La réunion du Barrois et du Luxembourg

D’après le « Manuel de la Meuse » de Jean François Louis Jeantin – 1861

La réunion du Barrois et du Luxembourg, sous les lois d’un prince barrisien, Thiébault Ier de Stenay, est l’un des grands événements politiques de la fin du XIIe siècle.

Le vieil Henry dit l’aveugle, ce preu qui se lançait, tête baissée, dans tous les conflits militaires, et qui tenait sous son sceptre le Namurois et le Luxembourg, n’ayant point eu d’enfant de Laurence d’Alsace sa première épouse, avait jeté les yeux sur Baudouin V, fils de sa sœur Aëlice de Flandre, pour succéder à ses alleuds.

La donation avait été signée en 1173, quand Henry, tout à coup, se ravise. En 1182, voilà qu’il se remarie à Agnès, fille d’un comte de Gueldres. Survient une grossesse, en 1185, et le vieillard devient père.

Cette enfant était Ermesinde, destinée à devenir la princesse la plus grande et la plus célèbre du Luxembourg.

Une compétition ardente s’établit aussitôt autour du berceau de l’héritière :
- Beaudouin, d’une part, en révolte armée contre son oncle et envahissant ses Etats
- Eudes III de Bourgogne, de l’autre, se prétendant seul successible, de par diplôme de l’empereur (Henri VI, son frère) qui avait déclaré le Luxembourg fief vacant de l’empire, pour le cas où son bénéficiaire décéderait sans héritier mâle
- enfin, le comte Henry de Champagne revendiquant les terres, d’origine champenoise, possédées par les comtes de Chiny et d’Arlon, à Stenay, à Ivoy, et dans le bassin de la Chière, de Chauvancy à Douzy.

C’est sur ces entrefaites que le vieil Henry voulut assurer à sa fille une protection dévouée, du côté du Barrois. Thiébault, fils cadet du comte Renault de Bar et d’Agnès de Champagne, était un prince de haute valeur. Il n’était encore que comte de Briey et comte de Stenay, mais on était sans nouvelles de son aîné, alors militant pour la délivrance des saints lieux.

Thiébault était veuf :
- 1° de Lorette, fille de Gérard, comte de Loos, dont il avait une fille, Agnès, qui devint épouse du duc de Lorraine, Ferry II
- 2° d’Elisabeth de Bar sur Seine, dont il avait un fils, qui fut le comte de Bar Henry II.

En 1189, fut donc arrêté le mariage de Thiébault avec la jeune Ermesinde, âgée de 4 ans à peine. La charte anténuptiale constate que Thiébault, comme maître du Briacensis, a assigné à sa fiancée le château de Briey et toutes ses dépendances, avec moitié de leurs futurs acquêts. Cette assignation fut transférée sur Saint Mihiel, après la mort du comte Henri Ier, frère ainé de Thiébault.

Les témoins de cet acte sont : Baudouin de Bar – Guillaume de Longwy – Gérard d’Othange, sire de Haute rive – Ulric de Florhanges, sire de Billy et d’Argentel – Lieutard de Briey, sire de Jametz – Wery de Walcourt, sire de la Fentsh (Fontois) – Philippe de Louppy, sire de Bazeilles – Hugues Beles de Triangulo.

Après avoir fiancé Ermesinde, le comte de Briey et Stenay ne faillit pas à la tâche de lui conserver ses Etats.

Devenu comte de Bar, par la mort prématurée de Henri Ier son aîné, à prix d’argent, d’abord, Thiébault apaisa Eudes de Bourgogne, le plus âpre de ses concurrents. Il satisfit, ensuite, à quelques prétentions de Henry de Champagne, comme comte de Rethel et Grandpré, sur les terres de l’Astenensis et du fief d’Yvoi.

Puis, avec le concours de ses braves barrisiens et notamment des chevaliers, tous indépendants alors, des basses Wabvres et du Walon, Thiébault contraignit Baudouin des Flandres et Philippe de Namur à compter avec lui.

La paix de Dinant fut conclue en 1199, et le traité de partage du Namurois, non seulement conserva à la jeune héritière ses états patrimoniaux, mais, pour de longs siècles, il adjoignit encore les comtés de Durbuy et de la Roche, au grand Luxembourg. Thiébault et ses chevaliers y firent aussi de nombreux acquêts.

Après la mort de Thibault Ier, Henry fit ses reprises de sa veuve, c’est-à-dire Ermesinde, qui, comme comtesse de Luxembourg, avait la haute suzeraineté sur les châtellenies d’Yvoix, de Saint Mard, de Jametz et de Stenay.

Quand, en 1214, celle-ci convola avec Waleram d’Arlon, Henry assista aux pompes de ses noces, à la suite de son seigneur médiat le comte Louis IV de Chiny.

Quand Ermesinde mourut, en 1246, des démêlés sanglants s’élevèrent entre son beau-fils Henry II de Bar, et son fils (du second lit) Henry II de Luxembourg, pour la possession de Marville et de Louppy.

 


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