L’aqueduc de Gorze (57)

Aqueduc à Ars-sur-MoselleAqueduc à Jouy-aux-Arches

 

Classé monument historique depuis le milieu du XIXe siècle, l’aqueduc de Gorze alimentait en eau la ville de Metz à l’époque romaine.

Les photos sont extraites du site Structurae, et publiées avec l’aimable autorisation du photographe, fervent défenseur du patrimoine lorrain.

Pour plus d’informations sur le captage, le bassin de sortie de Bonne Fontaine et l’ouvrage d’art, rendez-vous ici.

 

D’après la monographie « Histoire de la ville et du Pays de Gorze » – Jean-Baptiste Nimsgern – 1853

 

Les annales de Metz attribuent à Drusus, père de Germanicus, les arches de Jouy qui y joignaient les deux coteaux entre lesquels coule la Moselle, et supportaient un aqueduc de 12,373 toises de long sur 6 pieds de haut et 3 de large, depuis le moulin de Gorze jusqu’aux vignes de Montigny, versant à Metz, par minute, un volume d’eau de 875 pieds carrés, qui alimentaient la naumachie et les bains publics.

Le pont de Jouy avait 560 toises de long qui étaient portées par 129 arches, 22 seulement sont encore debout. Ce qu’il y a de certain, c’est que la naumachie recevait les eaux de Gorze, et que sa construction, de même que celle de l’aqueduc, ne doit pas être bien éloignée de l’époque, où ont été bâtis les autres monuments de la contrée sous le règne d’Auguste.

 

On a remarqué que les sources les plus abondantes qui alimentaient l’aqueduc, se trouvaient au-dessus de Gorze, dans l’endroit dit les Bouillons.

Le canal souterrain formé pour conduire ces eaux avait communément à l’intérieur 6 pieds de hauteur sur 3 de largeur. Le massif sur lequel il était établi, était en moellons bruts posés à bain de mortier. L’épaisseur de ce massif était proportionné à la solidité du terrain. Dans les endroits où le fond était bon, il n’avait guère qu’un pied.

Ce canal est conservé en son entier depuis le moulin de Gorze jusqu’au moulin à tan, situé à l’autre extrémité de la ville. Au sortir des tanneries de Gorze, où il est conservé à la hauteur de trois pieds, il prend sa direction du côté de par fond de val, où les belles sources qu’il y a en cet endroit se jetaient dans cet aqueduc. Il revient ensuite comme sur lui-même pour suivre le vallon de Gorze jusqu’à Novéant, où il passe à 25 ou 30 toises au-dessus du château.

Il continue toujours à mi-côte vers Dornot, passe auprès de la fontaine de Belle-Rue, mais dans le voisinage de Dornot, il est très mal conservé. Les murs avaient tellement perdu leur aplomb, qu’ils se joignaient par le pied et formaient au fond un angle très obtus. Cette position indique quelque tremblement de terre, ou quelques ébranlements considérables arrivés dans ce canton.

Après avoir traversé le han de Dornot, l’aqueduc va passer au-dessus d’Ancy. On en voit encore des vestiges dans quelques endroits du hameau de Rougueville. Il va tourner dans une gorge au-dessus d’une maison de campagne nommée la Joyeuse. On remarque que le ciment n’est pas aussi fin ni aussi poli dans cette contrée qu’à Gorze. On présume qu’ils furent lassés de la longueur du travail à mesure qu’ils avançaient.

En suivant l’aqueduc depuis le moulin de Gorze jusqu’aux arches, il y a 6 286 toises, distance sur laquelle on n’a trouvé que 29 pieds 5 pouces 11 lignes de pente, ce qui fait deux tiers de ligne par toise.

Les arches qui sont du côté d’Ars sont plus dégradées que celles que l’on voit à l’autre côté de la rivière, dans le village de Jouy, à quelque distance d’un réservoir qui était à l’extrémité des arches.

On trouve d’abord deux arches en mauvais état, puis un tronçon de pile à ras de terre. Cinq arches des plus dégradées, quatre autres tronçons aussi à ras de terre, une pile conservée dans toute sa hauteur, une pile qui a été renversée et un tronçon de pile sur laquelle est une croix.

La partie de Jouy consiste en dix-sept arches assez bien conservées. Ce pont joignait deux montagnes séparées de 560 toises, et avait 12 pieds 10 pouces 7 lignes de pente, ce qui donnait un peu plus de 3 lignes de pente par toise. Le dessus avait 10 pieds 10 pouces de large, et était divisé par un mur de briques triangulaires de 18 pouces d’épaisseur, ce qui formait un double canal, apparemment pour pouvoir laisser couler les eaux dans l’un, tandis que l’on faisait des réparations dans l’autre.

On présume que les moellons des arches ont été tirés des carrières des friches de Geai (près le mont d’Ancy), et les pierres de taille, de Norroy devant Pont-à-Mousson. La hauteur prodigieuse qu’elles auraient dû avoir, s’il n’y avait eu qu’un seul rang d’arches, et le peu d’espace qu’elles auraient laissé au passage des eaux, si elles avaient été dans la même proportion que celles qui restent au bas de Jouy, porte à croire qu’il y en avait dans cette partie au moins deux rangs, posés les uns sur les autres.

A l’extrémité du pont, du côté de Jouy, on a découvert un second bassin différent de celui qui était à l’autre extrémité des arches. Celui-ci est circulaire, et forme une espèce de puits dont le diamètre est de 12 pieds et demi.

Le canal passe ensuite le long du bois d’Augny, traverse le chemin d’Augny à Olry. De là, il va passer à 80 toises de la ferme de Saint-Ladre, puis devant l’église de Saint-Privas, et suit assez exactement le chemin qui conduit à Metz.

On en a encore découvert en deux endroits des portions éloignées de 10 toises l’une de l’autre, mais il n’a pas été possible d’en découvrir plus près de la ville. Cela ne paraît pas étonnant, si l’on considère qu’il y eut autrefois là un faubourg considérable.

En rassemblant toutes les distances particulières indiquées depuis Jouy-aux-Arches jusqu’à Metz, il se trouve que l’aqueduc parcourait encore un espace de 4 527 toises, et que la pente était de 26 pieds 1 pouce 2 lignes. Ainsi la longueur totale de l’aqueduc, depuis le moulin de Gorze jusqu’à Metz au ban Saint-Arnould, est de 11 313 toises, c’est-à-dire plus de quatre lieues et demie.

II est à présumer que du ban Saint-Arnould, l’aqueduc continuait sur le sommet de la colline où l’on a bâti la citadelle, et qu’il y avait là, un réservoir où se faisait une distribution d’eau. A savoir, une partie pour les fontaines de la ville, une autre partie pour les bains publics et pour la naumachie, et une troisième pour les maisons des particuliers qui payaient une certaine rétribution pour l’entretien des canaux.

 

 


Un commentaire

  1. jcn54 dit :

    Bonjour Catherine
    Cet aqueduc m’a toujours fasciné.
    Merci pour ce blog qui est une véritable ôde à notre chère Lorraine.
    Je te souhaite une excellente journée.
    Amicalement.
    JC

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