Dun-sur-Meuse de 986 à 1140

Blason de Dun-sur-Meuse

 

Dun-sur-Meuse est un bourg de 747 habitants, chef-lieu de canton, dans l’arrondissement de Verdun.

A une certaine époque, Dun était ville capitale de la baronnie et du comté de ce même nom. Milly était ancienne annexe de Dun.

Je vous propose de remonter quelques siècles en arrière, et ainsi de parcourir, à travers l’épopée de ses seigneurs, l’histoire de ce pittoresque bourg de Meuse, et par là même, un peu l’histoire des villages avoisinants.

Les appellations anciennes des villes et villages ont été respectées.

D’après le « Manuel de la Meuse » de Jean François Louis Jeantin – Publication 1863  

Première période : La terre de Dun sous les premiers comtes de Bar et d’Ardenne (de 986 à 1066)

Beatrix de Bar

La terre de Dun n’apparaît comme possédée limitativement et héréditairement que dans le cours du dixième siècle. Avant cette époque, Dun n’apparaît, dans les vieilles chartes, ni comme une villa, soit mérovingienne, soit carlovingienne, ni comme un oppidum, soit gaulois soit romain, élevé en face des occupateurs du Doulmois, ce n’est qu’une terre, dans l’acception générale du mot, c’est celle des Dunes.

C’est une des cinq parts, Dun, Rouvres, Sampigny, Courcelles, Malaumont possédées à titre héréditaire par une princesse barrisienne, par Béatrix, la seconde des filles de Frédéric II et de Mathilde de Bourgogne. La petite-fille du roi Lothaire de France a reçu ces terres en dot, en épousant le duc de basse Lotharingie, Godefroid IV, comte d’Ardenne et de Verdun.

Mais les dunes sont disputées à l’héritière par un prélat. Thiéry le batailleur, évêque des Claves, nanti du testament d’un comte Frédéric, de l’an 997, prétend les faire comprendre, au détriment des époux, dans le legs universel à son église, comme partie intégrante du Virduninsis.

C’est pour défendre les propres de sa femme, et au soutien de ses prétentions personnelles, que le grand duc fit établir, paraît-il, un oppidum sur le promontoire, en face de l’Asteninsis, du Staduninsis et du Veroduninsis, le mettant ainsi à l’abri, et des courses épiscopales, et des invasions des occupateurs de Rethel, de Grandpré, de Sainte-Menehould, de Clermont et de Doulcom, occupateurs, tour à tour, alliés, ou adversaires, de l’ambitieux prélat de Verdun.

Le Castrum dunum s’élève donc en 1053. Ses fortifications rudimentaires s’achèvent en 1055. Alors Godefroid en confie la garde à Alo de Clermont, sire de Donnevoults, comte de Doulx, guerrier indomptable qui, avec ses parents les sires de Sainte-Menehould, de Grandpré, de Rethel, de Crépy sur Oise, n’avait cessé de soutenir les prétentions des comtes d’Ardenne sur le comté de Verdun, à l’encontre de la donation qui les en avait, disaient-ils, dépouillés.

Mathilde de Toscane

En 1063, Béatrix de Bar marie sa fille Mathilde, enfant unique de son premier lit avec le marquis Boniface de Toscane. Elle l’unit à Godefroid V, dit improprement le Bossu, son beaufils issu d’un premier mariage de son second mari. Et en dot, elle donne à l’épouse la terre de Dun et celles de Rouvres, de Sampigny, de Courcelles, et de Malaumont.

Mathilde est mise au ban de l’empire en 1066. Ses domaines sont confisqués, pour cause de félonie. L’empereur Henri IV les concède à l’église des Claves. Dun passe, par diplôme impérial, aux mains de l’évéque Thiéry. Alors Alo se soumet, il rentre même au giron épiscopal, car Mathilde, qui a besoin d’argent pour soutenir la querelle du pape, ratifie l’acte de son dépouillement.

Dun est abandonné, et le Duninsis devient Verdunois. L’abbaye de Juvigny, Jametz, Murvault avec la forêt de Wabvre, Peuvillers enfin, vont avoir le-même sort. Mouzay et Stenay sortiront aussi des mains de leur légitime propriétaire, pour devenir l’objet de luttes incessantes entre le dépouillant et les dépouillés.

Voilà la première phase des accroissements verdunois et des sous-inféodations wabvriennes dans les bassins de la Thinte, de l’Azennne, et du Loison.

Seconde période : Dunum castrum sous les comtes-évêques de Verdun, sous la seconde dynastie Barrisienne, et sous la haute vouerie des Alauniens (de 1066 à 1140)

Alo de Dannevoux et Clermont

Alo est haut voué du château de Dun. A ce titre, il a portion dans le domaine utile de la châtellenie. Ce fut là le principe de la seigneurie directe de ses descendants.

Proscrite des terres d’empire, son ancienne maîtresse Mathilde est en Toscane, d’où elle remue l’Europe pour la cause de la papauté. Son beau-père, Godefroid le grand, est mort à Bouillon en 1069. Godefroid le bossu, son mari, meurt assassiné à Anvers, en février 1076. Enfin, elle perd sa mère Béatrix en mars de la même année.

L’évêque Thiéry dispose alors de ses biens, et il les inféode à ses créatures. De là, les annelets sur champ d’argent dans les armoiries de ce temps.

Alo meurt fin 1076. Il laisse trois fils : Gauthier, autrement dit Wauthier – Adelo – Frédéric.

Ce fut le premier qui lui succéda. Adelo, le puîné, devient châtelain de Chauvancy et sous-voué de Saint-Hubert, sous la haute vouerie de Godefroid de Bouillon et d’Arnoux II de Chiny (Charte de 1086). Le dernier fils, Frédéric, devint vicomte de Toul (Chartes de 1069 et 1070).

Waultier de Dun

Galterus de Duno épouse Azelina, fille d’Azo, sire de Villy et de Blagny près Ivoy. C’est lui qui, en 1094, conjointement avec sa femme et sous le concours de plusieurs seigneurs des basses Wabvres, a établi le prieuré de Saint-Giles dans le faubourg de la ville de Dun. La même année, il avait souscrit à la charte de Godefroid de Bouillon portant restitution en faveur de Saint-Dagobert de Stenay, et Godefroid l’avait établi sous-voué de cet autre prieuré. A ce titre, il accède encore à la charte de 1096, au profit du même établissement. Avide, comme tous les voués de cette époque, il veut mettre la main sur les terres, serfs et vassaux, que les dames d’Andenne possédaient à Sassey, bien qu’ils fussent sous sa sauvegarde. Son entreprise est réprimée par le duc de Mosellanne Thiéry, aux assises d’Huy, en l’an 1105.

Cependant, élu à l’évêché de Verdun, en 1117, Henry de Blois, dit de Winton, n’avait pu prendre possession de l’autel de sa cathédrale : repoussé par les Citains, il avait fallu que le prélat recoure à l’intervention de Renault comte de Bar, qui était alors vicomte de la cité. Après son intronisation sanglante, en 1122, Henry restitua à Renault partie du patrimoine de Mathilde, et dès lors, Dun et son haut voué repassèrent sous la suzeraineté du Barrois.

Ponsard de Dun

Wauthier de Dun meurt en 1135. Il laissait deux fils et une fille : Ponsard – Raoul – Aleyde.

Ponsard lui succède et il vécut jusqu’en 1179. Ce châtelain figure, comme donateur, avec Seybert de Dun, probablement son fils, dans les chartes de Châtillon des années 1156, 1163, et suivantes. Son frère Raoul se fit prêtre et il mourut, très probablement sans postérité, dans ses fonctions d’officier cubiculaire de l’évêque Adalbéron de Chiny : on le trouve à la charte de fondation de Châtillon.

Aleyde de Dun

Soit que les enfants de Ponsard (Seybert, Richer et Richard) fussent trop jeunes, soit pour toute autre cause politique, ce fut Aleyde, ou plutôt ce fut son mari, qui recueillit le bénéfice de la haute vouerie de Dun. Elle porta cette vouerie au plus puissant seigneur des hautes WoepvresDe 1135 à 1140, Aleyda de Duno devint femme de Gobert V, sire de Briey-Apremont, plus ordinairement dit Gobert III d’Apremont.

Dun devint alors le titre de la sirerie baronnie de Dun-Apremont, sous la relevance immédiate du Barrois.

La branche de Seybert de Dun, celle de Richard, celle de Richer fils de Ponsard, et peut-être bien les souches plus anciennes d’Adelo de Chauvancy et Clermont, et de Frédéric vicomte de Toul, ont poussé des rejets qu’il est difficile de découvrir, mais qui, évidemment, ont été le principe des sireries-pairies de la châtellenie de Dun.

Ainsi, à la charte de Belval de 1159, figure Richer de Dun fils de Ponsard. C’est un sire de Landreville qui portait ce nom en 1277. Celui-ci était-il fils de Richer de Dun ?

Ainsi, en 1179, Richer et Richard concourent avec leur père Ponsard, à la donation aux moines de la Chalade par Thomas le sourd, par Mathilde sa femme, et par Vyard leur fils. Ainsi encore, le même Richer de Dun et sa femme Mathilde et leur fils Jean figurent, avec d’autres enfants, à la charte de 1182, par laquelle ils confirment à l’abbaye de Belval, une cense à Wiseppe, terre donnée par leur père et que celui-ci avait voulu reprendre déloyalement. Enfin, on trouve encore Ferry de Dun.

Les armoiries de cette famille sont restées inconnues.

A suivre : La châtellenie de Dun et ses pairs sous les sires d’Apremont (1140 – 1377) 

 

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