Lunéville jusqu’au début du XVIIIe siècle

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Ville de 20 000 habitants, située à une trentaine de kilomètres de Nancy, Lunéville fut la capitale princière du dernier duc de Lorraine.

Je vous propose de remonter le temps, et de découvrir les différents événements auxquels les habitants et la ville de Lunéville ont participé.

D’après la monographie « Essais historique sur la ville de Lunéville » de Guerrier – 1817

On croit communément que la ville de Lunéville tire son nom, Lunce villa, Lunaris villa, du culte qu’on y rendait à la Lune.

Après l’introduction du christianisme en Lorraine, cette ville n’était encore qu’une maison de chasse avec une chapelle fondée par le Duc Raoul en 1343, en l’honneur de la Ste Vierge et de St Antoine. Cette maison s’accrut tellement dans la suite, qu’au Xe siècle, c’était déjà le chef-lieu d’un comté considérable que Mathieu Ier unit à ses états en 1167.

Cette ville a été possédée, depuis le Xe siècle, par des seigneurs qui portaient le titre de comtes : ils descendaient des comtes de Metz.

Un de ces comtes, nommé Folmar le Vieux, fonda, vers l’an 999, l’abbaye de St Remi de Lunéville, pour des religieux bénédictins, qui furent remplacés, en 1034, par des bénédictines, et enfin, en 1135, par des chanoines réguliers de St Augustin qui subsistèrent jusqu’à la révolution.

Année 1265 : Cette année, les bourgeois de Lunéville furent mis sous la loi de Beaumont en Argonne, c’est à-dire qu’ils furent affranchis de la servitude.

Année 1476 : Sous le Duc René, plusieurs seigneurs lorrains, accompagnés de quelques troupes, vinrent assiéger Lunéville, qui était occupé par 400 hommes du Duc de Bourgogne. Ces seigneurs n’ayant point d’artillerie, donnèrent l’assaut pendant la nuit, et se rendirent maîtres de la porte de Chanteheux, mais ils ne purent s’y maintenir. Ils firent demander des hommes et de l’artillerie au Duc Réné II, qui était alors à Strasbourg. Il leur envoya 600 hommes d’armes, deux gros canons et dix serpentins, qui arrivèrent dans trois jours devant la place. Les assiégés offrirent de se rendre, la vie sauve, si le gouverneur de Nancy ne pouvait leur envoyer du secours. Ils députèrent à Nancy, où on leur fit dire qu’il n’y avait point de secours à espérer. Ainsi ils se rendirent.

Année 1481 : Cette année, Réné II établit les Sœurs-Grises à Lunéville, sur l’emplacement de la terrase actuelle du château et de la Comédie.

Année 1587 : Quand on fortifia Lunéville, lors de l’approche de l’armée des protestants d’Allemagne, le baron d’Haussonville, colonel de l’infanterie lorraine, transféra l’Abbaye de St Remi dans la ville, de même que la commanderie de St Georges, qui était voisine et hors de la ville.

Dans les terres qu’on rapporta de cette commanderie pour fortifier Lunéville, on trouva une figure de pierre, représentant un homme armé, qui portait une espèce d’enseigne chargée d’une lune, et quelque distance de cette commanderie, la figure d’une femme, ayant la tête couverte d’un grand croissant renversé, et dont les deux cornes tombaient sur les épaules. C’est là sans doute l’origine des armoiries de Lunéville.

Cette armée de protestants allant au secours des Huguenots de France, et passant à Lunéville au mois de septembre, le Baron d’Haussonville, commandant les troupes de Charles III, fortifia Lunéville, à la hâte, et fit si bonne contenance, que cette armée n’osa l’y attaquer.

Année 1600 : Dans le cours de cette année, les Minimes, dont la maison était en face de l’aile droite du château, furent appelés à Lunéville. C’est aujourd’hui une auberge.

Année 1629 : Les religieuses de la Congrégation vinrent à Lunéville, sur une permission de Charles IV du 19 Octobre 1629, et commencèrent leur établissement dans la maison d’un nommé Duvergy à la porte d’Allemagne. En 1671, elles furent transférées dans la Grande Rue. Leur église fut commencée, avec les secours de Léopold, en 1719 et achevée en 1722. Il y avait un pensionnat et une école. Leur couvent est à présent occupé par plusieurs particuliers.

Année 1634 : Des raisons d’état, obligeant le Cardinal Nicolas François, frère de Charles IV, d’épouser la Princesse Claude, sa cousine-germaine, il se retira à Lunéville, et y mena avec lui la Duchesse Nicole et les Princesses Claude et de Phaltzbourg. Le Maréchal de la Force, qui commandait les troupes françaises, craignant les suites de cette retraite, fit marcher sur-le-champ une partie de son armée, pour investir Lunéville, et empêcher qu’il se fît rien sans le consentement du Roi Louis XIII. Le Cardinal-Duc, averti que le Maréchal avait ordre de retirer les Princesses de ses mains et de les envoyer en France, pressa la Princesse Claude de l’épouser incessamment.

La Princesse y consentit d’autant plus volontiers, qu’elle avait, depuis longtemps, de l’estime et de l’affection pour ce Prince. La dispense de mariage, nécessaire entre cousins germains, était une grande difficulté. A dix heures du soir, on envoya chercher le Prieur et le Sous-Prieur des Chanoines Réguliers de Lunéville, à qui le Duc représenta le danger auquel la Lorraine serait exposée, si le Roi de France enlevait la Princesse Claude, comme il en avait le projet ; qu’il ne voyait d’autres moyens de prévenir ce malheur qu’en épousant, à l’heure même, sa cousine germaine, sans attendre la dispense du Pape, puisqu’on était si éloigné de Rome, et que Lunéville était déjà investi par les Français. Il pria ces deux Religieux de lui dire si, dans le cas présent, ce mariage serait valide ou non.

Deux heures après, ayant consulté les canonistes, les deux Chanoines répondirent que le Duc, en qualité d’évêque diocésain, pouvait se dispenser lui-même de la publication des bans, ou donner à quelqu’un le pouvoir de l’en dispenser ; qu’à la vérité, le pouvoir de donner dispense au second degré de parenté paraissait absolument réservé au Pape, mais que les évêques en avaient quelquefois dispensé dans une extrême nécessité.

« Je suis certainement dans ce cas » répondit le Cardinal Duc. « Y eut-il jamais un besoin plus pressant de précipiter la célébration d’un mariage tel que celui-ci, où il s’agit de procurer le repos d’une famille souveraine et d’un Etat ? J’espère que le Pape n’y trouvera point à redire, et qu’il fera expédier la dispense, dès que mon exprès lui aura présenté ma supplique ».

Après cette consultation, le Prieur donna, le 11 février, la bénédiction nuptiale au Cardinal François et à la Princesse Claude, en présence du Sous-Prieur, de la Duchesse Nicole, du Marquis de Mouy, de Mme de Chamblay, Dame d’honneur de la Duchesse Nicole, de Bornet, Gentilhomme de la chambre de la Princesse Claude et du secrétaire Hennequin. Tous les autres officiers et domestiques avaient été mis hors du château. Après la consommation du mariage, le Duc dépêcha un courrier à Rome, pour remontrer au Pape la nécessité où il avait été de précipiter ce mariage, et lui demander dispense.

La ville de Lunéville fut soumise aux Français sous les ordres du Maréchal de la Ferté Senneterre.

Année 1637 : Le Marquis de Ville, commandant les troupes de Charles IV, força la garnison à se retirer de Lunéville. Il entreprit de relever les fortifications de cette place, mais le Duc de Longueville, MM. de Belfonds et d’Arpajon y accoururent avec 35 000 hommes, et la reprirent, après six jours d’attaque.

Au mois de novembre. MM. de Ville et de Froville, gouverneurs de la place, furent faits prisonniers.

Année 1639 : Du Hallier, Gouverneur de Nancy, arriva à Lunéville le lundi 11 juillet, pour commencer à faire démolir les terrasses et les remparts de cette place, qui étaient doubles partout.

Année 1641 : Le jeudi 31 janvier, un officier français nommé Mattarel, fit commencer la démolition des remparts par des paysans mis en réquisition de 10 à 12 lieues à la ronde, et à qui l’on donnait un pain de deux livres et quatre gros d’argent (près de 60 centimes).

Le 17 février, Charles IV rentra à Lunéville, en réjouissance de quoi tous les bourgeois de la ville et les habitants des villages voisins firent des feux de joie.

Les Compagnies de cavalerie des Sieurs Malvoisin et de Hainville, ont été en garnison à Lunéville, au mois de mai. Elles y ont vécu à discrétion, et ont commis de tels désordres, qu’un cavalier en mourut. Le 10 du même mois, les bourgeois de Lunéville allèrent en procession à St Nicolas et à Notre-Dame de Bonsecours, pour obtenir par leurs prières, la paix en Lorraine.

Le 10 Octobre de la même année, on mit sur le bled qu’on mettait au moulin de Lunéville, une imposition de 18 gros par resal (un peu plus de 6o centimes), pour subvenir aux charges de la ville, cela dura deux ans.

La pauvreté et la famine étaient si grandes en Lorraine, et notamment à Lunéville et aux environs, qu’on déterrait des cadavres pour s’en nourrir. Plusieurs enfants furent tués pour assouvir la faim. On mangeait des bêtes mortes fourmillant de vers, du cuir, des glands, des racines, des souris, etc. Les loups ayant goûté dela chair humaine, se jetaient sur les passants et les étranglaient ; trois habitants du village de Mont eurent ce triste sort. Ces animaux voraces attaquaient de préférence les femmes, ce qui obligea ces dernières de changer d’habits. Les gens de la campagne qui travaillaient aux champs, étaient obligés de se faire escorter par d’autres personnes, qui guettaient les loups, et les empêchaient de se jeter sur ceux qui étaient occupés aux travaux de la campagne.

Année 1643 : La guerre, la peste et la famine avaient tellement diminué le nombre des chevaux et des bêtes propres au labourage, qu’on vit, cette année , des hommes et des femmes s’atteler à la charrue , pour remplacer les bêtes de trait.

Le 18 juin, on envoya à Lunéville, de la part du Roi de France, l’ordre de fournir des pionniers pour le siège de Thionville, ce qui fit que les bourgeois se retirèrent dans les bois.

Année 1645 : L’usage du papier timbré a commencé à Lunéville, le 9 avril de cette année.

Année 1665 : L’établissement des Capucins à Lunéville, dans la rue qui porte encore leur nom, date de 1633, mais leur église ne fut bénite que le dimanche 28 Juin 1665. Le père Grillot, Prieur des Chanoines Réguliers, y dit la première messe. Une partie de leur église est convertie en magazin de houille et de fagots, l’autre en salle de danse.

Année 1678 : L’ancien château de Lunéville, avait été démoli en partie cette année, sur ordre de Louis XIV. Par la suite, Leopold le fit raser entièrement.

Pendant les années 1678,1680, 1682 et suivantes, les troupes françaises passaient en si grand nombre à Lunéville, que les habitants furent obligés d’abandonner leurs maisons, et de se réfugier, avec leurs enfants et leurs effets dans les églises et les couvents, où ils souffrirent beaucoup de la faim et du froid.

Année 1682 : On ressentit cette année quelques secousses de tremblement de terre.

Année 1697 : Le 1er janvier, le Sr. Jean-Joseph George, Régent d’école, entonna, pendant la messe de paroisse, l’antienne Domine, salvum fac Ducem nostrum Leopoldum, au grand étonnement de tout le peuple, ce qui fit connaître que la paix était faite. Le 16 du même mois, le Maréchal de Carlinfort, Grand-Maître de la Maison de S. A. R. et M. le Bègue de Chanterenne, firent leur entrée à Lunéville, et prirent possession de la Lorraine pour S. A. R.

Année 1698 : Ce Prince, rétabli dans ses États par la paix de Riswick, arriva à Lunéville le 14 mai, et entra à Nancy, pour la première fois, le 17 août, à 10 heures du soir, par la brèche de la Porte St Georges. Il épousa, le 12 octobre suivant, Mademoiselle Elisabeth-Charlotte, fille de Philippe de France, Duc d’Orléans, frère unique de Louis XIV.

Année 1702 : Le Duc Léopold sortit de Nancy le 1er décembre, pour venir à Lunéville. Madame la Duchesse le suivit en chaise à porteurs, avec des douleurs extrêmes, à la suite desquelles elle accoucha, le lendemain, d’une Princesse qui fut nommée Gabrielle. Il a fait construire, au commencement de son règne, le château de Lunéville, sur les dessins de Boffrand, son architecte. La chapelle est en petit sur le modèle de celle de Versailles. Les tribunes sont portées au rez-de-chaussée par des colonnes d’ordre ionique, et au premier étage, par des colonnes d’ordre corynthien.

Année 1706 : L’hôpital était dans l’intérieur de la ville, mais ayant été ruiné par les guerres, le Duc Léopold, au moyen d’une loterie tirée en 1709, en fit construire un autre, près des Sœurs Grises, sous le titre de St Jacques.

Année 1708 : L’evêque de Toul transféra à cet hôpital la chapelle de St Nicolas de Maixe, avec la fondation de la Demoiselle Noirelle, par acte du 13 mai, plus, la chapelle de St Sébastien et de Ste Catherine de Tantimont, et celle du St Sacrement d’Ogéviller, avec les hôpitaux d’Ogéviller et d’Einville.

Ces chapelles et ces hôpitaux furent incorporés au grand hôpital de Lunéville, par acte du 6 Avril 1709. Léopold confirma le tout par des lettres patentes. Il donna des règles d’administration, le 30 Décembre 1712. En 1719, il y fonda quatre lits et un prêtre. Bivard, chirurgien renommé pour l’opération de la taille qu’il faisait à l’Hôtel-Dieu de Paris, fut appelé dans la suite par Léopold. Cet habile chirurgien a taillé à l’hôpital de Lunéville plus de 600 calculeux.

Le 17 mai a été posée, par Léopold, la première pierre de l’hôpital de Lunéville, en présence de M. Vernasson, curé, et de M. Jean-Pierre Lebrun, chef de Police. Et le 11 Septembre 1708, l’église de cet hôpital fut bénite par M. Huguin, Abbé des Chanoines Réguliers, qui y dit la première messe.

Léopold permit, cette année, l’établissement des Carmes sur la place qui porte encore leur nom. Leur église, en face du faubourg de Nancy, à qui elle servait de perspective, était plutôt jolie que belle. La première pierre en fut posée par Léopold, le 14 novembre. Ce couvent avait alors douze religieux.

La démolition de cette église a excité les regrets des habitants de ce faubourg. Les connaisseurs y admiraient un autel sculpté par Guibal, il représentait le Prophète Elie, montant au ciel sur un char de feu.

Avant d’habiter leur couvent de Lunéville, les Carmes occupèrent, pendant quelque temps, St Léopold, jolie maison de campagne, bâtie par le Duc Léopold, très agréablement située , et renommée pour l’excellente qualité du houblon que le propriétaire actuel y cultive en grand.


Archive pour 29 janvier, 2011

Lunéville jusqu’au début du XVIIIe siècle

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Ville de 20 000 habitants, située à une trentaine de kilomètres de Nancy, Lunéville fut la capitale princière du dernier duc de Lorraine.

Je vous propose de remonter le temps, et de découvrir les différents événements auxquels les habitants et la ville de Lunéville ont participé.

D’après la monographie « Essais historique sur la ville de Lunéville » de Guerrier – 1817

On croit communément que la ville de Lunéville tire son nom, Lunce villa, Lunaris villa, du culte qu’on y rendait à la Lune.

Après l’introduction du christianisme en Lorraine, cette ville n’était encore qu’une maison de chasse avec une chapelle fondée par le Duc Raoul en 1343, en l’honneur de la Ste Vierge et de St Antoine. Cette maison s’accrut tellement dans la suite, qu’au Xe siècle, c’était déjà le chef-lieu d’un comté considérable que Mathieu Ier unit à ses états en 1167.

Cette ville a été possédée, depuis le Xe siècle, par des seigneurs qui portaient le titre de comtes : ils descendaient des comtes de Metz.

Un de ces comtes, nommé Folmar le Vieux, fonda, vers l’an 999, l’abbaye de St Remi de Lunéville, pour des religieux bénédictins, qui furent remplacés, en 1034, par des bénédictines, et enfin, en 1135, par des chanoines réguliers de St Augustin qui subsistèrent jusqu’à la révolution.

Année 1265 : Cette année, les bourgeois de Lunéville furent mis sous la loi de Beaumont en Argonne, c’est à-dire qu’ils furent affranchis de la servitude.

Année 1476 : Sous le Duc René, plusieurs seigneurs lorrains, accompagnés de quelques troupes, vinrent assiéger Lunéville, qui était occupé par 400 hommes du Duc de Bourgogne. Ces seigneurs n’ayant point d’artillerie, donnèrent l’assaut pendant la nuit, et se rendirent maîtres de la porte de Chanteheux, mais ils ne purent s’y maintenir. Ils firent demander des hommes et de l’artillerie au Duc Réné II, qui était alors à Strasbourg. Il leur envoya 600 hommes d’armes, deux gros canons et dix serpentins, qui arrivèrent dans trois jours devant la place. Les assiégés offrirent de se rendre, la vie sauve, si le gouverneur de Nancy ne pouvait leur envoyer du secours. Ils députèrent à Nancy, où on leur fit dire qu’il n’y avait point de secours à espérer. Ainsi ils se rendirent.

Année 1481 : Cette année, Réné II établit les Sœurs-Grises à Lunéville, sur l’emplacement de la terrase actuelle du château et de la Comédie.

Année 1587 : Quand on fortifia Lunéville, lors de l’approche de l’armée des protestants d’Allemagne, le baron d’Haussonville, colonel de l’infanterie lorraine, transféra l’Abbaye de St Remi dans la ville, de même que la commanderie de St Georges, qui était voisine et hors de la ville.

Dans les terres qu’on rapporta de cette commanderie pour fortifier Lunéville, on trouva une figure de pierre, représentant un homme armé, qui portait une espèce d’enseigne chargée d’une lune, et quelque distance de cette commanderie, la figure d’une femme, ayant la tête couverte d’un grand croissant renversé, et dont les deux cornes tombaient sur les épaules. C’est là sans doute l’origine des armoiries de Lunéville.

Cette armée de protestants allant au secours des Huguenots de France, et passant à Lunéville au mois de septembre, le Baron d’Haussonville, commandant les troupes de Charles III, fortifia Lunéville, à la hâte, et fit si bonne contenance, que cette armée n’osa l’y attaquer.

Année 1600 : Dans le cours de cette année, les Minimes, dont la maison était en face de l’aile droite du château, furent appelés à Lunéville. C’est aujourd’hui une auberge.

Année 1629 : Les religieuses de la Congrégation vinrent à Lunéville, sur une permission de Charles IV du 19 Octobre 1629, et commencèrent leur établissement dans la maison d’un nommé Duvergy à la porte d’Allemagne. En 1671, elles furent transférées dans la Grande Rue. Leur église fut commencée, avec les secours de Léopold, en 1719 et achevée en 1722. Il y avait un pensionnat et une école. Leur couvent est à présent occupé par plusieurs particuliers.

Année 1634 : Des raisons d’état, obligeant le Cardinal Nicolas François, frère de Charles IV, d’épouser la Princesse Claude, sa cousine-germaine, il se retira à Lunéville, et y mena avec lui la Duchesse Nicole et les Princesses Claude et de Phaltzbourg. Le Maréchal de la Force, qui commandait les troupes françaises, craignant les suites de cette retraite, fit marcher sur-le-champ une partie de son armée, pour investir Lunéville, et empêcher qu’il se fît rien sans le consentement du Roi Louis XIII. Le Cardinal-Duc, averti que le Maréchal avait ordre de retirer les Princesses de ses mains et de les envoyer en France, pressa la Princesse Claude de l’épouser incessamment.

La Princesse y consentit d’autant plus volontiers, qu’elle avait, depuis longtemps, de l’estime et de l’affection pour ce Prince. La dispense de mariage, nécessaire entre cousins germains, était une grande difficulté. A dix heures du soir, on envoya chercher le Prieur et le Sous-Prieur des Chanoines Réguliers de Lunéville, à qui le Duc représenta le danger auquel la Lorraine serait exposée, si le Roi de France enlevait la Princesse Claude, comme il en avait le projet ; qu’il ne voyait d’autres moyens de prévenir ce malheur qu’en épousant, à l’heure même, sa cousine germaine, sans attendre la dispense du Pape, puisqu’on était si éloigné de Rome, et que Lunéville était déjà investi par les Français. Il pria ces deux Religieux de lui dire si, dans le cas présent, ce mariage serait valide ou non.

Deux heures après, ayant consulté les canonistes, les deux Chanoines répondirent que le Duc, en qualité d’évêque diocésain, pouvait se dispenser lui-même de la publication des bans, ou donner à quelqu’un le pouvoir de l’en dispenser ; qu’à la vérité, le pouvoir de donner dispense au second degré de parenté paraissait absolument réservé au Pape, mais que les évêques en avaient quelquefois dispensé dans une extrême nécessité.

« Je suis certainement dans ce cas » répondit le Cardinal Duc. « Y eut-il jamais un besoin plus pressant de précipiter la célébration d’un mariage tel que celui-ci, où il s’agit de procurer le repos d’une famille souveraine et d’un Etat ? J’espère que le Pape n’y trouvera point à redire, et qu’il fera expédier la dispense, dès que mon exprès lui aura présenté ma supplique ».

Après cette consultation, le Prieur donna, le 11 février, la bénédiction nuptiale au Cardinal François et à la Princesse Claude, en présence du Sous-Prieur, de la Duchesse Nicole, du Marquis de Mouy, de Mme de Chamblay, Dame d’honneur de la Duchesse Nicole, de Bornet, Gentilhomme de la chambre de la Princesse Claude et du secrétaire Hennequin. Tous les autres officiers et domestiques avaient été mis hors du château. Après la consommation du mariage, le Duc dépêcha un courrier à Rome, pour remontrer au Pape la nécessité où il avait été de précipiter ce mariage, et lui demander dispense.

La ville de Lunéville fut soumise aux Français sous les ordres du Maréchal de la Ferté Senneterre.

Année 1637 : Le Marquis de Ville, commandant les troupes de Charles IV, força la garnison à se retirer de Lunéville. Il entreprit de relever les fortifications de cette place, mais le Duc de Longueville, MM. de Belfonds et d’Arpajon y accoururent avec 35 000 hommes, et la reprirent, après six jours d’attaque.

Au mois de novembre. MM. de Ville et de Froville, gouverneurs de la place, furent faits prisonniers.

Année 1639 : Du Hallier, Gouverneur de Nancy, arriva à Lunéville le lundi 11 juillet, pour commencer à faire démolir les terrasses et les remparts de cette place, qui étaient doubles partout.

Année 1641 : Le jeudi 31 janvier, un officier français nommé Mattarel, fit commencer la démolition des remparts par des paysans mis en réquisition de 10 à 12 lieues à la ronde, et à qui l’on donnait un pain de deux livres et quatre gros d’argent (près de 60 centimes).

Le 17 février, Charles IV rentra à Lunéville, en réjouissance de quoi tous les bourgeois de la ville et les habitants des villages voisins firent des feux de joie.

Les Compagnies de cavalerie des Sieurs Malvoisin et de Hainville, ont été en garnison à Lunéville, au mois de mai. Elles y ont vécu à discrétion, et ont commis de tels désordres, qu’un cavalier en mourut. Le 10 du même mois, les bourgeois de Lunéville allèrent en procession à St Nicolas et à Notre-Dame de Bonsecours, pour obtenir par leurs prières, la paix en Lorraine.

Le 10 Octobre de la même année, on mit sur le bled qu’on mettait au moulin de Lunéville, une imposition de 18 gros par resal (un peu plus de 6o centimes), pour subvenir aux charges de la ville, cela dura deux ans.

La pauvreté et la famine étaient si grandes en Lorraine, et notamment à Lunéville et aux environs, qu’on déterrait des cadavres pour s’en nourrir. Plusieurs enfants furent tués pour assouvir la faim. On mangeait des bêtes mortes fourmillant de vers, du cuir, des glands, des racines, des souris, etc. Les loups ayant goûté dela chair humaine, se jetaient sur les passants et les étranglaient ; trois habitants du village de Mont eurent ce triste sort. Ces animaux voraces attaquaient de préférence les femmes, ce qui obligea ces dernières de changer d’habits. Les gens de la campagne qui travaillaient aux champs, étaient obligés de se faire escorter par d’autres personnes, qui guettaient les loups, et les empêchaient de se jeter sur ceux qui étaient occupés aux travaux de la campagne.

Année 1643 : La guerre, la peste et la famine avaient tellement diminué le nombre des chevaux et des bêtes propres au labourage, qu’on vit, cette année , des hommes et des femmes s’atteler à la charrue , pour remplacer les bêtes de trait.

Le 18 juin, on envoya à Lunéville, de la part du Roi de France, l’ordre de fournir des pionniers pour le siège de Thionville, ce qui fit que les bourgeois se retirèrent dans les bois.

Année 1645 : L’usage du papier timbré a commencé à Lunéville, le 9 avril de cette année.

Année 1665 : L’établissement des Capucins à Lunéville, dans la rue qui porte encore leur nom, date de 1633, mais leur église ne fut bénite que le dimanche 28 Juin 1665. Le père Grillot, Prieur des Chanoines Réguliers, y dit la première messe. Une partie de leur église est convertie en magazin de houille et de fagots, l’autre en salle de danse.

Année 1678 : L’ancien château de Lunéville, avait été démoli en partie cette année, sur ordre de Louis XIV. Par la suite, Leopold le fit raser entièrement.

Pendant les années 1678,1680, 1682 et suivantes, les troupes françaises passaient en si grand nombre à Lunéville, que les habitants furent obligés d’abandonner leurs maisons, et de se réfugier, avec leurs enfants et leurs effets dans les églises et les couvents, où ils souffrirent beaucoup de la faim et du froid.

Année 1682 : On ressentit cette année quelques secousses de tremblement de terre.

Année 1697 : Le 1er janvier, le Sr. Jean-Joseph George, Régent d’école, entonna, pendant la messe de paroisse, l’antienne Domine, salvum fac Ducem nostrum Leopoldum, au grand étonnement de tout le peuple, ce qui fit connaître que la paix était faite. Le 16 du même mois, le Maréchal de Carlinfort, Grand-Maître de la Maison de S. A. R. et M. le Bègue de Chanterenne, firent leur entrée à Lunéville, et prirent possession de la Lorraine pour S. A. R.

Année 1698 : Ce Prince, rétabli dans ses États par la paix de Riswick, arriva à Lunéville le 14 mai, et entra à Nancy, pour la première fois, le 17 août, à 10 heures du soir, par la brèche de la Porte St Georges. Il épousa, le 12 octobre suivant, Mademoiselle Elisabeth-Charlotte, fille de Philippe de France, Duc d’Orléans, frère unique de Louis XIV.

Année 1702 : Le Duc Léopold sortit de Nancy le 1er décembre, pour venir à Lunéville. Madame la Duchesse le suivit en chaise à porteurs, avec des douleurs extrêmes, à la suite desquelles elle accoucha, le lendemain, d’une Princesse qui fut nommée Gabrielle. Il a fait construire, au commencement de son règne, le château de Lunéville, sur les dessins de Boffrand, son architecte. La chapelle est en petit sur le modèle de celle de Versailles. Les tribunes sont portées au rez-de-chaussée par des colonnes d’ordre ionique, et au premier étage, par des colonnes d’ordre corynthien.

Année 1706 : L’hôpital était dans l’intérieur de la ville, mais ayant été ruiné par les guerres, le Duc Léopold, au moyen d’une loterie tirée en 1709, en fit construire un autre, près des Sœurs Grises, sous le titre de St Jacques.

Année 1708 : L’evêque de Toul transféra à cet hôpital la chapelle de St Nicolas de Maixe, avec la fondation de la Demoiselle Noirelle, par acte du 13 mai, plus, la chapelle de St Sébastien et de Ste Catherine de Tantimont, et celle du St Sacrement d’Ogéviller, avec les hôpitaux d’Ogéviller et d’Einville.

Ces chapelles et ces hôpitaux furent incorporés au grand hôpital de Lunéville, par acte du 6 Avril 1709. Léopold confirma le tout par des lettres patentes. Il donna des règles d’administration, le 30 Décembre 1712. En 1719, il y fonda quatre lits et un prêtre. Bivard, chirurgien renommé pour l’opération de la taille qu’il faisait à l’Hôtel-Dieu de Paris, fut appelé dans la suite par Léopold. Cet habile chirurgien a taillé à l’hôpital de Lunéville plus de 600 calculeux.

Le 17 mai a été posée, par Léopold, la première pierre de l’hôpital de Lunéville, en présence de M. Vernasson, curé, et de M. Jean-Pierre Lebrun, chef de Police. Et le 11 Septembre 1708, l’église de cet hôpital fut bénite par M. Huguin, Abbé des Chanoines Réguliers, qui y dit la première messe.

Léopold permit, cette année, l’établissement des Carmes sur la place qui porte encore leur nom. Leur église, en face du faubourg de Nancy, à qui elle servait de perspective, était plutôt jolie que belle. La première pierre en fut posée par Léopold, le 14 novembre. Ce couvent avait alors douze religieux.

La démolition de cette église a excité les regrets des habitants de ce faubourg. Les connaisseurs y admiraient un autel sculpté par Guibal, il représentait le Prophète Elie, montant au ciel sur un char de feu.

Avant d’habiter leur couvent de Lunéville, les Carmes occupèrent, pendant quelque temps, St Léopold, jolie maison de campagne, bâtie par le Duc Léopold, très agréablement située , et renommée pour l’excellente qualité du houblon que le propriétaire actuel y cultive en grand.

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