Le château de Dieulouard (54)

Blason de DieulouardCarte de DieulouardChâteau de Dieulouard

 

Inscrit au titre des monuments historiques depuis le 19 juin 1927, il faut attendre 1970 pour qu’un début de réhabilitation soit entreprise, avec la restauration du logis épiscopal et la création d’un musée gallo-romain. Installé dans le château, le Musée des Amis du Vieux Pays à Dieulouard présente des objets provenant de l’antique cité de Scarpone.

Je vous propose de remonter le temps, et de découvrir l’histoire mouvementée de ce château, plusieurs fois détruit, puis reconstruit.

Les appellations anciennes ont été respectées.

D’après « Le département de la Meurthe » d’Henri Lepage – 1843
et la « Notice historique sur Scarpone et Dieulouard » de l’abbé Melnotte – 1895

Le premier document qui parle de Dieulouard est un diplôme de l’an 1028 donné par l’empereur Conrad-le-Salique, à l’occasion de l’abbaye de Gellamont, bâtie près du château de Dieulouard, dans le pays de Scarpone.

Toutefois, Scarpone et Dieulouard n’ont jamais composé une seule et même ville, et le château de Dieulouard n’a jamais été la forteresse de Scarpone dont parle le fameux Gerbert dans sa 47e lettre. Il y a bien plus d’apparence que Dieulouard s’est accru, ou même s’est formé des débris de la ville de Scarpone, avec laquelle il ne fait à présent qu’une seule commune.

L’histoire, en effet, ne commence à parler de Dieulouard que dans le XIe siècle, auquel temps elle cesse de mentionner Scarpone. Il semble néanmoins que Dieulouard n’avait encore, dans le milieu du XIe siècle, aucun territoire ou ban particulier, et que celui de Scarpone n’en était pas encore séparé, puisque le vignoble qui en est proche dépendait encore alors de Scarpone. C’est ce que nous apprend Thierri, évêque de Verdun, confirmant et augmentant en 1047 la dotation de l’église collégiale de la Madeleine de Verdun.

Le voyageur qui a traversé le bourg de Dieulouard a certainement remarqué le ruisseau, appelé Chaudrup, dont les eaux, claires et limpides comme du cristal, s’échappent du pied du château, et s’en vont, après un parcours de quelques cents mètres, se jeter dans la Moselle, à l’endroit où fut Scarpone. Primitivement, ces eaux jaillissaient de tous côtés, en une multitude de sources, sans grand avantage pour les habitants. En l’an 1080, l’évêque Thierry-le-Grand les réunit en un canal, et sur ce canal, il fit construire un moulin, qui rendit dans la suite les plus précieux services. Son successeur, Richer, établit à Dieulouard une fabrique de monnaies.

On sait que, pendant le XIIe siècle, la guerre sévit dans toute la Lorraine, à l’état de fléau chronique entre les évêques de Verdun, de Metz, de Toul, les ducs de Lorraine et les comtes de Bar. Il ne faut donc pas s’étonner si, durant cette période, l’histoire de Dieulouard n’est à peu près remplie que du bruit de combats et de sièges.

En 1113, sous l’épiscopat de Richard de Grandpré, la guerre éclate entre Metz et Verdun. L’animosité était telle entre les belligérants, « qu’on arrêtait, emprisonnait et souvent qu’on mettait à mort, tous ceux qu’on rencontrait, appartenant au parti adverse ».

Or, un jour, les gens de Dieulouard surprennent un bourgeois messin qui faisait le commerce. Ils le dépouillent de ses marchandises et le jettent en prison. A cette nouvelle, les Messins accourent, assiègent le château, s’en emparent, y mettent le feu et le rasent, de telle sorte que Dieulouard « demeura comme ville champestre ».

Richard rebâtit son château, mais avant même qu’il soit achevé, les Messins reviennent l’assiéger (1115), et lui font subir le même sort que deux ans auparavant.

Pour la seconde fois, Richard le fait reconstruire. Puis, il réunit en Assemblée des Grands Jours, ses vassaux, barons et seigneurs, et, en leur présence, il déclare traître et félon, Renaud de Bar, lui enlève son titre de voué de l’église de Verdun, pour le punir de n’avoir pas secouru le château de Dieulouard, ainsi que sa qualité l’y obligeait.

Les voués ou avoués, au temps féodal, étaient des seigneurs séculiers qui prenaient soin de la défense des églises et des monastères. Les personnes les plus qualifiées se faisaient un honneur de ce titre de voué. Dans la suite, les voués abusèrent du pouvoir que leurs places leur donnaient, et devinrent un véritable fléau pour les églises et les couvents dont ils usurpaient les biens et les revenus.

Renaud, pour venger cet affront, descend de son castel de Mousson, à la tête d’une armée, et prend Dieulouard, où il exerce les plus grands ravages. Les maisons sont brûlées, les vignes arrachées, les arbres fruitiers coupés, les récoltes détruites, et les malheureux habitants obligés de chercher un refuge dans la profondeur des forêts.

Quelques années plus tard (1122), nouveaux malheurs. Les Messins qui prétendaient avoir encore à se plaindre des insultes des gens de Dieulouard, reviennent, pour la troisième fois, assiéger cette ville et la réduisent en cendres.

En 1238, Raoul de Torole, évêque de Verdun, engage, du consentement de son Chapitre, la châtellenie de Dieulouard et toutes ses dépendances à Eudes de Sorcy, évêque de Toul, pour 200 livres Provins, dont il avait besoin pour les affaires de son église.

Environ un siècle plus tard (1318), le comte de Bar vient assiéger le château de Dieulouard et le ruine. L’évêque Henri d’Apremont le fit reconstruire, afin de le mettre à l’avenir à l’abri d’un coup de main.

Ce prince généreux ne s’occupa pas seulement de relever les murs de la ville, il travailla aussi à améliorer la condition des habitants. Ce fut lui probablement qui les dota d’une charte d’affranchissement.

C’est sans doute aussi à cette époque qu’il faut fixer l’origine des armoiries de la ville de Dieulouard, comme de beaucoup d’autres villes affranchies par leurs seigneurs aux XIIIe et XIVe siècles. Dieulouard portait « de gueules, à la crosse épiscopale d’or, mise en pal, accostée de deux épines d’argent posées de même et la pointe en bas ».

Le château de Dieulouard, ruiné par le comte de Bar, avait été rétabli au XIVe siècle. Les murs avaient été flanqués de tours casematées, avec canonnières, fossés, terrasses, pont-levis et galeries crénelées.

Quoiqu’il soit maintenant défiguré, on en reconnaît pourtant encore l’enceinte, et sept tours, dont six rondes et une carrée, datée de 1595. Car il y a des constructions de toutes les époques dans cette vaste forteresse, depuis le XIe jusqu’au XVIIe siècle. Les fossés avaient, du côté du pont qui les traversait, et qui existe encore, 60 mètres de largeur. Ils sont comblés de maisons.

Dans l’intérieur, on retrouve le logement du prévôt, les culs de basse-fosse, trois citernes. On montre aussi l’endroit où était le pilori de la justice épiscopale, près de la porte, maintenant sans défense, et au-dessus de laquelle se trouve une statue de la Vierge avec cette inscription : « Sub tuum prœsidium ».

Les murs anciens ont presque partout de 2 à 3 mètres d’épaisseur, les embrasures sont nombreuses, en batteries couvertes, et paraissent avoir été destinées au feu des arquebuses et des fauconneaux. Mais le haut des tours et des murailles étant presque partout détruit, on ne peut pas bien se rendre compte du système de défense.

 

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