Les anciennes divisions de Dun-sur-Meuse

Blason de Dun-sur-MeuseEglise de Dun sur Meuse

 

D’après le « Manuel de la Meuse » de Jean François Louis Jeantin – Publication 1863

Anciennes divisions civiles et juridictionnelles

Ordre temporel :

A l’exemple des évêques de Verdun, le duc René de Bar, avait prétendu, en 1436, que Dun et le Clermontois était dans la mouvance de l’empire. Jehan, son successeur, tenta pareillement de soustraire cette province à la souveraineté des rois de France.

Mais ces prétentions n’empêchèrent pas Charles IX de proclamer, dans ses patentes de 1564, que le Clermontois dépendait de sa couronne, en vertu, notamment des stipulations du traité de Bruges de l’an 1301, et de l’acte de reprise d’Iolandre de Cassel de l’an 1373. En politique, la question est toujours restée dans le domaine de la controverse. C’est le droit du plus fort qui, seul, l’a tranchée.

Charles IV de Bar et Lorraine s’étant allié avec les ennemis de la France, le duché de Bar, le comté de Clermont, ainsi que Dun et Stenay, furent saisis et placés en commise.

Charles les vendit au roi par le traité de Liverdun de 1632, mais cette cession forcée ne devint définitive que par celui de Paris, de 1641.

Enfin, en 1649, le Clermontois passa au prince de Condé. Tout resta flottant, dans l’administration locale, pendant un long provisoire, l’organisation définitive fut difficile et lente.

Enfin, par lettres-patentes du mois de janvier 1677, le prince de Condé supprima les trois bailliages :
- de Clermont, qui comprenait la prévôté de Varenne et celle des Montignons
- de Stenay, qui comprenait celle de Dun
- de Jametz, qui dépendait de Sedan.

Le duc du Clermontois en établit un seul, pour siéger à Varenne, et il voulut que ce bailliage connut de toutes les appellations, tant en matière civile que criminelle, des prévôtés de Clermont, Stenay, Dun, Jametz, des Montignons, de Vienne le châtel, et de toutes les hautes justices, maîtrises particulières et gruries du Clermontois.

Cette juridiction fut mise sous la lieutenance de Robert de Henriet de la Vallée, écuyer, seigneur de Sommerance et Bourvaux, et sous la procure générale de Claude Thiéry, seigneur de Franchecourt.

Ordre judiciaire :

- Avant la rédaction des coutumes générales : Loi de Beaumont (charte de 1277).
-
Après la rédaction des coutumes particulières : Coutume de Saint-Mihiel. Le procès verbal de rédaction commença le 23 octobre 1571, et ne fut homologué que le 23 juillet 1609.

Anciennes mesures : Le boisseau, la pièce et la pinte du Barrois. L’arpent étant de 100 perches, le jour de 80 perches, et la perche de 18 pieds 1 pouce 6 lignes.

Anciennes divisions et états ecclésiastiques

Ordre spirituel :

Diocèse de Reims – Grand prieuré de Saint-Germain de Montfaucon, autrefois chef-lieu des chrétientés de l’Argonne – ensuite archidiaconné de Champagne, sous le titre de Saint-Médard de Grandpré – doyenné rural de Saint-Giles de Dun.

La cure priorale de Notre-Dame a été érigée, en 1346, par Geoffrois IV. Le prieur de Saint-Giles en était curé de droit : cette prérogative, avec celles de présentation et de collation, passèrent aux Pères minimes.

Le Vieux Moutier et la roche de Saint-Egesiles – La légende

Le Vieux Moutier, près du dolmen de Milly, est, indubitablement, le berceau de la chrétienté des Dunes. Son emplacement est indiqué par une grande croix, sous de beaux arbres, au-dessous de l’ancienne porte de Milly, sur le front de la citadelle vers Stenay. Son oratoire primitif était ainsi, comme le dit la charte de 1094, sous les murs du Castrum, « ecclesia in honore sancti Egidii in suburbio Dunensis castri constructa ».

Giles de la Roche, Vander Gesilus, était, dit-on, fils du comte Walchise, beau-frère d’Anschises père de Pépin d’Herstal, celui qui eut pour femme Waldrade, sœur de Pepin l’ancien dit de Landen. Il était né à Verdun et il y avait de vastes domaines patrimoniaux. Il se retira de la cour de Dagobert, en 628. Il entra en religion, se mit sous la direction de Baldéric fondateur du monastère de Montfaucon, puis il se retira à la limite de l’Austrasie et de la Neustrie (Tous les documents historiques démontrent que la pierre de Milly était une borne austrasienne, sur la grande voie de Metz à Rheims). Là, il édifia un petit monastère auquel il donna le nom de Heligengaudium. Ce fut le principe du vieux Moutier de Dun.

Fondation du prieuré

Waultier ou Gauthier, second haut voué de Dun, donna une forme nouvelle à ce noyau d’établissement du prieuré.

En 1094, Waultier cède aux humbles religieux, qui habitaient aux pieds de son donjon, sa chapelle castrale. Il leur cède en outre l’alleud de sa femme à Villy, c’est-à-dire la hache de Villy, entro Blagny et Ivoy, avec toutes les dépendances (Il y comprend cent quarante têtes de serfs de l’un et l’autre sexe). Il y ajoute trois moulins sous son coteau de vigne, à Dun, plus un moulin à Sassey.

Il y annexe ses droits et prérogatives de justice, et notamment ceux sur les étrangers à hospitaliser dans le bourg de Saint Giles, et sur les foires et marchés. A cette charte, concoururent Azélina sa femme, fille d’Azo sire de Blagny, ensemble plusieurs seigneurs. Ceux-ci ont donné le terrain où est assis le couvent, les autres y ont ajouté un pré sur la Meuse. Le sire de Colmay Varnerus donne encore une vigne au Fay de sa terre de Failly. Enfin, l’archevêque de Rheims Ramoldus accorda sa sanction au nouvel établissement.

En 1402, Robert de Bar et Marie de France concédèrent au, prieuré de Saint-Giles les dixmes de Brieules, pour la fondation de deux chapelles, celles de Saint-Nicolas et de Sainte-Catherine, établies, alors, dans l’église priorale de Notre-Dame de Dun. Puis toute la dotation, tant ancienne que successive, passa aux Antoinistes, quand ils obtinrent la régie des hôpitaux du Barrois. C’est alors que l’église de Saint-Claude fut fondée dans l’isle de la cité.

L’ancien prieuré, placé sous la porte de Milly, n’existe plus depuis longtemps, non plus que la chapelle castrale de Saint-Giles, qui l’avait remplacé.

L’église des Minimes, sur la place de la ville haute, à l’orient et sur la même ligne que la paroissiale actuelle, a également disparue. On la voit encore sur le plan du siége de 1533.

Voici son origine :
L’ordre des Hospitaliers de Saint-Antoine, en Dauphiné, érigé en abbaye en 1297, avait été déclaré chef d’un grand nombre d’hôpitaux. Cet ordre devait sa naissance à la tradition qui disait : que saint Giles natif d’Athènes, mort, en 550, sur les rives du Rhône, près de Saint-Césaire d’Arles, avait été élevé par une biche qui l’avait nourri de son lait.

En 1385, le 26 juin, le bon duc Robert avait accordé à F. Besançon, supérieur de cet ordre, les maisons-Dieu, maladreries et hôpitaux de sa ville de Bar et de toute sa duché du Barrois.

D’un autre côté, les Pères minimes s’étaient établis en Lorraine, en 1473. Orion chanoine de Toul, alors bénéficiaire du prieuré de Saint-Giles, offrit de s’en démettre, pour les introduire à Dun, ce qui fut accepté : le prieuré était déjà transformé.

Le 7 juin 1402, Robert de Bar et sa femme avaient, comme il est dit plus haut, fondé deux chapelles, celles de Saint-Nicolas et de Sainte-Catherine, en l’église du vieux Moustier, qui alors était près de leur château. Ces chapelles, ils les avaient dotées, notamment, des dixmes de Brieules, et ils s’en étaient réservé la collation. Ce fut cette dotation, avec celle du prieuré de Saint-Giles, qui, plus tard, furent la prébende du dernier établissement.

La cession comprenait, notamment, par indivis avec l’ancien domaine ducal de Dun, les trois quarts du tonlieu, vente et hallage de la foire Saint-Giles, plus les moulins et battants, plus la moitié du droit de passage des nefs et bateaux, aisances et dépendances, biefs, cours d’eau, chaussées, écluses, glacis, et ce en tous droits de propriété. (Ces droits furent rachetés par le duc Charles de Lorraine, des mains de D. Lafrique, provincial de l’ordre, par un échange du 26 mai 1609, et la dotation des chapelles, avec l’ancienne dotation du prieuré de Saint-Giles, servirent, en 1611, à la dotation des Pères minimes de Stenay). La cession Orion comprenait aussi le droit de nommer aux cures de Dun, de Lions, et de Murvaux.

Hospice Saint-Claude

Le germe de cet établissement était dans la charte du châtelain Wauthier de l’an 1094, portant érection du prieuré. Sa maladrerie avait été dotée par les anciens seigneurs du pays, et, notamment, par Warin, sire de Murvaux. C’est de celui-ci que venait la cense en lieu dit Warinvaux.

Cense et maison-Dieu étaient propres à la ville, quand, en 1408, un F. Geoffroy, supérieur des Augustins de Bar remplaçants des Antoinistes, obtint, subrepticement, de la duchesse Marie de France sa pénitente, la concession de la maison-Dieu des Dunes et le gagnage y attaché. Mais le duc Edouard, mieux éclairé sur les droits respectifs, fit justice aux habitants, en révoquant l’acte surpris à la duchesse : sa sentence est du 14 janvier 1409. A la ville basse, existait une chapelle annexée à la maladrerie dite de Warinvaux.

Les chapelles dotées, dans les diverses églises, étaient :
- celle du Rosaire
- celle des Trépassés
- celles des Saints : Giles, Nicolas, Eloy, Claude, Hubert
- celle des arbalétriers de Saint-Sébastien
- celles des Saintes : Catherine et Marguerite.

La chapelle de Sainte-Marguerite était près de la porte de ce nom, débouchant vers Stenay. La chapelle Saint Claude était dans l’île, entre le pont de la Payette et celui de la Tour. Les autres étaient dans les deux églises de la ville haute. 

 

clomiphenefr |
allopurinolfr |
Parler l'anglais en Martinique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Boite qui Mijote
| NON A LA MONARCHIE AU SENEG...
| Alain Daumer