La légende de l’origine des Vosges

Les Vosges 

D’après un article paru dans les « Mémoires de l’Académie de Stanislas » – Année 1869

Philippe Antoine Chainel est l’auteur d’un poème héroïque, dans lequel il a célébré les beautés du Château-sur-Perle et les merveilles des Vosges. Ce poème a pour titre « La Cinthyperléyade ou l’ordre de Diane ». L’auteur cherche quelle a été l’origine des montagnes des Vosges.

Donnant carrière à son imagination, il s’appuie sur cette fiction que les Titans vaincus en Thessalie par les Dieux, auxquels ils avaient l’intention de ravir l’Olympe, se réfugièrent, non pas à Tartèse près de Cadix, comme le prétend Ovide, mais dans les Vosges.

Après avoir franchi le Rhin, ils résolurent, pour assurer leur défense, d’élever à peu de distance de la rive gauche de ce fleuve, un rempart inexpugnable. Ils accumulèrent, comme ils l’avaient fait en Grèce, montagnes sur montagnes et formèrent ainsi la chaîne des Vosges abrupte du côté du Rhin, en pente à l’ouest, et telle est encore aujourd’hui la conformation que présentent ces montagnes.

Les Dieux les y suivirent, les forcèrent dans leur camp que l’auteur place sur le plateau de Champdray et les repoussèrent dans le bassin de Gérardmer, où ils leur livrèrent bataille. Ils y remportèrent sur ces audacieux rebelles une victoire décisive, et les principaux chefs des Titans, Typhon, Pelor, Hyppolite, Palibotte furent faits prisonniers, ainsi qu’un grand nombre de leurs soldats.

Les Dieux et les Déesses, descendant, après la victoire, la vallée de la Vologne, s’arrêtèrent sur une petite montagne dominant le cours de cette rivière et Vulcain y construisit immédiatement un château connu depuis sous le nom de Château-sur-Perle.

C’est là qu’ils s’assemblèrent pour juger leurs prisonniers. Les quatre chefs des Titans que nous avons nommés, furent condamnés à être enfermés à perpétuité dans des grottes souterraines où, depuis cette époque, ils échauffent par leur souffle brûlant des sources bienfaisantes. Telle est l’origine des eaux thermales de Bains, de Luxeuil, de Bourbonne, de Plombières.

Parmi les prisonniers vulgaires, les uns furent condamnés aux mines et fournirent aux Cyclopes les minerais nécessaires à l’alimentation des forges de Framont, de Rothau et de Saint-Amarin, les autres furent employés aux travaux des salines de Dieuze et de Moyenvic. C’est ainsi que les Dieux introduisirent l’industrie dans les Vosges.

De son côté, Cérès apprit aux habitants à défricher et à cultiver la terre et le dieu Pan à élever des troupeaux.

Mais ce ne furent pas là tous les bienfaits dont les habitants de l’Olympe gratifièrent les Vosges.

C’est à Neptune que ces montagnes sont redevables des belles cascades de Tendon. Eole, après la victoire des Dieux, souleva une affreuse tempête qui vint fondre sur Gérardmer des quatre coins de l’horizon. Le sol y trembla, trois crevasses s’ouvrirent et donnèrent naissance aux lacs de Gérardmer, de Longemer et de Retournemer.

Des enfants furent métamorphosés en Hurlins et les eaux de ces lacs sont encore peuplés de ce petit poisson si estimé des gastronomes vosgiens.

Vénus voulut aussi laisser aux jeunes filles de la Vôge un souvenir de son voyage.

L’auteur nous l’apprend dans les vers suivants :
« Sur la verdure assise à l’ombre d’un bocage,
Venus vit la Vologne, y voulut prendre un bain
L’onde en étoit limpide et presentoit son sein.
Elle entre et, s’ébattant comme fait une anguille,
Elle enfante un foetus couvert d’une coquille.
Par les flots emporté ce germe original
Fut fixé sur la pointe au milieu du canal.
Cependant de Vénus ayant reçu la vie
Au voeu de la nature l’huître étoit asservie
Le long de la rivière aussi vit-on bientôt
De sa progéniture un très-nombreux dépôt.
Mais, dans l’huître en l’ouvrant, le pêcheur y rencontre
Une perle à belle eau, d’une éclatante montre.
Le galant bijoutier en forme des atours
Dont la femme raffole en ville et dans les cours ».

Les poètes et les historiens de l’ancienne Lorraine ont célébré, parmi les merveilles de la Vôge, les perles de la Vologne. Cette petite rivière est même représentée dans le frontispice de la Pompe funèbre de Charles III, duc de Lorraine, sous la figure d’une nymphe portant au cou un collier et à la main des masses de perles enfilées. Au-dessous de cet emblème, on lit Vologna margaritifera suas margaritas ostentat.


Archive pour 25 mars, 2011

La légende de l’origine des Vosges

Les Vosges 

D’après un article paru dans les « Mémoires de l’Académie de Stanislas » – Année 1869

Philippe Antoine Chainel est l’auteur d’un poème héroïque, dans lequel il a célébré les beautés du Château-sur-Perle et les merveilles des Vosges. Ce poème a pour titre « La Cinthyperléyade ou l’ordre de Diane ». L’auteur cherche quelle a été l’origine des montagnes des Vosges.

Donnant carrière à son imagination, il s’appuie sur cette fiction que les Titans vaincus en Thessalie par les Dieux, auxquels ils avaient l’intention de ravir l’Olympe, se réfugièrent, non pas à Tartèse près de Cadix, comme le prétend Ovide, mais dans les Vosges.

Après avoir franchi le Rhin, ils résolurent, pour assurer leur défense, d’élever à peu de distance de la rive gauche de ce fleuve, un rempart inexpugnable. Ils accumulèrent, comme ils l’avaient fait en Grèce, montagnes sur montagnes et formèrent ainsi la chaîne des Vosges abrupte du côté du Rhin, en pente à l’ouest, et telle est encore aujourd’hui la conformation que présentent ces montagnes.

Les Dieux les y suivirent, les forcèrent dans leur camp que l’auteur place sur le plateau de Champdray et les repoussèrent dans le bassin de Gérardmer, où ils leur livrèrent bataille. Ils y remportèrent sur ces audacieux rebelles une victoire décisive, et les principaux chefs des Titans, Typhon, Pelor, Hyppolite, Palibotte furent faits prisonniers, ainsi qu’un grand nombre de leurs soldats.

Les Dieux et les Déesses, descendant, après la victoire, la vallée de la Vologne, s’arrêtèrent sur une petite montagne dominant le cours de cette rivière et Vulcain y construisit immédiatement un château connu depuis sous le nom de Château-sur-Perle.

C’est là qu’ils s’assemblèrent pour juger leurs prisonniers. Les quatre chefs des Titans que nous avons nommés, furent condamnés à être enfermés à perpétuité dans des grottes souterraines où, depuis cette époque, ils échauffent par leur souffle brûlant des sources bienfaisantes. Telle est l’origine des eaux thermales de Bains, de Luxeuil, de Bourbonne, de Plombières.

Parmi les prisonniers vulgaires, les uns furent condamnés aux mines et fournirent aux Cyclopes les minerais nécessaires à l’alimentation des forges de Framont, de Rothau et de Saint-Amarin, les autres furent employés aux travaux des salines de Dieuze et de Moyenvic. C’est ainsi que les Dieux introduisirent l’industrie dans les Vosges.

De son côté, Cérès apprit aux habitants à défricher et à cultiver la terre et le dieu Pan à élever des troupeaux.

Mais ce ne furent pas là tous les bienfaits dont les habitants de l’Olympe gratifièrent les Vosges.

C’est à Neptune que ces montagnes sont redevables des belles cascades de Tendon. Eole, après la victoire des Dieux, souleva une affreuse tempête qui vint fondre sur Gérardmer des quatre coins de l’horizon. Le sol y trembla, trois crevasses s’ouvrirent et donnèrent naissance aux lacs de Gérardmer, de Longemer et de Retournemer.

Des enfants furent métamorphosés en Hurlins et les eaux de ces lacs sont encore peuplés de ce petit poisson si estimé des gastronomes vosgiens.

Vénus voulut aussi laisser aux jeunes filles de la Vôge un souvenir de son voyage.

L’auteur nous l’apprend dans les vers suivants :
« Sur la verdure assise à l’ombre d’un bocage,
Venus vit la Vologne, y voulut prendre un bain
L’onde en étoit limpide et presentoit son sein.
Elle entre et, s’ébattant comme fait une anguille,
Elle enfante un foetus couvert d’une coquille.
Par les flots emporté ce germe original
Fut fixé sur la pointe au milieu du canal.
Cependant de Vénus ayant reçu la vie
Au voeu de la nature l’huître étoit asservie
Le long de la rivière aussi vit-on bientôt
De sa progéniture un très-nombreux dépôt.
Mais, dans l’huître en l’ouvrant, le pêcheur y rencontre
Une perle à belle eau, d’une éclatante montre.
Le galant bijoutier en forme des atours
Dont la femme raffole en ville et dans les cours ».

Les poètes et les historiens de l’ancienne Lorraine ont célébré, parmi les merveilles de la Vôge, les perles de la Vologne. Cette petite rivière est même représentée dans le frontispice de la Pompe funèbre de Charles III, duc de Lorraine, sous la figure d’une nymphe portant au cou un collier et à la main des masses de perles enfilées. Au-dessous de cet emblème, on lit Vologna margaritifera suas margaritas ostentat.

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