Dun-sur-Meuse de 1377 à 1789

Blason de Dun-sur-Meuse

 

D’après le « Manuel de la Meuse » de Jean François Louis Jeantin – Publication 1863

Quatrième période : La chastellerie de Dun sous les derniers ducs de Bar (de 1377 à 1500)

Geoffrois V et Gobert VIII le dépouillé

Gobert VII, dernier baron de Dun-Aspremont, accablé de ses disgrâces, se retira du monde. Par son testament de l’an 1380, il avait légué à son fils Geoffrois, issu de Jehanne du Saulcy de Jametz, sa terre d’Apremont, celle de Buzancy avec les moulins de Stenay.

Geoffrois V, la même année, ratifia le traité de son dépouillement, et il ne tarda guère à perdre aussi son comté. Wenceslas de Bohême s’en était emparé, en 1377, pour garantie des 90 000 florins qu’il avait avancés à son père. Et, le 10 octobre, Geoffrois conclut avec Hue d’Autel, qui prit à son compte cette somme, un traité par lequel, nonobstant la constitution salique du fief d’Apremont, il transféra la baronnie d’Apremont à sa fille Jehanne, enfant de trois ans, fiancée à Jean d’Autel, enfant de cinq ans. Ce qui fut fait au détriment de son propre fils, Gobert VIII, qui, en fin de compte, se trouva dépouillé et de Dun et d’Apremont.

Ce Geoffrois mourut en 1391, après avoir, en 1389, fait nommer Jean du Saulcy son beau-père tuteur du jeune Gobert réduit à ses droits sur Buzancy et sur Amblise. C’est là où la descendance du dernier seigneur de Dun s’éteignit en 1550.

Le duc Robert – 1377

En érigeant les chasteaux et chastelleries : du Pont et de Mousson, de Briey, de Sancy, de Longwy, de Longuion, d’Etain, de la Chaulcie, de Sathenay, de Trougnon, de Toulon, de Condé-sur-Muzelle, de Marville, de Errency, de Conflants sous le titre de marquisat de Pont-à-Mousson, en faveur d’Edouard III leur fils ainé, Robert de Bar et Marie de France y avaient ajouté les châtel, ville et chastellerie de Dun, qui étaient du douaire de la duchesse.

Dès lors, les bailliage et prévôté de Dun, érigés par édit du 14 décembre 1399, ressortirent à la cour des grands jours de Saint-Mihiel, que le duc Robert avait reconstituée quelques mois avant.

Dès l’année 1387, Robert et Marie, celle-ci comme Dame de Dun, avaient confirmé les franchises de cette ville. Le 2 décembre 1394, ils sanctionnent la vente faite à Bernard Jacquemin de Dun et Vilosnes, à Jean de Brieules, de la Fauconnerie de Doulcom.

En 1402, Robert et Marie transfèrent à Dun, dans l’église paroissiale, les deux chapelles du vieil Moutier (Heligsgaudium) qui, avant cela, était à la porte de leur château, et ils dotent les nouveaux autels des dixmes de Brieules. Ces chapelles étaient sous les vocables de sainte Catherine et de saint Nicolas. Ce fut cette dotation, avec celle du Prieuré de Saint-Giles, qui, en 1611, servit à la fondation des pères Minimes de Dun et de Stenay.

Trois religieux desservirent ces autels. L’un d’eux obtint le titre de curé primitif de la ville, avec droit de nommer aux cures de Lions et de Murvaux.

Edouard III (1411 à 1415) puis Louis Cardinal de Bar – 1415

Edouard III, ayant été tué à Azincourt en 1415, ses états échurent à son oncle Louis, dit le Cardinal de Bar, qui était alors evêque de Verdun, après avoir occupé le siège de Chalons.

Ce prélat prit des précautions pour maintenir la couronne ducale sur sa tête, et pour en assurer la survivance à son neveu René d’Anjou. On le voit soutenu, notamment, par Jacquemin Lamothe de Viller devant Orval, baron de Vilosnes et Dannevoux, et prévot de Varennes.

Le 14 octobre 1417, Louis donne Dun et sa châtellenie à sa sœur Bonne de Bar, épouse de Waleram, comte de Ligny et Saint-Pol, pour en jouir usufructuairement. Puis il se démet de son duché, en faveur de René, et il meurt, à Varennes, le 23 juin 1430.

Bonne de Bar – 1430

Bonne de Bar, devenue Dame de Dun, en même temps que de Vienne-le-Château, donna, le 1er juillet 1425, ses grands bois, grandes et petites rappes, à la commune de Mont, qui les possède encore aujourd’hui. Elle mourut en 1436.

René d’Anjou – 1436

Obligé de faire face aux dépenses de la lutte pour sa couronne de Lorraine, René empruntait de toutes mains. Un de ses bailleurs de fonds était Jehan, alors sire de Brieules, fils, très probablement, de Jacquemin sire de Lamothe et de Dannevoux. A côté de lui, étaient les Saulcy de Jametz, réclamant les droits des héritiers de Jehanne, épouse de Geoffrois VII d’Apremont.

En 1446, le 26 novembre, René d’Anjou engage la moitié de Dun et de ses dépendances, moitié litigieuse, à Jehanne, fille de Colart du Saulcy, sire de Jametz et de Florenges. Cette cession lui fut faite à l’occasion de son mariage avec Robert de Lamarck, fils du seigneur de Sedan. Cet engagement donna lieu, jusqu’en 1494, à des hostilités sérieuses, qui ne prirent fin que par l’arbitrage du Roi de France Charles VIII. Alors, et depuis 1483, Jehan des Armoises était capitaine prévôt de la place de Dun. Il la défendit vaillamment, et son gendre Jehan, marquis de Rivière, lui succéda vers l’an 1500.

Cinquième période. Dun sous les ducs de Lorraine (de 1500 à 1641)

Le duc Antoine

Après la lutte entre Charles-Quint et François Ier, après la main mise d’Henri II de Valois sur le Verdunois, après les succès de la France, dans la campagne de 1551 contre le Luxembourg, le duc Antoine de Lorraine avait été amené à mettre en dépôt, aux mains du Roi, les places de Dun et de Stenay.

Le duc d’Enghien en devint alors gouverneur. Le vicomte d’Etoges, François d’Anglure, baron de Givry, en fut prévôt et gouverneur. Il eut sous lui Guillaume de Gongnel de Grand-Cléry, puis Guillaume d’Orey et François de Lafontaine, sires de Mouzay et de Charmois, puis Henry de Housse et Jean d’Allamont. Avant cela, Dun, en 1533, avait soutenu un mémorable siége contre les anglais à la solde de Charles Quint.

Occupations espagnoles et françaises

Stenay ayant été pris, en 1552, par les impériaux, puis remis à Henri II de France, Dun repassa, alternativement, sous les lois de la France et des princes de Lorraine, jusqu’à ce qu’en 1632, Louis XIII en devint de nouveau protecteur et dépositaire.

Le gouvernement en fut alors confié au comte de Lamberty, ayant sous lui :
- le commandant de la Serre
- le commandant de la Renouillière
- les prévôts Robert de Henriet, et Robert de Gratinot sire de Jupille
- les lieutenants Jacques Lamy, Pierre de Mouzay, Pierre de Grégeois sire de Chaudenay et d’Andevanne,
tous exerçant, à la fois, les fonctions civiles, militaires et financières, dans toutes les marches de la frontière occupée.

C’est dans cet intervalle que se produisent plusieurs siéges et attaques infructueuses contre le château de Dun.

Sixième période : Le comté de Dun sons les princes de Condé (de 1648 à 1789)

Louis II de Bourbon, duc d’Enguien – 1648

Par lettres patentes données à Paris en décembre 1648, Louis XIV, en récompense des services rendus à lui et à l’Etat par le Prince de Condé, en considération des victoires remportées par lui sur les ennemis du Royaume, des places qu’il avait conquises sur eux, du haut point de gloire auquel il avait porté les armes de la France,  du repos et de la paix universelle obtenus par ses succès, etc., etc., lui fait don des terres, comtés et seigneuries de Stenay, Dun, Jametz, Clermont en Argonne, et des domaines et prévostés de Varennes et des Montignons.

Ce don est fait en vertu du transport à ce monarque par le duc Charles de Lorraine, par les traités de Paris et de Saint-Germain en Laye, des 29 mars et 2 avril 1641. Aux termes des lettres la donation est faite, pour, par le prince donataire, ses hoirs et successeurs, jouir du tout, à perpétuité, en tous droits de propriété et justice, sous la simple réserve des droits régaliens, de ressort et de souveraineté, et, sauf appellations au Parlement de Paris.

La justice sera désormais rendue au nom du nouveau Duc du Clermontois et par les officiers qu’il instituera, sauf pour les cas royaux, à l’égard desquels le monarque établira un juge et un procureur dans chacun des bailliages. Toutes villes, châteaux et forteresses construits en dites terres et seigneuries sont comprises dans la cession : le Roi se réserve seulement la provision des charges de gouverneurs, la direction et l’entretien des forces armées. 

Dun fut dès lors sous le gouvernement militaire et juridictionnel des officiers dont les noms suivent :
-
François Gouyon, marquis de la Moussaye et de Nogeant, gouverneur-bailly, grand gruyer, successeur du sieur de Thibault et de Louis de Béthune, comte de Charost, celui-ci comme garde scel et grand gruyer
- Nicolas Bouton, comte de Chamilly, comme lieutenant de Roi
- Antoine de Mellon, seigneur de Beau fort, comme major
- Robert de Henriet, comme lieutenant-général et prévost particulier de Stenay
- Claude Thiéry, comme procureur du roi au baillage des deux prévostés
- Jacques Adam et Jacques Arnoullet, greffiers.

Au marquis de la Moussaye succédèrent :
- le comte de Marsin, en 1651
- le baron de Beck (pour l’Espagne), en 1652
- Nicolas d’Anglure, comte de Bourlemont, marquis de Buzancy, baron de Saint-Euruge (pour la France), en 1654
- le sieur de Manimont, ex-gouverneur de Jametz et de Marville, en 1655
- Jules de Joyeuse, comte de Grandpré, en 1690
- puis, après plusieurs intérimaires, le comte de Roncherolles, en 1761.

Ces chefs du gouvernement militaire et les gens du bailliage résidaient à Stenay. Sous eux, à Dun, étaient les gens de la prévôté.

 

 

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