La légende de Sainte Idelette de Doulcon

La légende de Sainte Idelette de Doulcon dans Légendes de Lorraine lajeunebergeregeorgeslaugee.vignette 

D’après un article paru dans la revue « Le pays lorrain » en 1912

Une gracieuse légende qui se raconte à la veillée, nous représente Idelette, gardant un troupeau de moutons dans la vallée de la Meuse, non loin de Doulcon, qui alors avait le rang de capitale du pays Dormois (*), et enseignant les éléments de la foi aux habitants encore païens de ces contrées. Une vertu divine accompagnait les pieuses exhortations de la Vierge et souvent des faits merveilleux confirmaient ses paroles.

Un jour, frappant le sol de sa quenouille, la sainte bergère fit jaillir une source qui porte son nom, entre Doulcon et la ferme de la Brière. De cette quenouille de bois sec, enfoncée dans la terre, elle fit naître sur le champ un buisson d’épines blanches, dont les rameaux fleuris vinrent ombrager la fontaine.

De tels prodiges impressionnèrent vivement les farouches idolâtres qui, peu à peu, ouvrirent leur intelligence et leur coeur aux vérités chrétiennes.

Au-dessus de Jupille, s’élevait une colonne sur laquelle trônait une statue de Jupiter, fameuse dans la région. Là était le centre du paganisme de toutes parts, les adorateurs des faux-dieux venaient aux pieds de l’idole, déposer leurs voeux et leurs hommages. La source pétrifiante qui coule non loin de l’antique métairie, reçut plus d’une fois, sans doute, des pièces de monnaie, comme tributs de leurs dons.

Mais la vierge chrétienne qui avait consacré sa vie à établir le règne du vrai Dieu, devait employer tous ses efforts à ruiner la dernière citadelle d’un culte faux et sacrilège. Grâce à ses efforts persévérants, la statue de Jupiter fut renversée et ses adorateurs confondus.

Cependant l’enfer ne pouvait sans fureur, voir la sainte lui arracher ses victimes et ruiner son empire. Tous les païens de la contrée n’étaient point convertis, et, parmi ceux qui, sous l’impulsion de la douce bergère, avaient consenti à recevoir le baptême, plusieurs restaient secrètement attachés aux antiques superstitions.

D’autre part, les prêtres de Jupiter ne pouvaient pardonner la destruction de leurs idoles. Ils relevaient la tête, entraînant à leur suite les faibles et les tièdes, et accusaient hautement Idelette d’amener dans le pays le trouble et la révolte, éternelle excuse de tous les persécuteurs, depuis que le loup de la fable s’est arrogé le droit de dévorer l’agneau.

La pieuse bergère voyait avec sérénité l’orage s’amonceler sur sa tête, elle puisait dans sa foi un courage supérieur à toute cette vérité. Elle n’en continuait pas moins sa vie de prières, de zèle ardent pour le salut des hommes.

Elle eut la douleur de voir, jusque dans sa famille, pénétrer la haine de ses ennemis. Deux de ses frères ne craignirent pas de se faire l’écho des bruits calomnieux élevés contre elle. Dans le but d’obtenir les faveurs du paganisme qui semblait renaître, ces personnages intimèrent à leur soeur l’ordre de renoncer à la foi chrétienne. Idelette ne put entendre sans horreur une telle proposition.

Pleine de la force d’En-Haut, elle répondit qu’elle était prête à tout, plutôt que de renoncer à Jésus-Christ. Irrités de sa noble attitude, les persécuteurs résolurent d’en finir. Ils attachèrent la vierge à une herse retournée, dont les dents, comme autant de dards, transperçaient cruellement ce corps frêle que l’on promena sur une partie du territoire. C’est ainsi que la sainte bergère mourut pour la foi de Jésus-Christ.

Si le nom de sainte Idelette n’est inscrit dans aucun martyrologe, il est du moins gravé dans la mémoire du peuple. Sur le territoire de Doulcon, on montre encore la trace du passage de la herse où était attaché le corps de la martyre, dans sa traînée douloureuse. On entend, parfois, dans la côte voisine, des bruits souterrains, pareils à ceux que ferait en versant, une voiture chargée de vaisselle. Ce sont, dit-on, les plaintes de la sainte, répétées par la montagne qui les a recueillies.

Sainte Idelette a joui d’un culte populaire qui, sans doute n’a eu d’autre origine que celle de la reconnaissance des peuples.

Avant la Révolution une chapelle existait dans la ferme de Proiville, autrefois forteresse féodale, aujourd’hui détruite. Sur l’autel, une statue vénérée de sainte Idelette souriait aux pèlerins.

Chaque année, une des processions des Rogations de Doulcon et de Sassey se rendait dans ce petit sanctuaire, où la messe était célébrée. La cérémonie terminée, il était d’usage que le fermier offrit au clergé, aux enfants de choeur et au peuple, un frugal déjeuner. Cette procession se fit quelques années encore après le rétablissement du culte, à l’emplacement du pieux édifice qui n’existait plus.

(*) Le Dormois, ainsi nommé, dit-on , d’une petite rivière, la Dormoise, qui se jette dans l’Aisne à Tahure, était situé dans l’Argonne, et comprenait les contrées voisines de la rivière d’Aire et de la rivière d’Aisne, au-dessus et au-dessous de leur confluent, en embrassant les territoires des cantons de Buzancy, de Grandpré, de Vouziers, et, dans le département de la Meuse , ceux de Montfaucon et de Varennes. Ce pays a été transformé en comté de Dormois, et est devenu plus tard le comté de Grandpré (Annales ardennaises – F.X Masson – 1861)


Archive pour octobre, 2010

La Meuse dans le royaume d’Austrasie

 

 

D’après la monographie imprimée « Dictionnaire topographique du département de la Meuse » -
Félix Liénard – 1872

Lorsqu’au IVe siècle, la religion chrétienne pénétra dans les Gaules, les divisions du gouvernement civil furent aussi celles de l’Église, du moins en général et sauf quelques empiétements, et chacune de ces divisions, portant le titre de cité (civitas), devint le siège d’un évêché. Les diocèses de Metz, de Toul et de Verdun furent établis et eurent pour métropole Augusta-Trevironun (Trèves).Telle fut l’origine de la dénomination de province des Trois-Évêchés prise plus tard par ces trois diocèses, dont une partie compose le département de la Meuse.

Au Ve siècle, les Romains ayant été chassés par les Francs, un nouvel empire se forma dans les Gaules sous Clovis, qui en fut le premier roi. A la mort de ce prince, le royaume fut partagé entre ses quatre fils. Le pays qui forme aujourd’hui le département de la Meuse échut à Théodoric et fit dès lors partie du royaume d’Austrasie. Metz en fut la capitale.

L’Austrasie était divisée en un grand nombre de pagi, qui devinrent plus tard des contrées, des comtés ou des duchés.

Ceux qu’on retrouve dans le département de la Meuse sont les suivants :
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Pagus Argonnœ ou Saltus Argonnœ : l’Argonne
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Pagus Barrensis : le Barrois
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Pagus Bassiniacensis : le Bassigny
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Pagus Bedensis ou Wedensis : le pays de Void ou la Voide
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Pagus Blesensis : le pays de Blois
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Pagus Dulcomensis : le Dormois
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Pagus Eposiensis : le pays d’Yvois
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Pagus Odornensis : le pays d’Ornois-en-Barrois
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Pagus Ornensis : le pays d’Ornois-en-Verdunois
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Pagus Parthensis ou Pertisius : le Perthois
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Pagus Porticensis : le Porcien
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Pagus Satanacensis : l’Astenay ou le Stenois
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Pagus Scarmensis : le pays de Carme
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Pagus Vallium : le pays des Vaux
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Pagus Virdunensis : le Verdunois
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Pagus Wabrensis : la Woëvre

L’Austrasie fit ensuite partie du vaste empire de Charlemagne et de ses fils, puis elle échut en partage à l’empereur Lothaire, qui la transmit à Lothaire, son fils, en l’année 855. C’est alors que l’étendue du pays soumis à la domination de ce prince reçut le nom de Lotharingie (Lotharii regnum) ou Lorraine, dont Metz fut encore la capitale.

Les diverses contrées formant ce pays étaient administrées par des ducs, des comtes ou des chefs amovibles au gré du souverain, dont ils étaient chargés de faire exécuter les ordres dans la circonscription de leur commandement. Ceux-ci cherchèrent peu à peu à se rendre indépendants, et ils ne tardèrent pas à profiter de l’affaiblissement de l’autorité royale pour s’ériger eux-mêmes en souverains ou seigneurs propriétaires des lieux, dont ils n’étaient que les magistrats civils ou militaires.

C’est ainsi que la Lorraine, d’abord royaume étendu, devint en 952, après bien des divisions et des morcellements, résultats de guerres longues et désastreuses, un duché ayant pour chef Frédéric, duc amovible, nommé par l’empereur Otton, et plus tard, Gérard d’Alsace, qui prit en 1049 le titre de premier duc héréditaire. Nancy en devint la capitale au XIIe siècle.

Ce duché resta indépendant jusqu’en 1766, époque à laquelle il fut définitivement réuni à la France après la mort de Stanislas, ancien roi de Pologne et dernier duc de Lorraine.

Sous les rois d’Austrasie, Verdun, chef-lieu du pagus Virdunensis, prit le titre de comté et fut administré par un magistrat séculier. Les rois mérovingiens y établirent un atelier monétaire qui produisit des triens d’or, les uns portant les noms des rois, les autres la marque des monétaires. Les Carlovingiens continuèrent à y frapper monnaie, leurs ateliers y fonctionnèrent d’une manière très active jusqu’au milieu du Xe siècle.

La Meuse au temps des Romains

 

 

D’après la monographie imprimée « Dictionnaire topographique du département de la Meuse » -
Félix Liénard – 1872

Au temps de la conquête romaine, le territoire occupé aujourd’hui par le département de la Meuse faisait partie de la Gaule-Belgique. Par suite de la division de ce pays en quatre provinces (Germanique supérieure, Germanique inférieure, première Belgique, seconde Belgique), division faite par les empereurs romains, la totalité de ce qui forme le département de la Meuse fut comprise dans la première Belgique.

Cette province était composée de plusieurs pays, dont cinq occupaient, en tout ou en partie, la contrée qui forme le département de la Meuse, tel qu’il est aujourd’hui.

Ce sont :
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Au sud, une partie du pays des Leucks, dont la ville principale était Tullum (Toul). Nasium (Naix), Ad-Fines (près de Saint-Germain-sur-Meuse), Caturices (Bar-le-Duc), lieux mentionnés sur les itinéraires antiques, en dépendaient.
- A l’est, une partie du pays des Mediomatriques, dont la capitale était Divodurum (Metz). Ibliodurum (près d’Hannonville-au-Passage), placé dans le département de la Moselle, appartenait à ce pays.
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Au nord, une partie du pays des Trévirs, ayant pour capitale Augusta-Trevirorum (Trèves), dont la frontière s’étendait à l’ouest jusqu’entre Epusium (Yvois) et Mosomagus (Mouzon).
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A l’ouest, une partie du pays des Rémois, ayant pour capitale Durocortorum (Reims) et une partie de celui des Catalauniens dont la ville principale était Durocatalaunum (Châlons).
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Au centre, les Verodunenses ou pays des Claves, ayant pour ville principale Verodunum (Verdun), et pour limite à l’est Fines(près d’Aulnois-en-Woëvre) sur la voie consulaire de Divodurum.

Le peuple Verdunois avait, comme celui de Trèves, de Reims et de Metz, sa monnaie particulière, marquée de son nom (Virodu) et portant à l’avers la tête de Rome casquée, au type du haut Empire. La Notice des provinces de la Gaule, qui est du Ve siècle, désigne Verdun sous le nom de civitas Verodunensium, ce qui indique le territoire d’une nation libre ou la capitale d’un peuple indépendant.

Les conquérants des Gaules ont laissé dans ces divers pays de nombreuses traces de leur passage.

On y retrouve un grand nombre de villages qui leur doivent leur origine, dont les noms présentent une signification intelligible, des bourgs et des villas dont beaucoup, détruits par les barbares, ont disparu de la surface du sol, laissant néanmoins leurs substructions, qui de temps en temps sont mises à découvert.

On y voit un grand nombre de camps retranchés, établis suivant les règles de la castramétation de cette époque, et quelques beaux tronçons de ces voies antiques qui sillonnaient nos contrées et qui étaient si solidement construites.

Deux grandes routes consulaires traversaient le département.

La première, située au sud, allait de Durocortorum (Reims) à Divodurum (Metz). Elle passait sur les territoires de Noyers, Laimont, Fains, Bar-le-Duc (Caturices), Popey, Silmont, Guerpont, Naix (Nasium), Boviolles, Marson, Reffroy, Bovée, Broussey, Vacon, Saint-Germain-sur-Meuse (Ad-Fines), Toul et Metz.

La seconde, située au centre du département allait de Durocortorum (Reims) à Divodurum (Metz), et passait sur les territoires de Vienne-la-Ville (Axuenna), Lachalade, Brabant-en-Argonne, Jouy-devant-Dombasle, Sivry-la-Perche, Verdun (Virodunum), Belrupt, Haudiomont, Manheulles, Aulnois-en-Woëvre (Ad-Fines), Pintheville, l’Yron (Ibliodurum), près d’Hannonville-au-Passage et Gravelotte.

Indépendamment de ces deux grandes routes militaires, plusieurs voies secondaires (diverticula), formant un réseau considérable, rayonnaient des cités de Nasium, de Virodunum et de quelques autres points.

En voici les principales :
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De Nasium à Langres (Andematunnum), avec embranchement sur Grand (Andesina), et passant sur les territoires de Saint-Amand, Tréveray, Saint-Joire, Biencourt, Ribeaucourt, Bure, Mandres et Cirfontaine, où a lieu la bifurcation.
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De Nasium à Gravelotte et à Metz, en passant par Boviolles, Vaux-la-Petite, St-Aubin, Chonville, Pont-sur-Meuse, Marbotte, Woinville, Nonsard, Beney, Xammes, St-Julien.
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De Nasium au châtelet de Fontaines (Haute-Marne), par les territoires de Nantois, Villers-le-Sec, Dammarie, Morley, Froilet et Brauvilliers.
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De Caturices (Bar-le-Duc) à Meuvy (Mosa), situé dans le département des Vosges, en passant par Montplonne, Nant-le-Petit et Morley (Morlacum).
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De Caturices à Sermaize (Haute-Marne), en passant par le camp de Fains et les territoires de Mussey, Vassincourt, Contrisson et Andernay.
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De Virodunum à Caturices, par les territoires de Landrecourt, Souilly, Issoncourt et Marat-la-Grande.
-
De Virodunum à Montfaucon, Romagne et vers le camp de Stonne (Ardennes).
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De Virodunum à Dun et au camp de Baalon.
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De Virodunum à Gérouville, par Dombras, Marville (Martis-villa) et Avioth.
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De Virodunum à Trèves (Augusta-Trevirorum) par Senon, Longwy et Luxembourg.
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De Virodunum à Neufchâteau (Noviomagus) et à Langres (Andematunnum), par Saint-Mihiel, Commercy, Void, Vaucouleurs, Sauvigny et Soulosse (Solimariaca).
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De Maxey-sur-Vaise (Marceium ou Maxeium) à Grand (Andesina).
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De Maxey-sur-Vaise à Sermaize, par Épiez, Rosières-en-Blois, Tréveray, Fouchères, Rupt-aux-Nonnains, Sommelonne et Mognéville.
-
De Senon à Montfaucon, en passant par Ornes, Louvemont, Champneuville.
- De Senon à Metz (Divodurum), par Éton, Gondrecourt et Gravelotte.
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De Senon à Hannonville-au-Passage (Ibliodurum), par Rouvres et Olle.
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De Senon au châtelet de Châtillon-sous-les-Côtes.
-
De Liny-devant-Dun au camp de Titelberg, en passant par Flassigny et Tallancourt.

On doit considérer, comme datant des époques mérovingiennes et carlovingiennes, quelques autres chaussées anciennes qui ont aussi laissé de belles traces dans le département.

Parmi ces voies, nous citerons :
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La chaussée dite de Brunehaut, venant de Scarponne et bien visible sur le territoire de Nonsard.
-
Le chemin dit de Brunehaut, sur le territoire d’Amblaincourt.
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Le chemin de la Reine-Blanche, venant de Senon et passant au Haut-Fourneau, au Bois-des-Moines, à Romagne-sous-les-Côtes.
-
Le chemin d’Alsace, qui vient de Toul, passe à Quatre-Vaux, à Rigny-Saint-Martin, Vaucouleurs, Villeroy, Mauvages, Bermont et Reffroy.
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La Haute-Chevauchée, qui parcourt la forêt d’Argonne et passe derrière Luchères, Neuvilly, Varennes et Montblainville.

La Meuse

Carte de la Meuse

 

D’après la monographie imprimée « Dictionnaire topographique du département de la Meuse » -
Félix Liénard – 1872

Le département de la Meuse a une forme oblongue. Son sol est formé par une série de plateaux, disposés en gradins, qui s’étendent principalement du nord au sud, et sont sillonnés par de nombreuses vallées.

La ligne moyenne de la plus grande inclinaison du terrain se dirige du sud-sud-est au nord-nord-ouest, de la limite des Vosges aux confins de Stenay. Cette longue déclivité porte les eaux de la profonde vallée de la Meuse vers la Belgique.

Une déclivité secondaire a lieu en obliquant de cette dernière ligne vers l’ouest, c’est celle qui porte les eaux de l’Aire dans les Ardennes, et les eaux de l’Aisne, de l’Ornain et de la Saulx dans le département de la Marne.

Le département est traversé par quatre chaînes de coteaux ou crêtes, qui sont :
-
au nord-ouest, les côtes de l’Argonne
- à l’ouest, les côtes du Barrois
- à l’est, 
les côtes de la Woëvre, qui bordent la vallée de la Meuse
- au nord, les côtes ou 
coteaux de la Chiers.

A l’est du département se trouve l’immense et riche plaine de la Woëvre, qui se prolonge vers la Moselle. Le sol présente extérieurement quelques points culminants, ce sont les côtes de Montsec, d’Hattonchâtel, des Hures, d’Haudiomont, qui toutes dominent la Woëvre. Au nord, Dun, Montmédy et Montfaucon sont des points remarquables. Enfin à l’ouest, Beaulieu qui s’élève au-dessus des terrains fangeux de Brizeaux, Foucaucourt, etc.

Ces chaînes de coteaux forment deux bassins principaux, dans lesquels s’écoulent les eaux qui arrosent le département. Ce sont à l’est, le bassin du Rhin et à l’ouest, celui de la Seine.

La partie du département qui appartient au bassin du Rhin se divise en trois bassins secondaires, savoir :
-
Au sud-est, le bassin de la Moselle, dont les principaux cours d’eau sont la rivière d’Orne, le Rupt de Longeau, l’Yron, le Rupt de Mad, la Madine et l’Ache.
-
A l’ouest, le bassin de la Meuse, dont les principaux cours d’eau sont la Meuse, la plus considérable des rivières du département, la Meholle, le ru de Creue, le ruisseau de Forges, l’Andon et la Wiseppe.
-
Au nord-est, le bassin de la Chiers, dépendant de celui de la Meuse et dont les principaux cours d’eau sont la Chiers, la Crune, l’Othain, le Loison.

La partie du département qui appartient au bassin de la Seine se subdivise en deux bassins secondaires, savoir :
-
Au sud, le bassin de la Marne, dont les principaux cours d’eau sont la Marne, la Saulx, l’Ornain, la Chée.
-
Au nord, le bassin de l’Aisne, dont les principaux cours d’eau sont l’Aisne, la Biesme, la Cousance, la Buanthe.

Le département est arrosé par environ 395 cours d’eau, dont 20 appartiennent à la classe des rivières et 375 à celle des ruisseaux. On y compte en outre un nombre considérable de fontaines. Il renferme 9 étangs, dont les plus importants sont situés dans les bassins de la Moselle, de la Chiers, de la Marne et de l’Aisne.

Le département possède plusieurs sources minérales les plus connues sont  celles dites :
- le Pré-Ramont entre Neuvilly et Boureuilles
- la fontaine Sainte-Foy à Brabant-en-Argonne
- le Puits-de-Braux commune de Buzy
- la fontaine Gros-Terme, dite aussi du Blanc-Chêne, territoire de Laimont
- les sources du Bois-des-Aulnes, territoire de Lissey
- la fontaine d’Amermont et le ruisseau de la Noue, sur le territoire de Bouligny.
Leurs eaux sont généralement minéralisées par le silicate de fer, quelquefois avec traces de manganèse.

On y connaît aussi plusieurs fontaines incrustantes, dont les principales sont celles :
- de Jupille, écart de Doulcon
- du Bois-des-Aulnes, commune d’Écurey
- du Gros-Terme, commune de Laimont
- et celle d’Hannonville-sous-les-Côtes.

Le château de Dun-sur-Meuse (55)

Blason de Dun-sur-MeuseForteresse Dun sur MeuseForteresse Dun sur MeuseForteresse Dun sur MeuseCarte de Dun-sur-Meuse

 

Situé dans le nord de la Meuse, le bourg de Dun-sur-Meuse est composé de la ville basse et de la ville haute.

C’est vers 1053, qu’un château fut construit sur la colline et au XVIe siècle, la place fortifiée de Dun était alors une des clés de la Lorraine. La place fut assiégée et prise en 1591 par le duc de Bouillon, et à partir de 1642, elle connut, malheureusement, le même sort que la plupart des places fortes de Lorrraine, c’est-à-dire le démantèlement.

Il subsiste à Dun-haut de magnifiques vestiges, que l’association Dun-le-Chastel restaure au fil des ans. Des fortifications, on peut accéder à la ville basse en passant par la porte aux chevaux.

Les photos sont publiées avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Bagot, auteur du livre « Histoire de la forteresse médiévale de Dun-le-Chastel« .

 

Extrait de la monographie « Géographie historique, statistique et administrative du département de la Meuse »
par E. Henriquet – Publication 1838

Dun dépendit primitivement de la Lorraine Mosellane. Donné en 988 à l’église de Verdun, par l’empereur Othon IV, il passa ensuite à la puissante maison d’Apremont, qui y jouissait des droits régaliens et qui y fit battre monnaie (1387).

En 1399, la ville et la châtellenie de Dun revinrent aux ducs de Bar qui les conservèrent jusqu’à la cession définitive, qui en fut faite par le duc de Lorraine Charles IV, au roi de France Louis XIII, en 1633. Dun fit dès-lors partie du Clermontois, et fut donné par Louis XIV au grand Condé, dont les descendants en jouirent jusqu’à la révolution.

Dun a souffert plusieurs sièges : en 1533, les Anglais se présentèrent devant la place, ouvrirent la tranchée, et furent obligés de lever le siège trois mois après, ayant été repoussés dans tous les assauts qu’ils avaient donnés. En 1591, le vicomte de Turenne, duc de Bouillon et maréchal de France, surprit Dun, l’enleva par escaladade, et le garda jusqu’en 1595, qu’il fut remis au duc Charles III.

Au mois d’août 1642, on commença à démolir les fortifications de la ville et du château. Depuis ce temps, Dun n’a fait que décroître. Déjà cette ville avait beaucoup souffert quelques années auparavant, et des calamités de la guerre, et des ravages de la peste qui avait suivi l’irruption des Croates. A cette époque, Dun comptait 1200 maisons habitées par une population nombreuse, et en moins d’un quart de siècle, il se vit démantelé et presque entièrement dépeuplé.

Les traces des anciennes fortifications sont bien visibles encore ; dans plusieurs endroits les murs des remparts sont dans leur entier. Une ancienne porte de secours fait aujourd’hui encore communiquer la ville basse avec la ville haute. On montre un souterrain bien conservé, qui part de la ville haute et aboutit à une montagne voisine. Plusieurs parties du territoire portent encore des noms qui rappellent d’anciens souvenirs, tels que : la Bombarde, le Vieux-Château, etc.

 

 

Extraits d’articles parus dans la revue « Mémoires de la société d’archéologie lorraine » – Année 1874

En 1591, la ville de Dun fut assiégée et prise par Henri de La Tour, duc de Bouillon. Il n’est pas sans intérêt de connaître l’importance de cette place, qui était au XVIe siècle, une des clés de la Lorraine. Voici la description de ses fortifications lorsque la France en prit possession d’après M. Jeantin – Manuel de la Meuse.

A l’altitude de 181 mètres au-dessus du plafond de la Meuse, la place de Dun était presque imprenable, par sa position escarpée et abrupte, par sa tour massive, et par les 8 forts dont son château était muni.

Prise par Turenne, elle fut rendue au duc Charles III de Lorraine en 1595, et depuis, elle avait suivi les destinées de Stenay. Louis XIII en ordonna la démolition en 1642 : avant et après la visite du maréchal de Créqui, cette démolition fut opérée sous la direction de François Thiebault, seigneur de Saint-Euruges, gouverneur depuis 1636.

La place de Dun était défendue par :
- le fort de Saint-Gilles, à l’est, vers Milly
- le fort de la Cavalerie et le fort de Brieulles au sud
- le fort de Doulcon à l’ouest
- le fort de Stenay au nord
- le château de Saint-Germain vers le chesnois de Fontaine, se relevant à l’altitude de 392 mètres
- le vieux-château, au sommet de la rampe, en face de Sassey.

 

Tout cela était relié par les fronts de Liny, Milly, Saint-Gilles, Stenay, de Croix, avec projection des cornes de Liny, de Soujumon, et de Milly.

On y arrivait par 4 portes : la porte aux chevaux, la porte de Saint-Martin vers Brieulles, la porte de Sainte-Marguerite et enfin la porte de Milly.

A la ville haute, existait la place d’armes et 4 casernes pour l’infanterie. Leurs bâtiments entouraient l’église paroissiale et celle des minimes. Sur le flanc des rampes nord-ouest, une caserne de cavalerie et 2 pour l’infanterie. Sur le flanc de la rampe sud-ouest, 2 casernes de cavalerie.

A la ville basse, dans l’île de la Meuse, 5 casernes de cavalerie autour de l’église Saint-Claude et de cinq pâtés de maisons. Enfin, près de la grande écluse, une redoute dans la nappe d’inondation. La ville basse n’avait pas de murailles du côté de la Meuse. Elle se rattachait à la forteresse par deux remparts peu élevés, bordés de ravins ou fossés, qui, partant de la rivière au nord et au midi, formaient les portes Sainte-Marguerite et Saint-Martin, et se prolongeaient jusqu’à la ville haute. On accédait au vieux château par la porte de Milly et par la poterne dite de la porte aux chevaux.

Les capitaines-gouverneurs connus de Dun sont : Robert de Gratinot, sire de Jupille, de 1552 à 1573 – De Craone et le capitaine Claude, de 1585 à 1592 – Jean de Mouzay en 1592 – Gauthier de Grandmaison, dit Gault de La Cassagne, sire de saint-laurent, de 1595 à 1632 – De Cadenet, sire de Brieulles, de 1632 à 1642, année où on commença à démanteler la place.

 

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