Le château de Girecourt-sur-Durbion (88)

Château de Girecourt sur DurbionChâteau de Girecourt sur DurbionGrille du château de Girecourt sur Durbion

 

Village de 320 habitants sur la N 420 entre Epinal et Saint-Dié, Girecourt-sur-Durbion possède une résidence seigneuriale du XVIe siècle, qui fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1997.

C’est lors des journées du patrimoine, que j’ai visité ce magnifique château. Je vous propose de partager l’historique de cette demeure, historique rédigé par l’actuel propriétaire et publié avec son aimable autorisation.

« 1540, ce 22ème avril.
Antoine, par la grâce de Dieu, Duc de Calabre, de Lorraine et de Bar, marquis de Pont, comte de Provence et de Vaudémont… Nous avons reçu l’humble supplication de Messire Pierre de Haraucourt, seigneur de Parroye, contenant qu’il fait bâtir au lieu de Girecourt, en notre bailliage des Vosges, une sienne maison, et que craignant que notre procureur général de Lorraine présent et advenir ne lui donne empêchement, nous a supplié très humblement, comme Prince souverain, lui vouloir permettre le parachèvement d’icelle.
Savoir faisons que pour les agréables services que dès longtemps, il nous a fait et que nous espérons il fera à l’avenir, de grâce espéciale lui avons permis et permettons, comme Prine souverain, ledit achèvement, agréant de notre même grâce ce que déjà il en a fait, qui pourra être à l’aide, force et conservation de nos pays.
Nous demandons à tous nos maréchaux, sénéchaux, baillis, résidents, gens de nos comptes, Procureur général de Lorraine, particuliers et tous officiers, justiciers, hommes et sujets qu’il appartiendra, de ne lui donner aucun empêchement ».

Ainsi donc par décision princière, le château de Girecourt allait être achevé. Probablement construit sur les restes de la maison d’un certain Philippin de Girecourt attesté en 1355, il ressemblait alors très peu à ce que l’on voit aujourd’hui. Il s’agissait d’une maison forte quadrangulaire, cantonnée de quatre grosses tours rondes, dont vous pouvez encore distinguer les bases qui mordent les quatre angles des douves.

De cette époque, subsistent deux cheminées monumentales, deux escaliers en colimaçon, un portail très endommagé lors des travaux du XIXe siècle mais venant d’être restauré, trois plafonds Renaissance à caissons finement sculptés d’un motif de cordes, comptant parmi les plus beaux de Lorraine.

Pierre de Haraucourt vivra peu ici, car né en 1514, il meurt en 1546, laissant en usufruit le château à Françoise de Stainville, sa seconde épouse.

Son fils Antoine lègue le domaine en 1603 à son neveu Théodore II, et en 1623, la propriété revient à Antoine de Lenoncourt, primat de Nancy, appartenant lui aux quatre Grands Chevaux de Lorraine. Par tradition, on dénommait ainsi les quatre plus vieilles maisons remontant à l’ancienne chevalerie, et dont les chefs se tenaient aux quatre coins du dais, sous lequel trônait le Duc lors des cérémonies officielles. Outre les Haraucourt et les Lenoncourt, on trouvait également les Lignéville et les du Châtelet.

Pâques 1639. La guerre de Trente Ans fait rage, et des Suédois parviennent devant Girecourt. Ils débutent un siège dont l’issue est incertaine.

Le maître des lieux est alors Pierre de la Porte de Saint Julien, époux de Françoise de Mercy. Ils auront deux fils, Pierre et Louis, qui seront baptisés en 1645 et 1646, dans la chapelle du château, dont une magnifique fenêtre ogivale vient d’être mise à jour.

Bailli et gouverneur d’Epinal, Pierre de la Porte est colonel de cavalerie. Il commande 120 mousquetaires à cheval, aux ordres du Duc Charles IV. Ils défendront le château protégé par ses douves, qui représentaient le premier obstacle défensif de la forteresse. Longtemps envasées et partiellement comblées, elles sont à nouveau en eau depuis l’an 2000.

Jean-François Humbert

Né en 1663, Jean-François était le fils de François Humbert, écuyer, seigneur de Hémaménil et de Bures, brigadier de la noblesse de la Vôge, et de Georgette Baradel, fille de Toussaint Baradel, capitaine au service de la France, puis de Charles IV. Après des études de droit à Pont-à-Mousson, il avait été reçu avocat au parlement de Metz le 13 avril 1684. Il devient conseiller au bailliage d’Epinal le 3 décembre 1685.

Seigneur de Faucompierre, de la châtellenie de Vaubexy, des bans de Vaudicourt, Dompierre et autres lieux, il est nommé commissaire par le Duc Léopold en 1701, afin de répertorier les mines d’argent de Lorraine.

Il devient en 1707, grand maître des eaux et forêts au département des Vosges. Conseiller-secrétaire d’état des ducs Léopold Ier (1690-1729), puis François III (1729-1737), il est fait chef du conseil des finances.

Il prend possession de la terre de Girecourt en 1705. Le 3 décembre de la même année, il est autorisé par lettres patentes du duc Léopold, d’y exercer la haute justice et d’y faire ériger un signe patibulaire, prison et carcan, contre l’abandon de 3 réseaux de seigle et 6 d’avoine. Chevalier, puis baron de Girecourt le 10 décembre 1722, il est finalement comte de Girecourt le 18 juin 1737.

A cette époque, il s’agit toujours d’un château-fort, entouré de fossés et d’une muraille flanquée de 12 tours, basse-cour et jardin, au village ban et finage dudit Girecourt, séparé en 2 parties par le ruisseau d’Urbion.

Son ancêtre Nicolas Humbert, avait été anobli par le Duc Charles III en 1573 avec pour armoiries : une porte d’or au chevron d’azur, accompagnée de trois pattes de lion coupées de sable, armées de même, deux en chef affrontées, et une en pointe. Et pour cimier, une patte de l’écu, entre deux ailes dragonnées d’or, d’azur et de sable.

Ce sont ces armes, ainsi que celles de sa seconde épouse, que l’on admirer au fronton de cette superbe grille en fer forgé, attribuée à Jean Lamour.

Jean François Humbert reste attaché à sa ville natale, Bruyères, et y fonde en 1716, un hôpital tenu par six sœurs, pour les malades des 57 communes avoisinantes. Après le traité de Vienne en 1738, mettant fin à la guerre de succession en Pologne, il devient chancelier, garde des sceaux de la duchesse douairière Elisabeth Charlotte, veuve de Léopold, à qui il fait don d’un collier de perles de la Vologne.

En l’absence de Son Altesse Sérénissime, il est régent de cette souveraineté, par lettres patentes du 1er mai 1739.

Il avait épousé en premières noces Marguerite Gauthier de Vienville. De cette union, était née Marie-Catherine Humbert, qui devint le 19 avril 1712, la 3ème femme de Charles de Hourières, comte de Viermes, seigneur de Domèvre, chambellan de S.A.R et capitaine de ses gardes.

En secondes noces, Jean-François épouse Suzanne Raymonde le Roy, baronne de Seraucourt, dont il a Joseph-Georges et Dieudonné-Gabriel. Dieudonné-Gabriel Humbert, chevalier, sera reçu dans la compagnie des cadets gentilshommes du roi de Pologne le 24 mars 1748, puis officier dans le régiment du Roi-Infanterie.

Il a également une fille, Marguerite-Suzanne, dame de l’ordre impérial et royal de la croix étoilée, qui se marie avec Charles-Dieudonné, compte de Bourcier de Villers, baron d’Amermont, par contrat passé à Nancy le 18 janvier 1757.

C’est ainsi que le château de Girecourt passe au XVIIIe siècle dans la famille de Bourcier, qui le détiendra jusqu’en 1922.

Principal personnage ayant été maitre de Girecourt, Jean-François Humbert s’éteindra à Nancy le 9 juin 1754, à l’âge vénérable pour l’époque de 91 ans. Sa troisième épouse, Marguerite Sébastienne, lui survivra et mourra à Bruyères, le 17 décembre 1768, âgée de 100 ans 10 mois 20 jours.

Le 7 frimaire an III, par ordre de la Convention, la propriété dite « le château de Girecourt » est confisquée à la citoyenne Marguerite Suzanne Humbert, pour punition de toutes les vilenies, dont elle et ses ancêtres, se sont rendus coupables dans les siècles passés.

Les habitants ne doivent plus désormais battre l’eau des douves pour empêcher les grenouilles de coasser à la période des amours. Le citoyen Bouillot est chargé de détruire toutes les insignes rappelant la féodalité, la royauté et leurs tyrannies.

Combien de trésors ont été vandalisés, et combien de témoignages de cette ancienne France ont à cette époque définitivement disparu ?

La tour de Crillon, dont on remarque la silhouette au fond du parc, le long de la route menant à Bruyères, fait partie de ces victimes. Elle fut érigée vers 1782 par le comte de Girecourt, en l’honneur de son cousin, Louis des Balbes de Berton de Quiers, duc de Crillon et de Mahon, fait grand d’Espagne par Charles III. Il voulait ainsi commémorer la victoire du Duc qui venait de prendre la citadelle de Mahon sur l’île de Minorque, aux mains des Anglais depuis le traité d’Utrecht. On dit que rappelant une bataille navale, cette tour était surmontée d’un trois-mats, détruit par les révolutionnaires qui ont également rendu illisibles toutes les inscriptions relatant cette histoire et vantant les mérites de Crillon.

Le 6 vendémiaire an IV, le citoyen Collet achète pour la somme de 100 100 livres le château de Girecourt. Il s’agit en fait d’un prête-nom, agissant pour le compte de la famille de Bourcier de Villers, dont Charles Dieudonné avait épusé Margurite Suzanne de Girecourt.

La maison rentre alors dans une famille de grands propriétaires terriens, possédant des centaines d’hectares forestiers, des hôtels particuliers à Nancy et Paris. Les Bourcier se sépareront du château à la fin de la première guerre mondiale.

Aux premières heures du XXIe siècle, Girecourt est devenu le berceau de l’œuvre universelle du temps. Ce tableau imaginé par Astier, est le dernier tableau achevé dans les ultimes secondes du deuxième millénaire. Constitué de 2000 feuilles d’or numérotées, et surmontées des symboles chromosomiques de la femme et de l’homme, il représente la traversée par l’humanité de ces 2000 ans d’histoire. Il se veut également un trait d’union entre toutes les nations et tous les peuples de la terre, par l’intermédiaire des 2000 laps numérotés, diffusés pour l’instant dans une cinquantaine de pays, et qui ornent des lieux aussi prestigieux que le musée du Vatican, la villa Médicis, l’O.N.U, l’Elysée ou Ground zero à New-York.

Clin d’œil du destin, ou signe d’encouragement d’un grand architecte, la charpente du château a la caractéristique d’être composée d’une double superposition de croix de saint André ayant la forme d’un X. Mais partout, sauf au dessus de la galerie, où sans qu’on sache pourquoi, quelqu’un a coupé il y a très longtemps la patte inférieure droite d’une croix, transformant un X en Y…

Les travaux de restaurations, depuis plus de 10 ans, ont permis de sauver Girecourt, et l’étude minutieuse du bâtiment a révélé de nombreuses splendeurs masquées par des agencements discutables réalisées au XIXe siècle. La galerie vitrée remonte à cette époque, mais érigée en dépit des règles de l’art, elle menaçait de s’effondrer. Il devenait urgent de réagir et deux possibilités pouvaient être envisagées : refaire à l’identique une structure non fonctionnelle très sombre et insalubre, ou garder le concept de galerie vitrée, mais supprimer le plancher du premier étage, dégageant ainsi la façade du XVIe siècle, intégré dans un design résolument contemporain.

Un monument historique doit évoluer s’il ne veut disparaître et, en partenariat avec la direction régionale des affaires culturelles et avec le service départemental de l’architecture et du patrimoine, c’est cette seconde solution qui a été retenue. Elle ancre désormais le château de Girecourt dans le XXIe siècle, garante de sa modernité mais fidèle à son histoire et à son âme. Elle est le symbole de l’orientation culturelle du site, ami de l’art sous toutes ses formes, terre inspirée, où viennent méditer et créer petits et grands, beauté romantique qu’il nous a été donné de protéger et transmettre à la postérité.

Après avoir parcouru l’histoire du château, je vous propose de découvrir un document quelque peu insolite. Il s’agit d’un autodafé de titres de noblesse.

D’après un article paru dans la revue « Le Pays Lorrain » – Année 1912.

Dieudonné-Gabriel Humbert, comte de Girecourt, était né à Bruyères-en Vosges, vers I735. Un de ses ancêtres, Jean Humbert, avait été conseiller du duc de Lorraine, Charles III, et envoyé extraordinaire à Vienne en 1578. Son père, Jean-François Humbert, décédé en 1754, fut grand maitre des eaux et forêts, conseiller, puis secrétaire d’Etat, sous les ducs Léopold et François III.

C’est en sa faveur que, le 10 décembre 1722, le premier de ces deux princes avait érigé la terre de Girecourt en baronnie.

Dieudonné-Gabriel Humbert, ancien officier du régiment Roi-Infanterie, avait été nommé en 1766, bailli d’épée du bailliage royal de Bruyéres, et c’est à ce titre qu’il présida, dans cette ville, le 16 mars 1789, la réunion des trois ordres pour la rédaction des cahiers de doléances du bailliage.

Le procès-verbal de cette séance le qualifie seigneur de la baronnerie de Girecourt, du fief de Vienville et en partie du ban de Dompierre et Vaudicourt, de la mairie de Barbey-Seroux, de Faucompierre, Jarménil, mairie de Granges, Gugnécourt, Granvillers et Destord en partie. En 1779, M. de Girecourt avait été admis au nombre des membres titulaires de la Société des Lettres et Sciences de Nancy et, de 1778 à 1781, il avait publié un Essai sur l’histoire de la Maison d’Autriche, dédiée à Marie-Antoinette.

Le 1er juillet 1793, le comte de Girecourt arrivait à Plombières, pour y prendre les eaux, et descendait chez Nicolas Géhin, notable. Un certificat de résidence qu’il demanda le 15 octobre, à la municipalité, nous le dépeint ainsi : taille cinq pieds et six pouces, cheveux et sourcils blancs, yeux gris, nez long, bouche moyenne, menton petit, front élevé et visage long.

Que se passa-t-il pendant son séjour ? Quelles circonstances l’obligèrent à agir de la manière que nous allons voir ? Nous l’ignorons.

Le fait est qu’à la date du 14 frimaire an II (4 décembre 1793) se trouve inséré, dans les registres municipaux, l’acte qui suit :
« Aujourd’hui 14 frimaire an II de la République, une et indivisible, est comparu au greffe de la municipalité de Plombières, devant le maire, les officiers municipaux et le procureur de la Commune, Dieudonné-Gabriel Humbert, ci-devant Girecourt, citoyen de Nancy, actuellement Plombières, lequel déclare, de la meilleure forme, tant pour lui que pour la postérité, renoncer à sa noblesse et à tous les privilèges et prérogatives qui y étaient attachés et pour en éterniser l’oubly et en effacer jamais les traces, il déposait, entre les mains desdits officiers municipaux, tous les titres, documents, tant anciens que modernes, plusieurs au parchemin et d’autres en papier, écrits en différents idiomes (portant tous ses droits qui étaient attachés la ci-devant seigneurie, ditte Girecourt), dans lesquels titres de noblesse sort aussi comprises les patentes et commissions données par les différents princes et souverains, un grand nombre portant armoiries et scel, au nombre de cinquante et une pièces, lequel après avoir pris lecture de sa déclaration y a persisté et a signé ». La phrase entre parenthèses a été biffée sur le manuscrit.

Les officiers municipaux délibérèrent d’abord que ces pièces seraient envoyées au directoire du district. Mais voulant peut-être, à l’instar d’autres localités, donner à leurs concitoyens l’attrait d’un spectacle nouveau, ils décidèrent d’en faire un autodafé.

En voici le procès-verbal :
« Aujourd’hui 20 frimaire an II de la République, une et indivisible, en la maison commune, séance publique.
Les maire, officiers municipaux, membres et procureur composant le Conseil général de la commune de Plombières, assemblés au lieu ordinaire des séances, pour l’exécution de la célébration de la fête civique et de la décade annoncées, ainsi que de l’union de la fraternité de toutes les autorités constituées pour ce invitées, et en suite du réquisitoire du procureur général de la commune, il a été délibéré, à l’unanimité, que la délibération intervenue en suite du dépôt fait à la municipalité par le citoyen Dieudonné-Gabriel Humbert (ci-devant Girecourt), domicilié à Nancy, de tous les titres, papiers, documents, titres de noblesse, etc., au nombre de cinquante et une pièces, serait rapportée et regardée comme non advenue, que le dépôt dont il s’agit, serait brûlé au pied de l’arbre de la Liberté (*), en présence des autorités assemblées ce dit jour, à cinq heures de relevée, ce qui à l’instant a été exécuté en présence du peuple assistant à ladite fête civique ».
 

(*) L’arbre de la Liberté était placé « au-devant du Temple de la Raison ». En Pluviôse, an II, il « tombait en vetusté ». Le 30 de ce mois (18 février 1794), jour de décadi, la municipalité le remplaça, à ses frais, par un chêne de moyenne grosseur. Cette plantation eut lieu solennellement « au son de la cloche, de l’artillerie, et des chants des hymnes patriotiques ».

Le ci-devant Girecourt quitta Plombières le même jour, 20 frimaire. Il y revint l’année suivante et descendit chez Thomas Jacotel, où il résida du 28 messidor (16 août) au 10 fructidor (27 août). En floréal, an III, il était à Nancy et donnait pouvoir à Thomas Jacotel, pour obtenir de la municipalité, un certificat de résidence qui attestat ses deux séjours passés à Plombières. Cette pièce lui était délivrée le 14 floréal, an III (3 mai 1795). Il mourut la même année.


Archive pour décembre, 2010

Pont-à-Mousson

Blason Pont-à-Mousson

 

D’après « L’histoire des villes de France » – Aristide Guilbert – 1845

A moitié route à peu près de Metz à Nancy, l’on trouve sur les deux rives de la Moselle une jolie petite ville, d’origine assez moderne, laquelle tire son nom du pont qui en réunit les deux moitiés : c’est Pont-à-Mousson.

Le nom latin de cette ville a souvent varié ; ainsi elle a été appelée indifféremment : Pons ad Montio, Pons ad Monliculum, Ponti-Mussum et Mussi-Pontum. Quant à l’origine de son nom, elle n’est pas difficile à saisir : la ville et le pont sont dominés par la montagne et le château de Monçon ou Mousson, dont le rôle a été grand dans le moyen âge. De là, la dénomination de la bourgade formée peu à peu au pied de la montagne.

Des titres de l’évêché de Toul, rédigés en 896, sous le roi Zwentibald, et en 905, sous Louis III, mentionnent déjà villa Pontus sub castro Montionis. Dès la fin du IXe siècle, il y avait donc en cet endroit un pont sur la Moselle et une bourgade.

En 1229, les Messins, guerroyant contre le comte de Bar, auquel appartenait la forteresse de Mousson, rompirent le pont afin d’empêcher ce prince de communiquer avec la garnison de la forteresse. Le duc Mathieu II, en 1232, brûla la ville pour punir le comte de Bar d’avoir secouru les Messins.Ce fut le comte de Bar Thiébaut, qui, en 1263, commença à bâtir l’église de Sainte-Croix-sur-le-Pont. Mais il n’en fit construire que le chœur, et l’église ne put être achevée qu’en 1450, par les soins d’Yolande d’Anjou.La ville de Pont-à-Mousson contenait trois hospices différents. Un titre du comte de Bar, Renaud Ier, écrit en 1147, en mentionne un, placé dans l’ancienne ville dudùm juxta pontem Sub monte. Thiebaut II, fonda en 1257, un second hôpital dans la ville neuve, vis-à-vis de l’église de Sainte-Croix.Enfin, dès 1257, existait à Pont-à-Mousson, la maison de saint Antoine qui tenait également lieu d’hospice. La multiplicité de ces établissements de charité tenait à ce que, chaque année, de nombreux pèlerins se rendaient dans cette ville, afin de se prémunir contre l’affreuse maladie, connue sous le nom de feu saint Antoine, qui fit tant de victimes pendant les XIe et XIIe siècles.

Vers le commencement du XIIIe, fut fondée la ville neuve de Pont-à-Mousson, sur l’autre rive de la Moselle. En mars 1261, Thiebaut II, afin d’y attirer des habitants, offrit à ceux des villages voisins des terrains pour bâtir, avec l’assurance qu’il leur serait permis de vivre sous le régime de la Loi de Beaumont. Cette mesure lui réussit à merveille, et la nouvelle ville ne tarda pas à se peupler. Les titres de cette époque parlent souvent de la centaine (centena) de la ville : il y a lieu de croire que c’est au corps de la bourgeoisie que s’applique cette désignation.

Régis d’abord par la Loi de Beaumont, les bourgeois furent ensuite soumis à la loi de Stenay. Ils avaient un mayeur et sept échevins qu’ils choisissaient chaque année. Un sénat à vie de quarante jurés complétait la constitution municipale de Pont-à-Mousson. Ce régime se maintint jusqu’à l’érection de la ville en marquisat par l’empereur Charles IV (1354).

Plus tard, Pont-à-Mousson obtint tous les privilèges des villes impériales, et la commune fut administrée par un échevin, assisté de sept jurés et de dix-huit conseillers. Cette nouvelle forme de gouvernement se maintint jusqu’à la réunion à la France.

Le 30 octobre 1369, les Messins s’emparèrent de la ville et la brûlèrent. En 1443, ils enlevèrent tous les bagages de la reine Isabelle, femme de René d’Anjou, venue en pèlerinage à Saint-Antoine du Pont.

Charles-le-Téméraire s’empara de la ville, en 1475, après huit jours de siège. Le duc René II y rentra, dans le mois d’octobre 1476, mais il n’y demeura qu’une nuit. Ses troupes s’étant révoltées, il fut obligé de se retirer et les Bourguignons y revinrent, dès le lendemain, sans éprouver la moindre résistance.

Le 8 avril 1552, le roi de France Henri II se saisit de Pont-à-Mousson, et ordonna sur-le-champ de fortifier la ville et le château. M. de Vieilleville, à l’abri derrière ses murs, ne cessa de tourmenter l’armée impériale, pendant toute la durée du fameux siège de Metz, en lui enlevant coup sur coup, les convois de toute nature qui lui étaient expédiés de l’Allemagne et des Pays-Bas.

Le comte d’Egmont, en 1553, étant parvenu à rentrer dans la place, au nom de Charles Quint, les travaux de fortification furent interrompus encore une fois. On les reprit plus tard, et la ville resta dans un état respectable jusqu’en 1670. M. de Créqui la fit alors démanteler complètement.

C’est au château de Mousson que s’opéra, en 1567, la jonction des protestants allemands amenés par Casimir, fils de Frédéric II, comte palatin du Rhin, avec les protestants français, commandés par le prince de Condé et l’amiral de Coligny. Le duc d’Aumale, pour ralentir ce mouvement, fit ruiner deux des arches du pont, lesquelles ne furent rétablies qu’en 1580, par le duc Charles III.

Déjà, en 1524, un effroyable débordement de la Moselle en avait détruit quatre arches, ainsi que plusieurs maisons et un très grand pan de la muraille d’enceinte. Vers 1640, il fut de nouveau emporté par les eaux : on le reconstruisit en bois, et c’est au duc Léopold qu’est dû le beau pont de pierre qui subsiste encore aujourd’hui.

En 1572, Charles III fonda à Pont-à-Mousson une université, devenue justement célèbre, et dont tout l’enseignement fut confié aux PP. Jésuites. En 1579, il accorda aux habitants quatre foires de quinze jours chacune. Le dernier événement militaire relatif à Pont-à-Mousson est sa reddition aux troupes françaises, le 7 août 1641. Tant que la ville dépendit du duché de Lorraine, elle fut le chef lieu d’un bailliage ressortissant à la cour souveraine de Nancy.

Le château d’Epinal (88)

Blason EpinalLes ruines du château d'EpinalPlan du château d'EpinalTableau de Nicolas Bellot

Classé monument historique depuis 1992, le château d’Épinal et les ruines de l’ancienne forteresse dominent la ville d’Épinal et la vallée de la Moselle à 387 m d’altitude.

Je vous propose de remonter le temps, et d’imaginer à quoi pouvait ressembler cette magnifique forteresse.

D’après les Annales de la Société d’Emulation des Vosges 

Une tradition populaire veut que le château ait été construit au Ve siècle mais aucun document ne vient étayer cette thèse. Le premier document relatant l’existence du château de Spinal est la chronique de Saint-Symphorien de Metz qui parle de la fondation du monastère au pied du château, à la fin du Xe siècle.

Les quelques ruines du château subsistant aujourd’hui, ne permettent pas de se rendre compte exactement de ce qu’il était autrefois. Pourtant, ces vestiges font reconnaître que le donjon était carré, d’autres en tracent l’enceinte : 3 piliers massifs (de construction plus récente) servaient à soutenir une passerelle reliant le donjon à des ouvrages de défense extérieurs placés sur une éminence voisine.

Heureusement, le tableau de Nicolas Bellot représentant la ville d’Epinal en 1626, permet de se rendre compte de ce qu’était, à cette époque, cette forteresse, au moins sur sa face antérieure, celle qui regardait la ville.

Longtemps, jusqu’au XIIIe siècle, le château occupa simplement le point culminant du coteau dominant la ville. Le château était formé surtout par un gros donjon carré, assez élevé et couvert de tuiles. Là se trouvaient les salles pour les soldats, l’arsenal, les magasins, la chambre du commandant. Ce donjon massif aux murailles épaisses, était surmonté d’un beffroi contenant le logement du guetteur.

Sur l’autre côté (Ambrail), formant pendant au donjon et relié à celui-ci par une galerie intérieure couverte, se trouvait la tour Saint-Georges, surmontant la chapelle dont le faîte ne dépassait pas la hauteur de la muraille la reliant au donjon. Du haut de la Tour Saint-Georges, les sentinelles, disent les archives d’Epinal, découvrent la ville, la campagne et les fortifications.

De la Tour Saint-Georges, partait (côté de la ville) une haute muraille, en forme de trapèze, venant rejoindre le donjon, et formant une enceinte dans laquelle se trouvaient une cour et divers autres bâtiments. Tel était le château primitif.

Au XIIIe siècle, le Haut-Château fut englobé dans l’ensemble des fortifications de la ville. L’enceinte nouvelle, remontant chacun des versants du coteau, vint se souder (côté Ambrail) à la Tour Saint-Georges d’un côté et au donjon (côté Saint-Michel) de l’autre. L’enceinte du château fut agrandie (côté ville) par une muraille transversale, basse, protégée par un fossé. Aux deux extrémités de cette muraille furent élevées deux tours.

Probablement à la même époque, furent ajoutés à la face postérieure du château des travaux de défense que l’on ne voit qu’en partie sur le tableau de N. Bellot, ces fortifications nouvelles formèrent Le Châtelet.

Sur la gauche du château (côté Saint-Michel), on voit sur le tableau de N. Bellot une redoute appelée la Tour de Lespinoux, placée au delà du ravin et reliée au château par une haute passerelle dont les piliers subsistent encore. Cette tour de Lespinoux était bien postérieure au donjon et aussi à l’enceinte du XIIIe siècle.

Tout ce côté du château était le point faible de sa défense. Si les autres faces en étaient protégées par de fortes pentes, il n’en était plus de même pour le côté postérieur séparé du plateau par un simple ravin. C’est pour cela qu’il fallut créer sur cette face, le Châtelet, la Tour Lespinoux et augmenter la profondeur du ravin.

Au moment où la ville fut entourée d’une seconde enceinte de pierres (XIIIe siècle), le château dut être augmenté et une seconde muraille transversale contournant le pied du coteau au-dessus des rues Haute et d’Ambrail, engloba dans le château le coteau tout entier. L’enceinte du château ainsi augmentée, comprenait tout le versant ouest du coteau, c’est à dire celui qui dominait la ville. Sur cet espace (place des Ormaux), se trouvaient 12 maisons servant à loger les soldats, les chevaux et autres animaux.

Au milieu de la muraille transversale, se trouvait la Vouerie, formée d’une haute tour carrée et de divers bâtiments, servant à loger le Bailly. Là se trouvait aussi la porte d’entrée à laquelle on parvenait par la ruelle de la Vouerie.

Au XVIIe siècle, château et murailles, déjà en mauvais état, furent démantelés définitivement par les Français (1670)  à l’époque de l’occupation de la Lorraine sous Louis XIV.  Il arriva pour le château, ce qui se produit pour des ruines abandonnées. Elles devinrent des carrières où tous allaient chercher des matériaux tout prêts pour leurs constructions. Ce fut avec les murs du château que furent élevés, sur les flancs du coteau (côté Ambrail surtout) les murs de soutènement.

Les souverains interdisaient cette exploitation des ruines : le 17 janvier 1723, interdiction est faite d’enlever les matériaux provenant des ruines du château. En revanche, l’année suivante, le duc Léopold autorisait la ville d’Epinal à prendre dans ces ruines, les pierres nécessaires à la construction d’une muraille le long du canal de la Petite-Ville.

C’est ainsi que disparurent, ou à peu près, les ruines du château d’Epinal. Elles sont éparses dans les murs de soutien du coteau, dans les nombreuses maisons construites au XVIIIe siècle, et dans les quais le long de la Moselle et de ses dérivations.

A voir, un superbe album photo des ruines du château d’Epinal.

A visiter, un splendide site présentant la maquette de la ville d’Epinal en 1626  d’après le tableau de Nicolas Bellot.

Les Spinadors

Spinadors

 

Gourmandise (meilleur bonbon de France Intersuc (Paris) en 1978) composée de  2 Coquilles de nougatine avec un praliné à l’ancienne au centre.

Un délice !!!

Adresse :
Chocolaterie Lamielle 13 rue Rualménil 88000 EPINAL

La perle de Lorraine

Perles de Lorraine

 

Spécialité de la maison des Sœurs Macarons

La perle de Lorraine est une pâte de fruits avec un coeur d’eau de vie de Mirabelle.

Adresse  :

- Maison des sœurs Macarons 21, rue Gambetta 54000 NANCY

123456

clomiphenefr |
allopurinolfr |
Parler l'anglais en Martinique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Boite qui Mijote
| NON A LA MONARCHIE AU SENEG...
| Alain Daumer