La perle de Lorraine

Perles de Lorraine

 

Spécialité de la maison des Sœurs Macarons

La perle de Lorraine est une pâte de fruits avec un coeur d’eau de vie de Mirabelle.

Adresse  :

- Maison des sœurs Macarons 21, rue Gambetta 54000 NANCY


Archive pour 8 décembre, 2010

La légende du Chasseur Noir

Le chasseur noir

D’après un article paru dans la revue “L’Austrasie” en 1838

Comme tous les lieux qui eurent, au moyen-âge, quelque célébrité, Prény abonde en traditions merveilleuses. La plus remarquable est celle du chasseur noir ou de la haute chasse, si répandue dans le nord de l’Europe, et qui emprunte dans chaque localité le nom d’un personnage fameux qui habitait à une époque reculée, et dont la mémoire subsiste encore.

Lors donc que le Lorrain qui a marché sur l’herbe qui égare, se trouve vers minuit proche de la tour de Belvoir, il est exposé à rencontrer la figure effrayante gigantesque, du chasseur nocturne habillé de noir, couvert d’un chapeau de l’ampleur d’un vau et qui n’est autre que le terrible sire Milon de Vandières, toujours de ronde sur les murailles solitaires, comme au temps de sa rude défense.

C’est encore lui que, pendant les belles nuits d’automne, on entend partir de Preny à grand bruit d »hommes, de chevaux de chiens et de cors, pour chasser à travers les airs et se rendre aux ruines de Condé où se fait ordinairement la halte.

Mais heureux, trois fois heureux, le Lorrain convié qui n’a pas perdu l’usage du bénédicité. Je veux vous en citer un exemple mémorable que m’a conté le très véridique doyen d’âge de Preny, vieillard de quatre-vingt-douze ans.

Par une sombre nuit du mois de novembre de l’année 1762, un pauvre ménétrier, dont je tairai le nom, cheminait tristement à travers la forêt de Villecey, vers son humble chaumière. Tout à coup, de brillantes fanfares se font entendre et la forêt est spontanément illuminée. Il s’avance, attiré par un délicieux fumet de venaison, et bientôt il est en face de quarante chasseurs noirs de la tête aux pieds, assis autour d’une table servie en vaisselle d’or.

« Un ménétrier, s’écrient tous les convives, allons ami, une aubade, et tu seras content de nous ».

Le ménétrier ne se fait pas presser, et tout en se disant « je me trompe fort si je n’ai pas affaire à sire Milon et à sa gente noire », il racle de son mieux un vieil air de chasse, qui est bruyamment applaudi.

« Un siège, un couvert et cinquante pièces d’or au ménétrier » crie dans son tonnant enthousiasme le chef du banquet, colosse de huit à neuf pieds de haut.
« Merci … sire … Milon, c’est trop d’honneur » balbutie le convive improvisé.
« Eh, l’ami, qui t’a si bien instruit de mon nom ? »
« C’est que … »
« C’est que tu me prends pour le chasseur noir. Eh bien ! Tu vois que je ne suis pas un aussi mauvais diable que vous me faites, race de manants dont j’ai si bien étrillé les pères ».

Et d’un geste impérieux, il indique à son interlocuteur le couvert que des mains invisibles venaient d’apprêter.

En bon catholique, notre ménétrier ne voulut pas prendre place au banquet sans avoir récité ses prières. Il se recueille donc, fait le signe de la croix et dit son bénédicité. Il en était à peine au second verset, qu’un cri infernal parti des entrailles de la terre, arrache de leurs sièges les quarante chasseurs et les enlève à cent pieds de hauteur.

Chevaux, chiens, maîtres et piqueurs tourbillonnent pendant quelques secondes dans une épouvantable confusion et sont entraînés avec une telle prestesse à travers les airs, que les valets n’ont pas le temps de lever la nappe.

Quant au ménétrier, il achève tranquillement son bénédicité, boit et mange en joyeux compagnon et s’adjuge une telle part de vaisselle d’or, que ses descendants sont aujourd’hui riches à millions.

Hélas, ajouta le doyen d’âge de Preny, mes rencontres avec sire Milon, n’ont pas été aussi heureuses et je crois encore sentir les caresses, qu’il fit à mes épaules il y a vingt-quatre ans. Je revenais de Pont-à-Mousson, où j’étais allé chercher des provisions, pour nourrir et abreuver quinze cosaques qui avaient enyahi ma demeure. Comme minuit sonnait à l’horloge de notre vieille église, voilà le chasseur noir qui se dresse devant moi.

« Où vas-tu ? D’où viens-tu ? » me crie-t-il d’une voix courroucée.
« J’ai quinze cosaques à nourrir et à abreuver, lui répliquai- je. Je viens de … ».

Il ne me laissa pas achever.

« Des cosaques à Preny, fit-il avec rage, arrière, arrière, fils de manant », et une grêle de coups accompagna son apostrophe. Je ripostai de mon mieux, mais que pouvais-je contre ce damné ?

Il m’eut bientôt étendu à ses pieds, et m’appuyant son genou sur la poitrine, il me somma de le suivre. Je lui répondis que je ne suivrais jamais que Notre Seigneur. Ce saint nom redoubla sa fureur. Il me saisit d’un bras vigoureux me balança quelque temps dans les airs, et me lança au loin dans la plaine, comme vous eussiez fait d’une pelote de coton. Je me relevai, moulu, meurtri, rompu et tellement ahuri, que j’errai plus de deux heures à travers champs, avant de retrouver mon chemin.

Quand j’arrivai chez moi, le jour commençait à poindre et mes quinze cosaques étaient déjà debout. A mon aspect, ils poussèrent un cri d’effroi et s’enfuirent les uns par la porte, les autres par les fenêtres. En effet, j’étais effrayant. Mes cheveux hérissés, mes traits bouleversés, mes vêtements en désordre me donnaient l’air d’un déterré.

Mes propres enfants eurent peine à me reconnaître, ils me mirent au lit. J’y restai trois mois en proie au délire de la fièvre et à l’affreuse vision du chasseur noir. Aujourd’h’ui encore, je ne puis me le rappeler sans frémir.

Et tout le corps du bon vieillard tremblait à la seule souvenance de son terrible adversaire.

Tel fut son récit : il était fait avec un accent de vérité qui ne me permettait pas de douter, sinon de la réalité de l’aventure, du moins de la bonne foi de sa crédule victime.

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