutôt d’une punition en vigueur au XVIIIe siècle dans une partie de la Lorraine. Je vous propose de la découvrir.

Sarre-Union, ville née de la réunion de Bouquenom et de Sarrewerden en 1793, aujourd’hui dans le département du Bas-Rhin, appartenait à la Lorraine à l’époque des faits relatés.

 

D’après un article paru dans le « Journal de la Société d’archéologie et du Comité du Musée lorrain »
Année 1876

C’était, dans la Lorraine allemande, une coutume locale d’attacher « au tillot » planté sur la place les enfants surpris en maraude. Dans beaucoup de villages, le tilleul est toujours là, quoique la peine ait été abolie et que le maraudage existe comme auparavant.

Dans quelques petites villes, une vaste machine tournante, dite le tourniquet, remplaçait le tilleul villageois. La peine était plus pénible, mais elle durait moins de temps.

Les archives de police de la prévôté de Bouquenom contiennent la mention d’un jeune enfant, petit valet d’un laboureur, condamné à subir ce châtiment pour vol de fruits.

Au mois d’août 1743, il fut conduit de la prison où le propriétaire du jardin l’avait trainé devant les officiers municipaux de la ville, assemblés le même jour pour juger cette affaire. Le procureur syndic, après avoir entendu le plaignant, conclut à une demi-heure de punition dans le tourniquet placé devant l’Hôtel-de-Ville. Le maitre de l’enfant devait, en outre, supporter les dépenses et payer 7 francs de dommages-intérêts. La chambre de police fut indulgente, elle supprima les dommages-intérêts et n’infligea qu’un quart d’heure de tourniquet.

Voici le jugement :

« Nous Conseillers de l’Hôtel-de-Ville de Bouquenom, vu le rapport d’autre part et les réquisitions du substitut syndic, ayant aucunement égard auxdites réquisitions, avons condamné ledit Mathis Kiener à être renfermé dans le tourniquet posé au devant de cet Hôtel-de-Ville, à y être tourné pendant un quart d’heure, et condamné ledit Schapft, comme responsable de son domestique, aux dépens.
Fait et jugé à Bouquenom ledit jour dix-neuf août 1743. Suivent les signatures ».

La peine était assez forte, car le pauvre petit condamné était exposé à être le souffre-douleur de tous les polissons de l’endroit, enchantés de faire aller la manivelle de la lourde machine et de voir un supplice, qui était heureusement très rare, car il n’est cité qu’une fois dans une période de dix-huit années.

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