La Meuse au temps des Romains

 

 

D’après la monographie imprimée « Dictionnaire topographique du département de la Meuse » -
Félix Liénard – 1872

Au temps de la conquête romaine, le territoire occupé aujourd’hui par le département de la Meuse faisait partie de la Gaule-Belgique. Par suite de la division de ce pays en quatre provinces (Germanique supérieure, Germanique inférieure, première Belgique, seconde Belgique), division faite par les empereurs romains, la totalité de ce qui forme le département de la Meuse fut comprise dans la première Belgique.

Cette province était composée de plusieurs pays, dont cinq occupaient, en tout ou en partie, la contrée qui forme le département de la Meuse, tel qu’il est aujourd’hui.

Ce sont :
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Au sud, une partie du pays des Leucks, dont la ville principale était Tullum (Toul). Nasium (Naix), Ad-Fines (près de Saint-Germain-sur-Meuse), Caturices (Bar-le-Duc), lieux mentionnés sur les itinéraires antiques, en dépendaient.
- A l’est, une partie du pays des Mediomatriques, dont la capitale était Divodurum (Metz). Ibliodurum (près d’Hannonville-au-Passage), placé dans le département de la Moselle, appartenait à ce pays.
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Au nord, une partie du pays des Trévirs, ayant pour capitale Augusta-Trevirorum (Trèves), dont la frontière s’étendait à l’ouest jusqu’entre Epusium (Yvois) et Mosomagus (Mouzon).
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A l’ouest, une partie du pays des Rémois, ayant pour capitale Durocortorum (Reims) et une partie de celui des Catalauniens dont la ville principale était Durocatalaunum (Châlons).
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Au centre, les Verodunenses ou pays des Claves, ayant pour ville principale Verodunum (Verdun), et pour limite à l’est Fines(près d’Aulnois-en-Woëvre) sur la voie consulaire de Divodurum.

Le peuple Verdunois avait, comme celui de Trèves, de Reims et de Metz, sa monnaie particulière, marquée de son nom (Virodu) et portant à l’avers la tête de Rome casquée, au type du haut Empire. La Notice des provinces de la Gaule, qui est du Ve siècle, désigne Verdun sous le nom de civitas Verodunensium, ce qui indique le territoire d’une nation libre ou la capitale d’un peuple indépendant.

Les conquérants des Gaules ont laissé dans ces divers pays de nombreuses traces de leur passage.

On y retrouve un grand nombre de villages qui leur doivent leur origine, dont les noms présentent une signification intelligible, des bourgs et des villas dont beaucoup, détruits par les barbares, ont disparu de la surface du sol, laissant néanmoins leurs substructions, qui de temps en temps sont mises à découvert.

On y voit un grand nombre de camps retranchés, établis suivant les règles de la castramétation de cette époque, et quelques beaux tronçons de ces voies antiques qui sillonnaient nos contrées et qui étaient si solidement construites.

Deux grandes routes consulaires traversaient le département.

La première, située au sud, allait de Durocortorum (Reims) à Divodurum (Metz). Elle passait sur les territoires de Noyers, Laimont, Fains, Bar-le-Duc (Caturices), Popey, Silmont, Guerpont, Naix (Nasium), Boviolles, Marson, Reffroy, Bovée, Broussey, Vacon, Saint-Germain-sur-Meuse (Ad-Fines), Toul et Metz.

La seconde, située au centre du département allait de Durocortorum (Reims) à Divodurum (Metz), et passait sur les territoires de Vienne-la-Ville (Axuenna), Lachalade, Brabant-en-Argonne, Jouy-devant-Dombasle, Sivry-la-Perche, Verdun (Virodunum), Belrupt, Haudiomont, Manheulles, Aulnois-en-Woëvre (Ad-Fines), Pintheville, l’Yron (Ibliodurum), près d’Hannonville-au-Passage et Gravelotte.

Indépendamment de ces deux grandes routes militaires, plusieurs voies secondaires (diverticula), formant un réseau considérable, rayonnaient des cités de Nasium, de Virodunum et de quelques autres points.

En voici les principales :
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De Nasium à Langres (Andematunnum), avec embranchement sur Grand (Andesina), et passant sur les territoires de Saint-Amand, Tréveray, Saint-Joire, Biencourt, Ribeaucourt, Bure, Mandres et Cirfontaine, où a lieu la bifurcation.
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De Nasium à Gravelotte et à Metz, en passant par Boviolles, Vaux-la-Petite, St-Aubin, Chonville, Pont-sur-Meuse, Marbotte, Woinville, Nonsard, Beney, Xammes, St-Julien.
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De Nasium au châtelet de Fontaines (Haute-Marne), par les territoires de Nantois, Villers-le-Sec, Dammarie, Morley, Froilet et Brauvilliers.
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De Caturices (Bar-le-Duc) à Meuvy (Mosa), situé dans le département des Vosges, en passant par Montplonne, Nant-le-Petit et Morley (Morlacum).
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De Caturices à Sermaize (Haute-Marne), en passant par le camp de Fains et les territoires de Mussey, Vassincourt, Contrisson et Andernay.
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De Virodunum à Caturices, par les territoires de Landrecourt, Souilly, Issoncourt et Marat-la-Grande.
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De Virodunum à Montfaucon, Romagne et vers le camp de Stonne (Ardennes).
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De Virodunum à Dun et au camp de Baalon.
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De Virodunum à Gérouville, par Dombras, Marville (Martis-villa) et Avioth.
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De Virodunum à Trèves (Augusta-Trevirorum) par Senon, Longwy et Luxembourg.
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De Virodunum à Neufchâteau (Noviomagus) et à Langres (Andematunnum), par Saint-Mihiel, Commercy, Void, Vaucouleurs, Sauvigny et Soulosse (Solimariaca).
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De Maxey-sur-Vaise (Marceium ou Maxeium) à Grand (Andesina).
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De Maxey-sur-Vaise à Sermaize, par Épiez, Rosières-en-Blois, Tréveray, Fouchères, Rupt-aux-Nonnains, Sommelonne et Mognéville.
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De Senon à Montfaucon, en passant par Ornes, Louvemont, Champneuville.
- De Senon à Metz (Divodurum), par Éton, Gondrecourt et Gravelotte.
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De Senon à Hannonville-au-Passage (Ibliodurum), par Rouvres et Olle.
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De Senon au châtelet de Châtillon-sous-les-Côtes.
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De Liny-devant-Dun au camp de Titelberg, en passant par Flassigny et Tallancourt.

On doit considérer, comme datant des époques mérovingiennes et carlovingiennes, quelques autres chaussées anciennes qui ont aussi laissé de belles traces dans le département.

Parmi ces voies, nous citerons :
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La chaussée dite de Brunehaut, venant de Scarponne et bien visible sur le territoire de Nonsard.
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Le chemin dit de Brunehaut, sur le territoire d’Amblaincourt.
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Le chemin de la Reine-Blanche, venant de Senon et passant au Haut-Fourneau, au Bois-des-Moines, à Romagne-sous-les-Côtes.
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Le chemin d’Alsace, qui vient de Toul, passe à Quatre-Vaux, à Rigny-Saint-Martin, Vaucouleurs, Villeroy, Mauvages, Bermont et Reffroy.
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La Haute-Chevauchée, qui parcourt la forêt d’Argonne et passe derrière Luchères, Neuvilly, Varennes et Montblainville.

 

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